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La prise de Montréal - Jean Féron

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      Présentation La Prise De Montréal de Jean Féron

       - eBook

      eBook - Jean Féron 14/12/2019
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Jean Féron
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 14/12/2019
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230003614280



    • AUX ARMES !

      Vers les quatre heures de l'après-midi de ce jour, samedi 11 novembre 1775, sous un ciel nuageux et bas, par un vent du nord-ouest soufflant par intervalles avec une grande violence et charriant des grêlons qui crépitaient en mitraille contre les tuiles des toits et les carreaux des fenêtres, les ouvriers quittaient précipitamment les ateliers et couraient vers le centre de la cité où les précédaient les commerçants et les petits bourgeois suivis de leur femme et de leurs enfants. Ceux des ouvriers, commerçants et bourgeois qui faisaient partie des milices se hâtaient vers leurs logis, y prenaient leurs fusils, leurs balles et leur poudre, et, poussant des cris d'allégresse ou de menace, s'élançaient dans la bourrasque pour se joindre au gros du peuple. Des chevaux traînant du canon ou tirant des chariots de munitions et escortés de cavaliers anglais allaient à toute erre par les rues glacées, raboteuses, coupées çà et là de fossés dont l'eau était gelée, et chariots et canons cahotaient avec un bruit d'enfer en dévalant vers les murs de la ville. Suivaient à peu de distance, au pas de course et aux cris stridents des clairons, quelques escouades de fusiliers et des compagnies de grenadiers. Hâtivement le peuple se rangeait pour faire place aux chevaux, aux canons, aux capotes rouges. Puis ce peuple, qui courait d'un côté tandis que les soldats allaient de l'autre, se mettait à crier à tue-tête :

      ¿ Les Américains¿ Les Américains !¿ il ne faut pas qu'ils entrent !

      Mille clameurs diverses s'élevaient dans l'espace, s'entre-choquaient, se confondaient et se perdaient aussitôt dans les rugissements de la rafale.

      S'il était des groupes pour crier contre l'entrée des Américains dans la ville, il s'en trouvait d'autres pour clamer :

      ¿ Livrons la ville !¿ Livrons la ville !¿

      Mais c'était le petit nombre et, pour la plupart des Anglais avec qui pactisaient quelques ouvriers canadiens. La grande majorité de la population, c'est-à-dire tous les Canadiens, avec les commerçants et les bourgeois en tête, voulait qu'on défendît la ville contre les Yankees.

      Et en riposte le « Vox Populi » jetait :

      ¿ Les Américains n'entreront pas !

      Tantôt un petit groupe de commerçants anglais débouchait d'une ruelle et clamait :

      ¿ Vivent les Américains !

      Des vociférations et des cris de colère accueillaient ces vivats, un heurt se produisait entre ces Anglais et la masse des Canadiens, des poings se tendaient, s'élevaient, s'abattaient, des jurons ricochaient, parfois des rires énormes dominaient le chahut¿ puis les Anglais s'éclipsaient. Alors des clameurs de joie succédaient aux clameurs de colère, des voix aigres de femmes lançaient aux fuyards des invectives ou des lazzis, des enfants battaient des mains, puis tout ce peuple, criant, hurlant, riant, s'engouffrait dans la rue Notre-Dame et allait grossir d'autres masses de peuple aux abords des casernes et du marché.

      Autour des casernes ¿ c'est-à-dire là où en 1760, s'élevait l'ancienne citadelle ¿ le vacarme était effrayant, car là s'était ramassé le plus gros du peuple. Car le peuple voulait pénétrer dans ses casernes pour s'y armer et courir, après, hors les murs pour repousser les Américains ; mais les soldats Anglais qui en avaient la garde défendaient leur approche. Le peuple hurlait, s'agitait, menaçait. Les soldats, pour effrayer cette foule tourmentée tiraient des coups de fusils au-dessus des têtes furieuses. Ces coups de feu n'intimidaient pas le moindrement le peuple ; au contraire ils l'exaltaient, le courrouçaient davantage. Car, ces soldats, on le savait, étaient des partisans, des Américains. Ils soutenaient les marchands Anglais qui, pour la plupart, souhaitaient la conquête du Canada par les révolutionnaires de l'Atlantique. Les marchands avaient donné ordre à ces soldats de ne pas livrer d'armes aux Canadiens « qui ¿ disaient-ils ¿ s'en serviront contre vous et nous ». Et les marchands n'étaient pas loin de la vérité, car si, à ce moment, le peuple eut été armé, il eût balayé soldats et marchands anglais.

      Une mince et faible palissade séparait seulement le peuple canadien des casernes et de leurs défenseurs. Ceux-ci n'étaient pourtant pas en nombre : soixante au plus, dont une quarantaine dans la cour ; les autres étaient postés aux fenêtres, le fusil au poing. Chaque fois que la foule prenait son élan pour se jeter contre la palissade et la culbuter, les soldats épaulaient leurs armes. Ce geste suffisait pour arrêter l'élan, mais non pas qu'on eût peur, seulement, les hommes craignaient pour leurs femmes et pour leurs enfants qui se mêlaient à eux. Repousser ces femmes eût été impossible, elles s'accrochaient à leurs maris comme les enfants s'accrochaient à leurs mères et autant que leurs hommes, ces femmes voulaient défendre leur pays. Quant aux enfants, ils y trouvaient un amusement énorme, et l'on pouvait voir quantité de gamins lancer des pierres aux soldats anglais. Quelquefois ces pierres, plus adroitement lancées, brisaient des carreaux aux fenêtres des casernes, alors de la foule partaient des applaudissements et des quolibets. La bourrasque emportait avec elle des rumeurs joyeuses, tantôt des refrains gais qu'à pleine voix chantaient des jeunes femmes enthousiasmées.

      Les gardes des casernes commençaient à désespérer de leur cause, car de moment en moment la masse du peuple grossissait, et tout ce peuple était français, car les Anglais partisans des Américains n'étaient pas là, ils étaient ailleurs. On aurait pu compter sept à huit cents Canadiens devant les casernes et aux abords de la rue Saint-Gabriel.

      À un moment il se produisit une sorte de remous, car des ouvriers venaient de convaincre les femmes qu'elles devaient se retirer à l'arrière et se mettre à l'abri des balles ; trois cents hommes déterminés allaient se jeter pour tout de bon contre la palissade et les balles des soldats anglais n'arrêteraient pas l'élan.





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