L'espion des habits rouges - Jean Féron
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur L'espion Des Habits Rouges de Jean Féron - eBook
0 avis sur L'espion Des Habits Rouges de Jean Féron - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
L'aveugle De Saint-Eustache
8,95 € eBook
-
La Corvée
1,29 € eBook
-
L'espion Des Habits Rouges
7,95 € eBook
-
L'espion Des Habits Rouges
1,29 € eBook
-
Les Trois Grenadiers (1759)
1,29 € eBook
-
La Prise De Montréal
1,29 € eBook
-
Les Cachots D'haldimand
1,29 € eBook
-
La Besace D'amour
0,99 € eBook
-
Les Cachots D'haldimand
4,25 € eBook
-
La Belle De Carillon
1,49 € eBook
-
La Belle De Carillon
0,99 € eBook
-
La Belle De Carillon
1,99 € eBook
-
Le Manchot De Frontenac
4,25 € eBook
-
La Revanche D'une Race
4,05 € eBook
-
Les Cachots D'haldimand
0,99 € eBook
-
Le Patriote
1,89 € eBook
-
L'espion Des Habits Rouges
2,41 € eBook
-
Les Cachots D'haldimand
1,87 € eBook
-
La Prise De Montréal
4,25 € eBook
-
Le Siège De Québec
1,49 € eBook
Produits similaires
Présentation L'espion Des Habits Rouges de Jean Féron
- eBookPREMIÈRES ESCARMOUCHES
Ils étaient là les gâs de 37, barrant la route à l'ennemi !
Et leurs femmes étaient là aussi¿
Après la voix de l'homme, c'était la voix des armes à feu qui se faisait entendre.
Wolfred Nelson et sa bande de Patriotes avaient dit à Gore qui se présentait à la tête de huit cents soldats bien armés et disciplinés :
¿ Halte-là ! on ne passe pas !
Et ils ne passèrent pas ceux qui avaient cru pouvoir asservir par tous les moyens, même par la force armée, un peuple vaillant et fier de son origine. Et Gore, à sa grande surprise, avait trouvé lui aussi une force armée devant lui ! Mieux qu'une force armée : il avait à combattre le courage, la bravoure, le patriotisme qu'aucun sacrifice ne peut amollir ou décourager !
Et la bataille s'était engagée.
Il était environ dix heures de matinée.
Le ciel demeurait caché sous une couche d'épais nuages gris et la température devenait plus froide. On grelottait un peu en attendant que Nelson vînt donner ses ordres. Mais plusieurs paysans qui venaient d'arriver avaient dit :
¿ Ça ne sera pas long qu'on va se réchauffer à la chaleur de la poudre !
À une bonne distance encore et derrière un bouquet de bois qui masquait une partie de la route parut un détachement de cavalerie. Les chevaux allaient au pas. Nelson à cet instant survenait et donnait l'ordre que chacun dissimulât sa présence. Le chemin fut aussitôt déserté, mais pas si vite que les cavaliers anglais n'eussent aperçu plusieurs capotes grises traverser le chemin en courant. Le détachement s'arrêta et essaya de dissimuler sa présence derrière le bouquet de bois, sans doute pour attendre le gros de la troupe.
Déjà Nelson et ses officiers disposaient leurs hommes, deux cent vingt-cinq en tout, dont cent quatre-vingt seulement avaient des fusils. Comme on n'avait pas de camp retranché, ni barricades, ni barrières, on avait pris comme premier poste de défense une maison de pierre placée près du chemin et à l'entrée du village. Cette maison était la propriété de paysans-laboureurs, les Saint-Germain, dont les champs s'étendaient à l'arrière du village. C'était une forte construction, solide et spacieuse, et avec des armes, mais du canon surtout, on en aurait pu faire un fort capable de soutenir un siège. Nelson y aposta soixante de ses meilleurs tireurs : quarante sous le toit, vingt au rez-de-chaussée.
Un peu plus loin vers le village et sur le côté opposé du chemin s'élevait la distillerie du docteur, autre construction solide, mais non en pierre, faite de grosses pièces de pin équarries. Là, Nelson plaça trente tireurs, et il ordonna à quelques jeunes hommes, dont son propre fils, de fondre des balles. À sa maison il posta quelques autres tireurs. Il en installa quelques-uns derrière les hautes cordes de bois de la distillerie, puis d'autres près d'une grosse meule de gerbes à côté de la grange des Saint-Germain. Il faut dire que tous ceux qui étaient armés de fusils savaient fort bien s'en servir : presque tous étaient d'habiles tireurs.
Quant à ceux qui n'avaient pas de fusils, Nelson les avait disposés en deux groupes à l'abri des premières maisons du village, et ceux-là étaient sous les ordres d'Ambroise Coupal. Ils n'avaient d'autres armes que des faux, des épieux, des haches, des fourches. Nelson ne songeait à s'en servir qu'au moment où il jugerait que le feu de l'ennemi ne serait plus à craindre, c'est-à-dire si l'on en venait à un corps-à-corps où il ne serait plus possible de faire usage des armes à feu. Et lui, Nelson, s'était réservé le commandement du premier poste de bataille, chez les Saint-Germain.
Au magasin des Pagé, vers le centre du village, on installait à la hâte une infirmerie sous la direction du docteur Kimber. Il y avait là un bon nombre de femmes avec leurs enfants, et parmi ces femmes on reconnaissait entre autres la mère Rémillard et Félicie Coupal. Plusieurs maisons avaient été désertées, mais dans d'autres des femmes, des jeunes filles et des vieillards préparaient des bandes de toile, de la charpie et tout ce dont on pourrait avoir besoin pour les blessés.
Lorsque parut le premier détachement ennemi le village était rentré dans le calme et la tranquillité. Le chemin du roi demeurait tout à fait désert. Les paysans venus de la campagne avaient remisé leurs attelages dans les cours à l'arrière des maisons. N'eût été la fumée des cheminées, on aurait pensé que tout le village avait été abandonné par ses habitants.
Cependant quelques Patriotes avaient été vus par l'ennemi : aussi le premier bataillon envoyé par Gore en reconnaissance n'avança-t-il qu'avec circonspection. De petites escouades fouillaient les buissons en bordure du chemin, les haies, les fossés. D'autres longeaient le bord de la rivière sans rien découvrir de suspect, et partout régnait la solitude. Le bataillon approchait toujours, et il parut se rassurer tout à fait en découvrant que le Village était désert. Alors, il accéléra le pas. Bientôt il se trouva à portée de fusil de la maison des Saint-Germain qui semblait inhabitée. Mais, soudain, par les deux fenêtres d'en haut six coups de feu partirent presque en même temps. Quatre soldats tombèrent mortellement atteints. Un cinquième s'affaissa, blessé, mais il eut aussitôt la force de se relever et de prendre la fuite. Cette décharge inattendue et si meurtrière intimida le détachement qui retraita immédiatement, et même avec un certain désordre dans ses rangs, pour revenir sur le gros de la troupe. Au même instant par l'une des fenêtres une voix narquoise criait :
¿ Attention !¿ Ready !¿ Fire !¿
C'était Farfouille Laçasse qui, pour la deuxième fois, déchargea son fusil et abattit un fuyard. Plusieurs Canadiens l'imitèrent dont les balles cette fois ne firent que blesser deux ou trois fantassins.
Tout de même, un cri de triomphe partit de la maison de pierre :
¿ Bravo !¿ Vivent les Patriotes !¿
Ce premier succès électrisa tout le monde.
On se mit à danser aux accords d'un accordéon violemment étiré par Landry qui n'avait pas son pareil à jouer de cet instrument. Farfouille Laçasse tapait une gigue à tout casser. La maison tremblait sur ses fondements. Mais on ne perdait pas de temps : des Patriotes rechargeaient activement les fusils qui fumaient encore. La senteur de la poudre qui emplissait déjà la maison semblait griser ces hommes.
Mais Nelson, devinant que l'affaire n'avait été qu'une première escarmouche et certain que l'ennemi en force ne tarderait pas, commanda le calme.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE