Sous le signe du quartz - Damase Potvin
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur Sous Le Signe Du Quartz de Damase Potvin - eBook
0 avis sur Sous Le Signe Du Quartz de Damase Potvin - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
Présentation Sous Le Signe Du Quartz de Damase Potvin
- eBookAU NEZ DU ROI DE France
« Eh, bien ! oui, Coignac, après la messe, demain matin, nous irons la voir, ta mine? si elle existe.
? C'est sérieux, vous savez, M. le commandant ; les sauvages me l'ont dit.
? Ah ! tes sauvages, mon pauvre Coignac, ils ont bien dit à Jacques Cartier qu'il trouverait des diamants et des briques d'or au Royaume de Saguenay?
? Et alors ??
? Et alors, le pauvre Cartier n'a trouvé que des roches? Hein ! tu vois, tes sauvages?
? Ce n'était pas les mêmes, M. le commandant. Ceux qui m'ont parlé de la mine ne mentent pas? Elle est là, tout près, au bord du lac ; on peut y aller dans une journée au moins?
? Mais tu vois, Coignac, le temps qu'il fait. Un déluge !?
? Oui, mais demain, il fera beau.
? Les sauvages te l'ont dit ??
? Oui, ils m'ont dit qu'il neigerait.
? Ce n'est guère mieux, Coignac.
? Moi, j'aime mieux la neige que cette pluie du diable?
Il pleuvait depuis trois jours. L'eau du ciel noyait toute la vallée de l'Outaouais. C'était une drôle de pluie. Elle dégringolait sur le sol, sur l'eau, giclait puis tournait sur elle-même en coléreux tourbillons.
Les hommes de l'expédition du Chevalier Pierre de Troyes qui remontaient la rivière des Outaouais, en route pour la Baie d'Hudson, sous cette pluie endiablée, avaient toutes les peines du monde à portager aux rapides de la rivière. Quand ils s'arrêtaient, ils avaient aussitôt de l'eau jusqu'aux mollets, et les cascades, en giffles cinglantes, claquaient leurs épaules. Quand ils marchaient, ils avançaient en baissant la tête pour protéger leur face, et leur bouche s'emplissait, à chaque ahan, d'une eau glacée. Ils ruisselaient, les épaules renfoncées et les cheveux dans le cou. Ils enfonçaient à tout instant dans des flaques de neige fondante. Leurs bottes gargouillaient et, à chaque pas qu'ils faisaient, laissaient entendre de grands bruits d'eau. Les rives de la rivière toutes ravinées par les torrents d'eau pluviale, étaient partout creusées de trous.
Dans les portages, on avait à transporter sur les tobaganes ou « traînes sauvages » les canots, les provisions et l'attirail des campements ; peaux de boeuf pour les tentes, moulins à bras pour le blé d'inde, haches, pioches, astrolabes, compas et tout et tout? des « trompettes et des violons pour s'attirer la vénération des sauvages » [6]. Traîner tout cela avec le souci de ne rien abîmer, franchir des bancs de glace, traverser les fouillis de boqueteaux aux arbres renversés les uns sur les autres par la tempête, escalader des rochers souvent couverts de glace trempée? Et il pleuvait toujours.
Les hommes en étaient venus à préférer à ces marches éreintantes à terre, les pieds embotés de glace, la conduite des canots « à la perche », les traîner à même la rivière, dans l'eau jusqu'à la ceinture, malgré les cailloux du fond qui les faisaient choir en plongeon.
Il est loin le lac Témiscamingue où l'on prendra quelques jours de repos à la Maison de la Compagnie du Nord. Il y a là quatorze hommes en garnison sur une île plantée dans le delta de la petite rivière Métabet Chouan?
Le 10 mai ? on était parti de Montréal, le 30 mars ? la pluie se changea en neige. Elle tomba, tomba pendant près de deux jours. Un nouvel hiver, quoi ! Le renard, le rat musqué, l'écureuil de nouveau sont engourdis dans la torpeur du froid. Puis le vent s'éleva, et commencèrent à gronder les grands orgues de la forêt. Les tobaganes glissaient maintenant avec plus de rapidité. On approchait du Témiscamingue. Avant d'y arriver, on établit le campement pour la nuit à la lisière d'un bois. Dans la nuit, le temps s'adoucit. Puis, le lendemain, ce fut encore la pluie, le dégel. Mêmes misères?
Enfin, voici le lac Témiscamingue. Vive Dieu !? Dans la troupe du Chevalier de Troyes on se réjouit bruyamment.
En ce temps-là, les immensités nordiques qui entouraient la Baie d'Hudson étaient le théâtre d'un drame qui mettait aux prises un transfuge et un héros : Pierre-Esprit Radisson, trafiquant pour l'Angleterre, et Pierre LeMoyne d'Iberville se battant d'estoc et de taille pour la France.
Une épopée quoi !? Ayant sa place toute faite dans la grande légende de la mer ; une épopée aux chants à la fois pleins de tristesse, de mélancolie et de gloire.
En vertu de la priorité de sa découverte, l'Angleterre revendiquait la Baie d'Hudson, point extrême, du côté nord, de l'immense champ d'action où, en Amérique, vers le milieu du XVIIe siècle commençaient à s'affronter les plus grands peuples de l'Europe ; un territoire qui s'étendait des rives brûlantes du golfe du Mexique aux plaines glacées de la Mer Arctique.
Le Canada, lui, voulait que le territoire de la Baie d'Hudson fut de sa dépendance naturelle, en vertu tout simplement de sa situation.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE