L'Oiseau d'orage - Marcelle Tinayre
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur L'oiseau D'orage de Marcelle Tinayre - eBook
0 avis sur L'oiseau D'orage de Marcelle Tinayre - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
L'affaire Lafarge
9,99 € eBook
-
La Vie Amoureuse De Madame De Pompadour
9,99 € eBook
-
Château En Limousin
2,49 € eBook
-
La Rebelle
15,99 € eBook
-
La Vie Amoureuse D'une Favorite Du Roi
4,99 € eBook
-
La Douceur De Vivre
1,99 € eBook
-
La Vie Amoureuse De Madame De Pompadour
12,99 € eBook
-
La Douceur De Vivre
0,99 € eBook
-
La Douceur De Vivre
1,29 € eBook
-
Les Lampes Voilées
7,49 € eBook
-
La Rançon
2,99 € eBook
-
La Rebelle
2,99 € eBook
-
L'amour Qui Pleure
2,99 € eBook
-
La Vie Amoureuse De Madame De Pompadour
5,24 € eBook
-
Avant L'amour
4,99 € eBook
-
L'affaire Lafarge
6,49 € eBook
-
La Rebelle
4,25 € eBook
-
La Vie Amoureuse De Madame De Pompadour
4,25 € eBook
-
La Maison Du Péché
0,99 € eBook
Produits similaires
Présentation L'oiseau D'orage de Marcelle Tinayre
- eBookUn grand souffle passa, un souffle venu de très loin, sur l'âpre Atlantique, et que la forêt d'Oléron, toute gémissante, avait parfumé. Cela sentait la résine et le goémon, l'odeur aromatique des pins, l'odeur salée de la grève. Au fond du jardin, un figuier craqua. Des feuilles tourbillonnèrent dans un nuage de sable soulevé. Madame Chaumette, retenant d'une main son chapeau de paille, les yeux aveuglés et éblouis, des mèches brunes glissant sur ses tempes, appela son petit garçon :
? Georges ! l'orage arrive? Rentrons? Dépêche-toi, mon chéri.
Elle prit la main de l'enfant et tous deux coururent vers la maison, dont les volets mal assujettis battaient déjà la diane de la tempête.
Marthe Chaumette traversa le corridor en criant :
? Alida ! montez vite ! Fermez les volets, et dites à monsieur qu'il ne peut pas partir? Ah ! mon Dieu ! le figuier va casser? Et toutes mes fleurs perdues !
? Ce n'est rien, Marthe ; un grain seulement, dit le docteur Chaumette, apparaissant à son tour dans le corridor.
? Mais, Pierre, tu ne peux pas t'en aller ainsi. La jument prendra peur.
? J'irai à pied. J'en ai vu bien d'autres? Que diraient les malades qui m'attendent à Ors et à Saint-Trojan ? Tu oublies le devoir professionnel, peureuse.
Paisible, il endossait par-dessus ses vêtements un caban de grosse laine bleu marine ; il enfonçait sa casquette imperméable sur ses cheveux grisonnants. Un orage ne l'effrayait guère, lui qui avait vu les cyclones des Antilles et les typhons de l'Océan Indien, lorsqu'il était médecin-major sur le cuirassé l'Inexorable. Les cataractes du ciel pouvaient s'ouvrir sur l'île, le docteur Chaumette n'en irait pas moins à Ors, à Saint-Trojan, au Grand-Village. Il rentrerait mouillé et las, mais un grog chaud le guérirait vite, lui qui ne s'enrhumait jamais.
Le petit garçon contemplait, dans une terreur respectueuse, ce papa qui n'avait peur de rien. À quarante-deux ans, avec sa haute taille, ses traits romains, le casque gris-fer de ses cheveux, la douceur de ses yeux bleu tendre, Pierre Chaumette réalisait un type accompli de force sereine. C'était le beau et bon géant des contes, le saint Christophe qui traverse des fleuves en portant l'enfant Jésus sur son dos. Depuis qu'il s'était établi au Château-d'Oléron, il avait conquis toutes les sympathies de la petite population mi-bourgeoise, mi-maritime, car il était exact, charitable et gai, de cette gaieté affectueuse qui plaît aux malades comme un cordial d'espoir. Parfois même des médecins du continent, établis à Ronce-les-Bains ou à Marennes, l'appelaient en consultation.
? Au revoir, dit-il, que Georges soit sage et qu'il n'aille pas au jardin ; le vent l'emporterait.
Il embrassa l'enfant, caressa la joue de sa femme, et s'en alla, courbant le dos sous le vent.
Madame Chaumette monta au premier, tourmentée encore par le souvenir des volets battants. Quand elle entra dans sa chambre, Alida, la servante charentaise, penchée sur l'appui de la fenêtre, achevait de les fixer au mur extérieur.
? Il ne fera pas bon, cette nuit, en mer. J'entends Maumusson qui se fâche.
Marthe prêta l'oreille. Dans le fracas de l'orage, elle reconnut la longue clameur entendue tant de fois pendant les nuits équinoxiales, lorsque les vagues, creusant leur entonnoir de sable, se précipitent au sud de l'île, dans le terrible pertuis. La jeune femme souleva un coin du rideau. Les douaniers regagnaient leur bureau, en hâte, à l'angle de la place où la poussière tournoyait. Les fenêtres des buvettes se fermaient et l'on voyait osciller les mâts des navires entre les ormes de la promenade, derrière les fortifications de Vauban qui donnent à la petite cité le style solennel d'un port du xviie siècle. Au delà, dans le bras de mer pareil à un large fleuve, l'embrun bouillait, jetant au fort abandonné qui commande le Chapus, les éclats de sa colère blanche. De nouveau, l'horizon se déchira. Marthe ferma ses yeux blessés par la zébrure d'un éclair livide. Quand elle les rouvrit, l'averse croulait. Le vent soufflait du large, rabattant les nuages sur Marennes, dont le clocher disparaissait à demi.
Le regard de la jeune femme, suivant la courbe de l'île, à droite, chercha la route plate entre les salines, les maisons d'Ors, la campagne semée de blancs monticules de sel et la forêt de Saint-Trojan, sombre sous le ciel d'étain où passaient le pétrel criard, la mouette et le grand goéland à manteau bleu.
Marthe relevait la guipure dentelée qui frôlait l'épaisse volute de ses cheveux noirs. Petite comme les femmes de son pays ? elle était née sur les confins du Béarn ? elle paraissait presque grande par l'exquise proportion de ses formes. Le sang ibère dorait ses joues, fleurissait sa bouche. Marthe devait sans doute à ses origines le goût du silence, la fierté, l'instinct religieux et des forces de passion qu'elle ignorait elle-même. Elle ressemblait aux graves héroïnes de Calderon, aux infantes marquées pour des amours tragiques. Ses yeux étaient gris sous des cils très noirs, gris comme les ciels mouillés, comme les perles grises, moins ardents que lumineux. Au soleil, ils s'azuraient à peine ; le soir, ils s'agrandissaient pour contenir toute l'ombre crépusculaire. Clairs ou sombres, ils restaient purs.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE