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L'Héritier de Redclyffe - Charlotte Mary Yonge

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      Présentation L'héritier De Redclyffe de Charlotte Mary Yonge

       - eBook

      eBook - Charlotte Mary Yonge 28/01/2020
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Charlotte Mary Yonge
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 28/01/2020
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230003684078



    • Tome I

      Le lendemain on se réunit un peu tard pour le déjeuner. Charles ne paraissait pas se ressentir de sa fatigue. Il dit qu'il s'était endormi à une heure raisonnable, bercé par quelque poésie ; il ne savait pas exactement quoi, dont la voix de Walter avait fait une fort jolie musique. Et maintenant il ne parlait que du plaisir qu'il avait goûté, et qui allait lui fournir un sujet de conversation pour plusieurs semaines.

      Après toute la peine que Walter s'était donnée pour son fils, madame Edmonstone n'eut pas le courage de le gronder, et M. Edmonstone, qui avait dépensé toute sa mauvaise humeur sur sa femme, n'en avait plus à montrer au vrai coupable. Aussi, quand Walter, qui revenait de se baigner dans la rivière, entra dans la salle à manger, la figure riante et les cheveux humides, l'accueil de M. Edmonstone ne témoignait que cette humeur moitié plaisante, moitié grondeuse, dont personne ne s'inquiétait.

      ? Bonjour, monsieur Walter Morville ! qu'avez-vous à dire pour votre défense ?

      ? Rien, répondit le jeune homme en souriant ; puis, prenant place auprès de madame Edmonstone, j'espère, lui dit-il, que vous ne vous ressentez pas de vos fatigues d'hier ?

      ? Non, merci.

      ? Amy, voilà une fleur pour vous.

      ? Oh ! elle est charmante ! où l'avez-vous trouvée ? Elle est nouvelle pour moi.

      ? Il y en a beaucoup parmi les roseaux, après le premier détour de la rivière. Il m'a semblé que ce n'était pas une chose commune.

      ? Vous avez eu raison. Que cet oeil bleu est d'un bel effet au milieu. Il faut que je la dessine. Je vous en remercie !

      ? Charlotte, voici qui vous intéresse : Trim a dcouvert un nid de poules d'eau.

      ? Oh ! tant mieux ! Est-ce dans un endroit où je puisse aborder ?

      ? La place est un peu marécageuse ; mais j'ai posé quelques pierres sur lesquelles je vous ferai passer. C'est ce qui m'a ainsi retardé? J'aurais dû m'excuser auprès de vous, Madame, ajouta-t-il en faisant une inclination polie à madame Edmonstone.

      Jamais homme n'eut moins l'air d'un amant offensé.

      ? Il y en a d'autres que vous qui sont en retard, dit madame Edmonstone en regardant la place vide de lady Eveline.

      ? Ainsi, vous pensez que c'est la seule chose dont vous ayez à demander pardon, dit M. Edmonstone. Je vous avertis que vous aurez un compte à rendre.

      ? J'en suis vraiment désolé ! répondit Walter d'un air si malheureux que le bon M. Edmonstone n'y put résister.

      ? Oh ! cela ne me regarde pas, reprit-il. J'aurais plutôt à vous faire des excuses pour la peine que Charles vous a donnée ; mais c'est à Broadstone que vous ferez bien de ne pas vous montrer de sitôt.

      ? Quoi ? Broadstone a eu tant de peine à prendre son parti de mon absence ?

      ? Nous ne savions plus que répondre à tous ceux qui nous demandaient ce qu'était devenu M. Walter Morville.

      ? C'est affreux ! dit Walter en riant, persuadé que c'était une plaisanterie, Bonjour, lady Eveline ! Venez donc me raconter ce bal, dont personne ne m'a encore dit un mot.

      ? Parce que vous ne le méritez pas, répondit-elle. J'espère que vous avez du repentir.

      ? Si vous voulez que j'en aie, faites-moi une belle description de la fête.

      ? Je laisserai ce soin à Laura, quoiqu'elle ait paru goûter assez peu de plaisir.

      ? Quelle idée ! dit Laura, en rougissant d'autant plus qu'elle était fâchée de rougir.

      ? Eh bien ! Laura, dites-moi avec qui vous avez dansé ?

      Faut-il, se disait Laura, que je ne puisse répondre sans rougir à une question si naturelle ! Il pensera que c'est parce qu'il me parle. Et elle répondit :

      ? D'abord avec Maurice, avec Philippe?

      À ce nom elle s'arrêta, sa mémoire lui faisant défaut tout à coup, au grand étonnement d'Amable et d'Eveline.

      La conversation continua de rouler sur le bal, et Walter crut que l'on ne pensait plus à son absence. Mais, le lendemain, il alla à Broadstone, et, en rentrant à la maison, il trouva le salon rempli de visites, en sorte qu'il fut obligé de s'asseoir et de se joindre à la conversation. Madame Edmonstone vit bien qu'il était fort impatient, et qu'il avait grande envie de lui parler en particulier ; mais à peine les dames Broulow furent-elles enfin parties, que M. Edmonstone entra avec une longue lettre qu'il voulait faire lire à sa femme. Walter quitta le salon, par discrétion, et alla se promener en long et en large sur la terrasse. Un moment après, ayant vu Amable traverser la prairie pour venir dans le jardin, il s'avança pour lui ouvrir la grille.

      ? Qu'avez-vous donc ? lui demanda-t-elle en le regardant.

      ? Rien, Mademoiselle, si ce n'est que je me suis mis dans de grands embarras, et que j'attends votre mère.

      ? Vous m'affligez, dit Amy.

      Et, ne sachant si elle devait en demander davantage, elle s'approchait de la maison. Mais Walter continua :





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