Luc - ACHILLE ESSEBAC
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Présentation Luc de ACHILLE ESSEBAC
- eBookSi peu distraits que fussent les fidèles de la Trinité, son élégante espièglerie ne leur pouvait échapper. Quand il offrait le pain bénit, la brusquerie de ses mouvements parés de pourpre et de dentelles scandalisait et charmait tout ensemble, annonciatrice de vivacité et de gamine indépendance.
Le vieux maître de cérémonies, l'abbé Vincent, du haut des degrés de pierre chargés des ors pesants de l'autel, le suivait des yeux. L'enfant de choeur, avec trois de ses camarades, pénétrait les rangs de chaises de sa silhouette rose et brune, offrant, dans la corbeille pomponnée, les minuscules pains vermeils. Il faisait un jeu de sa hâte à tenir le pari irrespectueux d'avoir terminé la distribution le premier des quatre ! La corbeille légère tendue à l'extrémité de son bras svelte par une élégante petite main blanche, se livrait a des sursauts très brusques dont s'offusquaient les vieilles dames exactes aux offices. Elle bondissait, bondissait, la corbeille, devant les dévotes, impertinente et jolie. Mais lorsqu'elle rencontrait des enfants hypnotisés par la robe rouge et par la mine joueuse du petit clerc, elle s'arrêtait, la corbeille pomponnée, complaisante aux convoitises haletantes des tout petits. Et tandis que l'austérité du vieux prêtre se morfondait, l'enfant de choeur récoltait les sourires des jeunes mamans et les enfants étaient ravis de sa puérile munificence.
Dès que rentré à la sacristie, M. le vicaire le corrigeait pour son absence de dignité dans de telles fonctions :
¿ Luc, mon cher enfant, disait-il en s'efforçant de paraître sévère, nous ne voulons plus être bons amis, je vois cela ; nous avons toujours une cervelle d'étourdi ; nous sommes bruyants pendant le saint sacrifice de la messe, et nous causons de la peine au bon Dieu !
La punition ne se faisait pas attendre ; le cérémoniaire, en un geste de prélat, lui donnait une tape sur la joue¿ et sortait de son bréviaire une belle image où les saints et les anges avaient de beaux vêtements coloriés semés d'éblouissantes paillettes d'or. Luc riait de ses lèvres fleuries, et ses yeux riaient aussi dans l'ombre des cils très longs ; ses beaux yeux dont les larges prunelles du vert bleuâtre et doux des oliviers luisaient d'hyalines clartés sur le rouge vif de sa robe d'enfant de choeur. Et les angelots des images n'étaient ni si jolis avec leurs regards de lapis, ni si légers en leurs écharpes célestes, que lui dans sa soutanelle de pourpre et son rochet de dentelles.
L'avait-il assez souvent grondé ! le pauvre vicaire, sans qu'aucune fois la dissipation regrettable se fût résolue à la contrition. Le vieux prêtre le disait bien, avec des mots effrayants et précurseurs d'un enfer terrible : Luc en était à l'impénitence finale !
En effet, les cérémonies du culte exaltaient sa fièvre, Le tumulte des orgues, les chants, le frémissement lumineux des cierges, la splendeur des ornements sacerdotaux, le contact incessant avec le grand public de la nef exerçaient une influence pénétrante sur la nervosité insoupçonnée du petit clerc et servaient, sans qu'il s'en rendît compte, son besoin de paraître et son désir d'être remarqué.
Le dimanche où le vieux maître de cérémonies avait, en même temps, d'une tape réprimé la turbulence et, d'une image encouragé un recueillement impossible chez son élève, celui-ci avait observé pour la dixième fois peut-être depuis les trois mois qu'il était enfant de choeur, une mignonne fillette toujours au même prie-Dieu de l'allée centrale, un peu en avant, du côté de l'Evangile, ¿ ce côté jardin de la scène où se recommence la Divine Tragédie. Sur son passage elle lui souriait instinctivement puis, se sentant rougir, cachait, en se tournant vers sa mère, l'audace mal définie d'avoir osé, à l'église, regarder en face le jeune garçon si joli dont les limpides regards, dans le visage pâle et fin, ne se détournaient pas et contenaient déjà le frémissant orgueil de conquérir.
Luc Aubry, un soir après vêpres, poussa la curiosité jusqu'à chercher sur l'appui du prie-Dieu de la petite inconnue la plaque de cuivre gravée à son nom. Il vit sur deux chaises la même inscription : ¿ Madame Marcelot. ¿ Deux chaises ; par conséquent cette dame qui accompagnait avec tant d'assiduité la petite fille ne pouvait être que sa mère. Il n'avait pas été nécessaire que Luc fît preuve d'une grande perspicacité pour deviner cela. Mais s'il avait douté, ses prévisions eussent été confirmées. Comme il s'était absenté toute une semaine, le dimanche suivant il entendit la fillette le désigner à sa compagne, à deux rangs de chaises, en disant, avec, dans sa frimousse gourmande et un peu sensuelle, d'avance la certitude de pouvoir prendre deux ou trois savoureuses brioches :
¿ Mère, c'est encore tout de même notre enfant de choeur qui donne le pain bénit.
À quoi Mme Marcelot avait répondu, dans un chuchotement recueilli, juste à son passage :
¿ Jeannine, ma chérie, on ne parle pas à l'église !
C'était assez clair. Ses « amies » n'étaient plus de quelconques et assidues paroissiennes ; elles devinrent Madame et Mademoiselle Jeannine Marcelot.
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