L'échafaud sanglant - Jean Féron
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Avis sur L'échafaud Sanglant de Jean Féron - eBook
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Présentation L'échafaud Sanglant de Jean Féron
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Et lui, Maître Jean, quand il se vit seul et en pleine obscurité, quitta la borne où il s'était adossé, et, franchissant la place, marcha vers la potence.
Il paraissait avoir retrouvé tout son calme ordinaire. Son sourire placide était revenu à ses lèvres. Il marchait lentement, mais sûrement. Arrivé au gibet, il monta rapidement les degrés, courut au supplicié qui s'agitait encore faiblement, approcha du pied un bloc de bois, monta dessus et à l'aide d'un couteau trancha la corde à un pied environ au-dessus de la tête du patient. Lui retomba sur ses pieds et s'écrasa par terre. Maître Jean se jeta sur lui, desserra quelque peu le noeud coulant, releva l'homme qu'il tenait serré dans ses bras et proféra sur un ton qu'on aurait dit enjoué :
Ah ! ah ! tu me reconnais, mon garçon ?
Le pendu, en effet, regardait d'yeux hébétés celui qui venait de lui rendre la vie.
¿ Maître Jean ! bégaya-t-il d'une voix à peine distincte.
¿ Oui, oui, mon garçon ! fit le vieillard avec un léger ricanement. Hein ! ajouta-t-il, ça t'étonne que Maître Jean vienne t'arracher à la mort ? Mais bah ! nous parlerons de ça tantôt. Pour le moment, on est pressé.
Ce disant, il entraîna le condamné à un poteau vertical et l'y attacha par ce qui restait de corde ; mais ce bout de corde était si court que le dépendu se trouva la tête collée fortement contre le poteau. Comme il reprenait rapidement ses sens et retrouvait la voix, il demanda avec la plus grande surprise :
¿ Que faites-vous donc, Maître Jean ? À quoi bon m'avoir dépendu pour m'attacher maintenant à ce poteau ?
¿ Sois tranquille. Je t'attache ainsi pour que tu ne prennes pas la poudre d'escampette, voilà tout. Je m'en vais, mais je vais revenir bientôt. Sois tranquille, te dis-je.
Toujours souriant et certain que son homme ne se sauverait pas, Maître Jean descendit la plateforme et s'éloigna vers la rue Sault-au-Matelot qui retentissait du bruit des tavernes. Après dix minutes de marche il tourna sur une étroite ruelle et s'arrêta devant une masure n'ayant qu'une porte et qu'une unique fenêtre. Il frappa rudement dans la porte.
¿ Qui vient là ? demanda aussitôt de l'intérieur une voix éraillée de gueux et d'ivrogne.
¿ C'est Maître Jean. Ouvrez votre porte, père Brimbalon, je désire vous entretenir de choses urgentes et sérieuses.
¿ C'est bon, on va voir. Si seulement vous voulez vous donner la patience d'attendre un brin¿
Maître Jean alla coller son oeil à la vitre : mais il ne put rien voir à l'intérieur de la bicoque, une guenille faisait rideau de l'autre côté.
Il attendit trois bonnes minutes. Enfin, un bruit de verrous et de chaînes grinça et la porte s'ouvrit. Le vieillard entra dans un taudis puant, et l'homme qui avait ouvert referma de suite sa porte et replaça chaînes et verrous.
Maître Jean vit près de lui un petit vieux de corps grêle qui, tout en grimaçant, tenait dans sa main droite une courte dague à lame triangulaire.
¿ Eh quoi ! père Brimbalon, s'écria-t-il sans perdre son accent tranquille, avez-vous envie de m'assassiner ?
Il se mit à rire doucement et alla s'asseoir sur l'unique escabeau de la masure.
L'autre ricana et répliqua :
¿ Vous assassiner ? Non ! non ! Oh ! vous savez bien que non, Maître Jean ! Cette dague ?¿ Ah ! voilà : il pourrait arriver qu'un maraudeur, malandrin, ribaud, escroc ou voleur pût user de votre nom pour s'introduire dans mon domicile ¿ Or, je suis assez défiant, et je prends toujours, la nuit surtout, quelques précautions.
S'il était d'une taille grêle, ce mendiant conservait encore un aspect vigoureux et il pouvait tenir tête au premier maraudeur venu.
Il alla replacer son arme sur une tablette et revint vers Maître Jean et demanda :
¿ Voulez-vous boire une tasse d'eau-de-vie à ma santé, Maître Jean ?
¿ Ce n'est pas de refus, mon vieux Brimbalon, car la soirée est joliment fraîche. Mais rien qu'une goutte¿ une goutte seulement !
Le mendiant souleva une trappe, se pencha au-dessus d'un trou noir et tira une cruche. Il emplit une tasse pour lui-même, puis dans un gobelet vida quelques gouttes de la liqueur qu'il offrit à Maître Jean.
¿ Eh bien ! à ta santé, mon ami, dit ce dernier et en portant le gobelet à ses lèvres.
Il eut beaucoup de peine à réprimer une grimace de dégoût. Il reposa sur la table le gobelet qu'il n'avait pas vidé, tandis que le mendiant, lui, vidait tout le contenu de sa tasse avec délice.
¿ Ah ! fit aussitôt le mendiant en frottant son abdomen, un petit coup ça fait du bien, Maître Jean, après les fatigues d'une grosse journée !
¿ Et une bonne journée aussi, j'imagine ? sourit Maître Jean.
¿ Peuh ! on rentre à sa cambuse les mains quasi vides. Seulement, si tous les bourgeois avaient la générosité de Maître Jean¿ alors, je ne dis pas¿
¿ Oui, oui, je sais, père Brimbalon. Ne parlons point de ma générosité, mais d'autres choses. Voyons ! je vais au fait, car je suis un peu pressé. Je suis venu vous proposer un petit marché.
¿ Voyons voir !
Maître Jean tira son gousset et y prit deux pièces d'or, de ces écus d'or comme il en avait donné à l'huissier au Château Saint-Louis.
Le mendiant, à la vue de ces pièces d'or qui scintillaient admirablement à la lueur de la bougie de suif qui éclairait la pièce, clignota des yeux et s'écria :
¿ Ho ! ho ! vous, Maître Jean, on peut dire sans se tromper que vous possédez le bonheur dans votre gousset¿
¿ Le même bonheur s'offre à toi, mon vieux Brimbalon. Voici deux écus d'or à l'effigie de notre grand roi. Dans une heure ou deux, je t'en donnerai deux autres pareilles.
¿ Et que faut-il faire pour vous rendre service ?
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