L'Amour qui pleure - Marcelle Tinayre
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Avis sur L'amour Qui Pleure de Marcelle Tinayre - eBook
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Présentation L'amour Qui Pleure de Marcelle Tinayre
- eBookLa porte s'ouvre. Madame Clarence reconnaît le pas de son mari. Étonnée, elle renverse la tête pour recevoir le baiser qui effleure ses cheveux bruns¿
¿ Toi, mon ami ? Déjà levé !¿ Je croyais que tu reposais encore¿ Tu as veillé tard cette nuit. Il était près d'une heure quand je t'ai entendu rentrer dans ta chambre¿ Le poêle de l'atelier ne s'est pas éteint ?
¿ Non.
¿ Les soirées sont glaciales. Je me disais : « Georges va prendre froid¿ » Cela m'empêchait de dormir.
¿ Tu avais tort de t'inquiéter, Pauline. J'étais bien.
¿ Pourtant, tu as mauvaise mine¿
Elle regarde Georges qui se dérobe et hausse les épaules.
¿ Je me porte à merveille. Je suis seulement un peu fatigué.
La femme devine la nervosité anormale que révèle l'imperceptible altération de la voix. Elle achève, en quelques traits de plume, la lettre commencée, et la glisse dans l'enveloppe, puis elle se retourne et observe son mari qui s'est assis dans un fauteuil, et songe, les yeux vagues, la pensée lointaine¿
À quarante-cinq ans, le célèbre musicien, professeur au Conservatoire et membre de l'Institut, demeure, par la sveltesse de sa haute taille et l'éclat de son regard bleu, un homme jeune, sinon un jeune homme. Ses cheveux, précocement gris, abondants et bouclés, ne le vieillissent point ; sa moustache est restée légère et brune ; ses tempes, ses joues mates, gardent leurs fermes contours. Dans les vêtements négligés qu'il porte, à la campagne ¿ complet de molleton marine, chemise de soie écrue ¿ il conserve un air d'élégance et de bonne grâce¿ Pauline pense :
« Comme il a peu changé, depuis notre mariage ! »
Et elle regrette qu'il ne soit pas vieux, tout à fait vieux¿ Un peu de rancune se mêle à l'involontaire admiration qu'elle éprouve¿ Pourquoi les gens paisibles, les sages, qui économisent leur capital de forces, vieillissent-ils plus vite que les grands ambitieux et les grandes amoureuses ?¿ Ce n'est pas le chiffre de l'âge qui fait la jeunesse, c'est la puissance vitale, la faculté merveilleuse du renouvellement, la tension de la volonté sans défaillance¿ Céder, renoncer, c'est vieillir¿ Pauline, qui renonça, se sent presque vieille auprès de cet époux quadragénaire, jamais las d'aimer, de jouir, de souffrir, de créer¿ Et elle soupire :
¿ Georges ?
¿ Mon amie !
¿ Qu'as-tu ?
¿ Moi¿ Rien ! Je contemple ce salon, et je pense, une fois de plus, que ton tapissier est bien coupable¿ Je serais malade si je devais m'enfermer ici, parmi les soies et les dorures, les festons et les astragales.
¿ Dis tout de suite que je n'ai pas de goût.
¿ Tu n'as pas mon goût¿ mais je ne te reproche rien, ma chère Pauline. Je plaisante¿ Tu n'aimes pas Roncières ; tu y meurs d'ennui¿ Je suis charmé que tu possèdes au moins un refuge, comme j'ai le mien¿ Tu as voulu un refuge doré. Tant mieux ou tant pis pour toi !¿ Je t'ai laissée libre. J'ai désiré que tu aies toute satisfaction¿ Seulement, je regrette le bon vieil acajou, et la pendule, et la soie bleue des rideaux.
¿ Des rideaux fanés !
¿ Ils étaient charmants¿ Les choses, même médiocres et disparates, s'harmonisent quand elles vieillissent ensemble¿
¿ Comme les gens ?
¿ Oh ! les gens !¿ C'est tout le contraire, pour les gens ! Quand ils sont disparates, le temps exagère leurs dissemblances¿
Il a parlé trop vite¿ Pauline, blessée, se détourne, et dit avec un peu d'aigreur :
¿ Mon salon aura, dans vingt ans, quelques chances de te plaire, mais moi¿
Elle s'arrête¿ Georges ne l'écoute pas, et, dans la glace qui surmonte le petit bureau, elle aperçoit le visage de son mari, ¿ ce visage qu'il ne surveille plus, dès qu'il ne se croit plus observé.
Qu'a-t-il ?¿ D'où lui vient cet air de lassitude et d'angoisse ?¿ Est-ce l'artiste qui souffre, ou l'amant ?¿ Quel chagrin le dispose à ces boutades un peu amères dont il n'est pas coutumier ?¿ Pauline change la conversation, pour le divertir de ses pensées. Elle parle des enfants qui ont pris une bonne leçon avec Miss, de la cuisinière qui ne sait pas faire les additions, du jardinier qui a convoqué l'élagueur de charmilles pour ce matin même, précisément¿
¿ Faut-il tailler ou ne pas tailler les ifs ?¿ Et la petite allée de tilleuls ?¿
¿ Comme tu voudras¿
¿ Les deux hommes ne suffiront pas à la besogne. Si je prenais un journalier¿ Dis ?¿ Qu'en penses-tu ?¿
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