Les Ruines d'Yedburg - Isabelle de Charrière
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Présentation Les Ruines D'yedburg de Isabelle de Charrière
- eBookL'une des branches d'une très-ancienne famille d'Écosse étoit tombée dans l'oubli et l'abjection. Ses malheurs datent de trop loin pour qu'on puisse en rendre compte avec exactitude, mais voici ce que l'on sait.
Du tems de Marie d'Écosse, ou déja auparavant, une autre branche de la même famille prit parti contre les sectateurs de la nouvelle religion, que la branche dont nous parlons avoit embrassée, et ces parens ennemis se firent beaucoup de mal. Fidelle aux Stuards comme à la foi de ses peres, un descendant de la branche catholique suivit Jaques second en France, et marié avec une Françoise, fille riche et de qualité, il en eut un fils, qui fort jeune encore, passa la mer en 1745. avec le dernier prétendant..
Après la défaite de Culloden il se sauva en France. Il fut jugé et condamné, et ses biens ayant été confisqués, cette partie de la sentence fut exécutée avec tant de rigueur et de précipitation, qu'on l'étendit sur les biens de l'autre branche, qui déja très-pauvre se vit entierement dépouillée. Sans doute il eût été facile de revenir contre cette injustice, supposé qu'on n'eut pu l'empêcher, mais James Stair qui en étoit la victime n'avoit ni la capacité ni l'activité nécessaires, et sa vie étoit si obscure qu'à peine savoit-on qu'il existât.
Déjà son pere et son grand-pere avoient laissé sans réparation le vieux château de Yedburg, long-tems en litige, qu'on leur avoit enfin abandonné : lui-même il laissoit sans culture des terres depuis long-tems hypothéquées, pour une somme dont il payoit peu régulièrement l'intérêt. Ses créanciers, soit négligence, soit pauvreté, soit que dans ces tems de troubles et de vengeances ils fussent obligés de se cacher ou de s'enfuir, ne firent pas mieux valoir leurs droits, sur cette possession dégradée, que l'indolent propriétaire. Tout fut donc perdu pour James Stair et pour ses deux fils alors en bas âge ; tout fut perdu jusqu'à leur nom, car pour se tirer de l'indigence où l'on se vit réduit, il fallut prendre le nom du pere de la femme de James qui ne légua qu'à ce prix à sa fille ainée, épouse de James, son bien, consistant en une métairie, un petit domaine, un peu de bétail, quelques chevaux et tout l'attirail du labourage. Les Stair ne s'appellerent donc plus que Woodbridge.
L'ainé des fils de James, baptisé James aussi, épousa Jane Hill, dont après plusieurs années de mariage il eut deux fils, qu'on nomma, l'ainé James, comme son pere et son grand-pere, le cadet Charles, comme son oncle. C'est à cet oncle, enfant au berceau en 1746, lors de l'injuste confiscation du domaine de son pere, qu'il nous faut maintenant retourner.
Moins indolent que James son pere, plus spirituel que James son frere, celui qui en 1766 devint l'époux de Jane Hill fille d'un charpentier, il apprit presque seul à lire et à écrire. À dix-sept ans ennuyé de son oisiveté, et supportant impatiemment la négligence de son pere, ( car la métairie n'étoit pas réparée comme elle auroit du l'être, les champs étoient mal cultivés et le bétail mal tenu) à dix-sept ans Charles résolut de quitter la maison paternelle.
Comme il savoit l'arithmétique outre qu'il écrivoit parfaitement, il espéra se pousser dans le commerce dont à force de questionner tous ceux qu'il rencontroit, et d'étudier les livres qu'il avoit pu se procurer, il avoit acquis quelque notion. Son pere quand il lui dit son projet haussa les épaules, sa mere ne dit lien, mais on vit briller dans ses yeux l'espoir et la joye. Il ne leur demanda que leur bénédiction, mais sa mere l'accompagnant jusques sur les ruines du vieux château, lui donna le peu d'argent qu'elle avoit épargné depuis son mariage. Je le gardois, lui dit.elle, pour une dernière ressource, si la négligence amenoit enfin la misere, mais c'est un talent enfoui entre mes mains, il fructifiera dans les tiennes. Elle ajouta, tu t'appelles Stair. Il y a eu dans ta famille des biens et des titres. Le comte de D., rebelle et expatrié, s'appelloit. Stair. Ce château dont tu vois les ruines, ou qui pour mieux dire n'existe plus,, a été la demeure de tes ancêtres.
Charles auroit voulu faire quelques questions, mais sa mere voyant venir son mari avec son fils aine et Jane Hill sa promise, dit adieu à Charles et te quitta.
Charles s'achemina à Barwick, s'embarqua, alla fort loin, fut tantôt malheureux tantôt heureux, mais toujours honnête homme. Devenu enfin passablement riche, il voulut revoir sa patrie. Il avoit trente-cinq ans, et son esprit étoit éclairé par beaucoup d'expérience.
Un jour qu'il descendoit l'escalier dans un hôtel garni de Bordeaux, où il étoit arrivé la veille, il rencontre un homme qui avoit de la peine à le monter. Aussitôt il offre avec cordialité son bras qu'on accepte avec politesse. Arrivés au haut de l'escalier ils se regardent et se trouvent un air qui leur rappelle l'Ecosse. Pourrois-je savoir, dit le vieux Seigneur, avec un accent tant soit peu anglois ou écossois, quel est l'homme secourable sur qui je m'appuye ? Je m'appelle Charles Stair, dit l'autre, et il alloit redescendre l'escalier, mais il fut retenu par une vive exclamation. Good God, Charles Stair ! Je croyois être le seul vieux reste de cette famille : je croyais ce nom prêt à s'éteindre avec moi. Entrez chez moi, Monsieur Stair, entrez et veuillez me faire votre histoire, après quoi vous voudrez bien écouter la mienne et il en résultera peut-être de la satisfaction pour tous deux.
Comme ils n'avoient rien à cacher, leur histoire à tous deux fut détaillée et véridique, et Mylord D., car il portoit en France son titre perdu (forfeited) dans sa patrie, Mylord D. finit par dire : Donnez-moi de vos nouvelles dès que vous serez arrivé chez vous. Comme je n'ai point d'enfans, ayant perdu mon fils unique, il ne sera pas difficile de faire revivre mon titre dans votre famille, quoique ce titre soit plus récent que la séparation des deux branches. Votre frere l'obtiendra aisément s'il est soutenu par votre activité et une partie de ma fortune. Dès-à-présent je vous prie de faire rebâtir a mes fraix le vieux château de Yedburg, qui grace à nos éternels procès et à d'autres désastres n'est plus qu'un monceau de ruines. Je le sais par des voyageurs que j'ai questionnés ; mais ils n'ont pu me donner aucune nouvelle de vos parens. Le nom de Woodbridge, sous lequel le nôtre est enterré, les a fait entièrement méconnoitre. Je crains d'avoir aussi contribué à leur total abaissement, et mon zèle, inutile aux Stuards, a sans doute été nuisible aux restes malheureux de ma propre famille, car enfin vous n'avez le souvenir d'aucune autre propriété que de celle que vous tenez du pere de votre mere ¿
Charles Stair avant de partir de Bordeaux reçut de Mylord D. des lettres de change sur différens banquiers de Londres et d'Edimbourg pour le bâtiment dont il le chargeoit, et un acte en bonne forme par lequel des biens fonds situés en France, des obligations et autres effets, jusqu'à la valeur de vingt mille livres Sterlings, étoient assurés à celui de ses parens en qui on feroit revivre son titre. Monsieur, dit Mylord D. à Charles Stair, au moment de leur séparation, ce que j'ai fait a eu peut-être trop uniquement pour objet l'honneur de mon nom, et la reexistence d'un titre dont je m'honore, mais outre le bien que vous ferez, vous, à votre frere et à ses enfans, s'il en a, je veux leur en faire aussi et cela tout de suite. Rebâtir le vieux Yedburg n'est pas assez. Tirez sur moi tout ce qu'il faudra pour mettre chacun des mâles de votre famille en possession de mille pièces, et quant à vous, si quelque désastre ou quelque desir d'un établissement plus considérable que ne le permettroit votre fortune, si une fille d'un grand nom et d'un grand mérite¿ Charles ne le laissa pas achever, et lui serrant la main, s'enfuit.
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