Les petits Patriotes du Richelieu - Marie-Claire Daveluy
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Présentation Les Petits Patriotes Du Richelieu de Marie - Claire Daveluy
- eBookLe soleil filtrait sa clarté sur la propriété des Précourt, enfouie sous les arbres, sur les bords de la Rivière Richelieu, à proximité du joli village de Saint-Denis. Le toit mansardé de la vieille maison, construite en pierres des champs, accueillait volontiers la lumière qu'il faisait ensuite resplendir grâce à sa couverture brillante. Des volets bleus garnissaient en les protégeant toutes les hautes fenêtres à carreaux de la demeure. Ouvertes toutes grandes en ce tiède matin du début de mai, elles laissaient pénétrer la rumeur d'un vent léger qui agitait les arbres du beau jardin qui entourait la propriété. Le Richelieu, tout près, frémissait d'aise sous cette brise un peu forte. De petites vagues s'y pressaient, toutes en joie et porteuses de reflets bleus qu'un peu d'écume, ici et là, ornait de blanc laiteux. À peu de distance de la façade de la maison se dessinait la longue lisière du Chemin du Roi. Sa poussière fine et dorée se soulevait sous l'action du vent. Des arbustes aux larges feuilles se balançaient de chaque côté de la clôture blanchie qui délimitait la propriété des Précourt.
Des aboiements se firent entendre près de la maison. Une petite fille de huit ans en sortait vivement. Elle se rendit à la niche du chien, un beau Saint-Bernard, et en détacha l'animal, qui exécuta en signe de reconnaissance des bonds vraiment prodigieux. « Je t'en prie, César, saute un peu moins haut », jeta en riant la fillette, qui essayait, mais en vain, de rivaliser avec le dogue. Blonde, longue et mince, elle possédait de grands yeux gris d'une rare douceur. Ses cheveux bouclés donnaient une grâce vive à sa physionomie, qui semblait au premier abord assez apathique. Une robe de laine blanche en étoffe du pays était serrée à la taille par un ceinturon bleu. Un chaperon de laine blanche couvrait aussi les cheveux.
La petite fille, qui continuait à imiter les bonds désordonnés de son compagnon et courait à travers les allées du jardin, vit tout à coup l'animal se diriger en aboyant de façon formidable du côté de la route. Une voiture dite à planches approchait. L'on entendait chanter le conducteur. Il interrompit bientôt un refrain populaire et lança à tue-tête à un petit garçon de dix ans assis près de lui : « Tiens, mon homme, attention, je vais te descendre. La voici la maison de notre vieille dame Précourt. »
L'enfant remercia et sauta à terre. Il poussa la porte de la barrière élégante et s'engagea dans un sentier bordé de fleurs de toutes sortes. Il conduisait à l'entrée de la maison. Tout près le petit garçon hésita. Il regarda autour de lui. Un peu de timidité paraissait dans ses yeux pourtant hardis. Il aperçut tout à coup la petite fille qui venait vers lui en retenant son chien qui grondait, mais qui se tut dès qu'il eut flairé le jeune visiteur. Il lui plaisait. Sa queue s'agita doucement. Il laissa même le petit inconnu le flatter.
¿ « Tu veux entrer chez grand'mère ? demanda la petite fille. Pourquoi ? Et d'abord qui es-tu ? Tu n'habites ni Saint-Charles, ni Saint-Denis. Je te connaîtrais.
¿ Je suis à Saint-Charles depuis quelques jours seulement. Je demeure chez le docteur Duvert qui m'emploie pour porter des messages. Il est bon, bien bon, M. le docteur.
¿ Oui, oui, mais je le connais moins bien que notre médecin à Saint-Denis. Car, nous, vois-tu, nous n'appartenons pas à la paroisse de Saint-Charles, quoique nous ne demeurions pas beaucoup plus loin de Saint-Charles que de Saint-Denis¿ Qu'est-ce que tu regardes, là-bas ?
¿ Je voudrais entrer tout de suite chez Madame Précourt, mais par une autre porte que celle qui a le beau marteau en cuivre. Le message presse.
Viens, alors, je vais te conduire. La porte de la cuisine est en arrière, à gauche. Alors, c'est bien vrai, tu veux causer avec grand'mère ? reprit la petite fille en examinant son compagnon. Elle le trouvait à son goût avec ses grands yeux noirs sans peur. Il était vêtu d'un petit habit d'étoffe du pays, clair, très propre, quoique fort usagé. Il avait de larges reprises, avec de l'étoffe de diverses couleurs, dans le dos, et sur les manches. Des souliers de boeuf chaussaient l'enfant. Il tenait à la main sa petite tuque bleue. Son autre main s'enfonçait dans la poche de sa culotte. La petite fille vit bien qu'il l'y maintenait avec intention. N'ayant pas reçu de réponse à sa dernière question, la petite fille lança soudain : « Oh ! tu n'es pas gentil. Tu ne veux pas parler. Je te rends service pourtant en te conduisant chez nous, car notre cuisinière est si grognon qu'elle ne te laisserait pas entrer. Elle te renverrait en levant sur toi un vieux, vieux balai, qu'elle garde pour chasser tous les quêteux petits ou grands. »
Le petit garçon sourit. « J'attraperai s'il le faut des coups de balai, mais j'accomplirai mon devoir. Le Dr Duvert dit que nous devons mourir plutôt que de ne pas remplir une mission, alors tu comprends, des coups de balai, ça ne me fait pas peur. Des coups de fusil, non plus. Tu sais, petite fille¿
¿ Je m'appelle Josephte, interrompit l'enfant avec une moue.
¿ Oui ? C'est un joli nom. Je me nomme Michel, moi.
¿ Ça me plaît aussi ton nom.
¿ Eh bien, Josephte, ne me demande rien, rien, car je suis au secret.
¿ Oui ? C'est pour cela alors que tu tiens ta main dans la poche de ta culotte ? Tu as quelque chose de caché là. Une lettre ?
¿ Comment devines-tu cela ? Tu n'es qu'une petite fille, pourtant.
¿ C'est justement. Les petites filles sont curieuses. Elles voient tout ; elles comprennent beaucoup de choses, bien qu'on dise le contraire. Oh ! voici Sophie¿ Regarde, ses yeux roulent, roulent. Ah ! si je n'étais pas avec toi.
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