La cache aux canots - Maxine
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Avis sur La Cache Aux Canots de Maxine - eBook
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Présentation La Cache Aux Canots de Maxine
- eBookRapt de Jeannot
LES RENSEIGNEMENTS recueillis par le manchot étaient exacts ; en-viron cinquante hommes, sous les ordres du capitaine Dupuis passè-rent dans le village indien deux heures après le départ du Huron.
La troupe semblait fatiguée du voyage ; partis de Québec par le Saint-Laurent, les Français avaient accompli une grande partie du tra-jet en canot ; mais les longs portages à travers le pays, à la suite de leurs guides agniers, les avaient harassés, la plupart d'entre eux n'étant pas aguerris à ces heures de marche dans les forêts denses et inexplo-rées de la région.
Des haltes avaient été faites dans les différents bourgs onontagués et, à chaque arrêt, le capitaine, suivant les ordres du gouverneur, avait fait distribuer des cadeaux de tous genres aux indigènes, mais nulle part on avait donné de l'eau-de-vie, connaissant bien l'effet néfaste de cette boisson sur les Peaux-Rouges.
Lorsqu'ils furent rendus au village, que venait de quitter le man-chot, ils n'étaient plus qu'à environ trois lieues et demie de leur desti-nation. Alors, ils ne s'y arrêtèrent pas longtemps, anxieux qu'ils étaient d'arriver avant la nuit au lieu du campement. Plusieurs Onontagués de ce dernier village se joignirent aux guides pour les piloter à travers les grands bois. Enfin, à la tombée du jour, ils étaient rendus. On dressa hâtivement des tentes, et une installation sommaire permit à chacun de manger et de se reposer ensuite jusqu'au lendemain.
Lorsque le canot du chasseur arriva en vue des tentes, au matin du jour suivant, une grande activité régnait déjà sur les lieux. On abattait des arbres, on préparait du bois de chauffage, on commençait à dessi-ner l'emplacement d'un petit fort.
En route, le Castor avait dit à Brisot :
¿ S'il y a des Onontagués avec les Visages-Pâles, et qu'ils aient l'air de me trouver innocent, il faut feindre de partager la même opinion.
¿ Comme tu voudras, mon ami, mais pourquoi ?
¿ Par prudence ! Autrement, ils vont se méfier de moi et je ne pourrai rien savoir de leurs plans contre les Visages-Pâles ! Toi, aussi, Jeannot, ne dis rien pour les contredire ! ¿ Compris ! fit le petit garçon en riant ; ils ne sauront pas ainsi que tu es bien plus fin qu'eux !
¿ Hé ! repartit l'Indien, riant aussi, on va leur jouer un tour !
¿ Papa, dit soudain l'enfant, après un silence, tu m'as dit qu'il ne fallait jamais tromper¿ alors¿
¿ Il est parfaitement vrai, mon fiston, que Grand-Castor avait, pendant de longues années, perdu la mémoire. Les Iroquois le croient innocent ; pour protéger la vie des Français, il vaut mieux laisser aux Indiens cette idée qu'ils ont depuis bien longtemps : nous ne sommes pas obligés de leur dire qu'ils se trompent¿ ils ne nous croiraient sans doute pas, d'ailleurs.
¿ Et si on me disait, comme ça : « Ton ami indien est-il intelli-gent ? » Qu'est-ce que je répondrais ?
¿ Tu dirais : « Pour moi, il est intelligent, pour vous autres, vous pouvez en juger. »
¿ Bon, je comprends, papa, et je suis bien content de pouvoir leur jouer un bon tour ! Lorsqu'on aborda, Jeannot suivit son père sur la rive et le manchot demeura dans le canot pour les attendre. Une ex-pression vague, égarée, inoffensive, était répandue sur ses traits.
¿ Bonjour les nouveaux colons, dit le chasseur, en s'approchant d'un bûcheron, puis-je voir le capitaine Dupuis ?
¿ Certainement ! Enchanté de rencontrer un compatriote dit celui-ci, tendant la main, je suis Gérard Martel, natif de la Touraine ; et vous ?
¿ Jean Brisot, venu de Marseille il y a déjà longtemps.
¿ Et ce grand garçon ?
¿ Mon fils, mon petit Jeannot.
¿ Je suis bien content de voir des Français ! s'écria l'enfant.
¿ Bien, mon petit homme, nous aussi, je t'assure ! Mais il faut chercher le capitaine¿ tiens, le voici justement !
¿ Mon capitaine, continua-t-il, voici un compatriote avec son fils ; ils sont venus vous voir.
¿ Soyez les bienvenus, dit le capitaine, cordialement.
¿ Je suis Jean Brisot, mon capitaine, dit le chasseur, établi ici de-puis quelques années ; je suis un trappeur ; et voici Jeannot, mon fils.
¿ On m'a parlé de vous, dit le commandant, et je suis bien con-tent de vous voir ; venez, nous allons causer. Et toi, mon petit ami, dit-il, viens-tu avec nous, Jeannot ?
¿ J'aimerais bien à faire le tour des tentes, dit l'enfant, et regarder travailler vos hommes !
¿ Très bien, dit le capitaine.
¿ Ne t'éloigne pas, Jeannot, dit son père.
¿ Non, papa, sois sans crainte !
Le commandant et le chasseur déambulèrent ensemble.
¿ Je ne vous offre pas d'entrer sous la tente, dit Dupuis, tout y est pêle-mêle encore¿ mais asseyons nous ici à l'écart, j'ai une foule de questions à vous poser au sujet de ce pays et de nos voisins cuivrés !
Une longue conversation suivit alors, et lorsque Brisot se leva pour partir, il avait donné au capitaine des renseignements fort utiles ; de plus, sans chercher à décourager le projet d'établissement, et sans vou-loir créer trop d'inquiétude, il avait mis Dupuis en garde contre la traî-trise possible de ses amis onontagués.
Jean échangea avec ses compatriotes de nombreuses poignées de main, promit de revenir et de leur aider s'ils le désiraient.