SAINTE ANNE - Isabelle de Charrière
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Présentation Sainte Anne de Isabelle de Charrière
- eBookElle ne sait pas lire ! Figurez vous qu'elle ne sait pas lire ! dirent toutes à la fois Mademoiselle de Rhedon, Madame de Rieux, Mademoiselle de Kerber à Ste. Anne, au moment où Mademoiselle d'Estival sortoit de l'avenue du château de Missillac, et prenant un sentier au travers d'une prairie, retournoit à la métairie qu'elle habitoit.
Ste. Anne pressé par sa mere, avoit fui de France pendant le règne de Robespierre. Comme il avoit toujours vécu en pays neutre, il n'eut pas de peine à pouvoir rentrer, et revint chez lui le 2 juillet 1797, à 9 heures du matin.
On l'attendoit avec impatience. Sa mere avoit rassemblé ses parentes pour le recevoir. Leurs peres, leurs maris, leurs fils avoient péri, ou vivoient encore dans cet exil auquel s'étoit condamnée une partie de la noblesse françoise ; exil si triste, qui de volontaire qu'il fut d'abord, étoit devenu forcé, et dont on a tant déploré l'imprudence.
Toutes ces Dames pleurerent en revoyant Ste. Anne, et lui-même il étoit fort attendri : il venoit de traverser la Vendée ! Sa mere lui présenta sa parente Mademoiselle de Rhedon, qui demeuroit chez elle. Elle étoit orpheline. La nation venoit de lui rendre le bien de son pere, et de deux oncles dont elle étoit devenue l'héritiere unique dans des tems malheureux.
On prodigua d'abord à Ste. Anne des récits si lugubres, qu'il auroit voulu n'être point revenu. Celles qui les lui faisoient sembloient s'y plaire, et comme il répondoit peu, et ne se récrioit point, elles l'y croyoient presque insensible, de sorte qu'elles prolongeoient un supplice dont elles ne s'appercevoient pas. A midi, au moment où il alloit leur demander grace, il voit entrer Mademoiselle d'Estival. Sans presque savoir ce qu'il faisoit, il va à elle et la débarasse d'une corbeille de belles cerises qu'elle apportoit à Madame de Ste. Anne. Elle avoit extrêmement chaud. Elle ôte son chapeau, qu'il prend aussi. Ah ! mon cousin, dit-elle, vous voilà arrivé ; j'en suis en vérité fort aise.
Il est fort égal au lecteur que Mademoiselle d'Estival eût les yeux bleus ou noirs, qu'elle eût le visage rond ou ovale, qu'elle fût petite ou grande, belle ou seulement passable. Ste. Anne lui-même n'y prit presque pas garde, mais il sentit en la voyant ce qu'il n'avoit jamais senti. Il abandonna à deux ou trois survenans le soin d'entretenir et d'écouter ses autres parentes, et suivit Mademoiselle d'Estival à l'étable, où elle voulut voir une chienne qui venoit de mettre bas ses petits. En revenant de-là elle apperçut un poulet qui traînoit le pied, elle prit le poulet, et vit que la jambe étoit cassée ; aidée par Ste. Anne elle la remit. Une cuisiniere s'étoit brûlée au bras, ils pansèrent la plaie ensemble. Mademoiselle d'Estival en faisant ces choses avec une extrême dextérité, y mêloit des simagrées fort extraordinaires. Elle s'informa du jour, et de l'heure, où les herbes vulnéraires avoient été cueillies, puis comptant sur ses doigts, pour savoir au quantieme on en étoit de la lune, elle prédit à la cuisiniere une guérison fort prompte. Ste. Anne sourioit. La journée se passa de cette sorte. Mademoiselle d'Estival parloit mal, et son mauvais langage étoit d'autant plus frappant, que dans une phrase d'ailleurs populaire et fautive, il se trouvoit quelquefois un mot technique très-bien placé, ou une expression poétique et brillante. À huit heures du soir elle voulut retourner chez elle, et toutes les jeunes Dames avec leur cousin la conduisirent jusqu'au bout de l'avenue. Ste. Anne auroit voulu la conduire plus loin, mais il venoit de pleuvoir un peu, et ses compagnes craignirent pour leurs robes traînantes l'herbe légérement mouillée, le long de laquelle il auroit fallu passer.
Elle ne sait pas lire, dirent-elles, quand elle eut disparu. Et rentré au château, la premiere chose que Ste. Anne entendit dire à sa mere, fut : Elle ne sait pas lire. Et qu'importe ? dit Ste. Anne un peu impatienté. Chacun se récria. Il ne voulut d'abord rien répondre, mais se voyant presser, il dit à ses parentes : j'ai déjà jetté les yeux sur tout ce qu'il y a ici de livres épars, et je pense qu'il eût autant valu ne les savoir pas lire ; je doute même qu'en toute votre vie vous ayez lu une ligne qu'il n'eut autant valu ne lire pas.
Ces Dames trouverent cette façon de penser si étrange, qu'elles l'attribuerent les unes à de l'humeur contr'elles, d'autres à une disposition générale à la mauvaise humeur ; pas une ne se demanda à quoi il lui avoit servi de savoir lire. Madame de Ste. Anne qui avoit beaucoup d'esprit, vit que son fils étoit amoureux de Mademoiselle d'Estival, et Mademoiselle de Rhedon fut fâchée qu'on lui eut montré à lire.
Le lendemain matin Ste. Anne ne vit déjà plus chez les habitantes du château cette teinte générale, cette disposition presque uniforme, qu'il avoit trouvée en arrivant. Les regrets du passé, le soin du présent se varient selon le caractere. Madame de Ste. Anne, ferme, froide, ambitieuse, s'occupoit en silence du soin de réparer sa fortune, ce qui étoit d'autant plus facile qu'elle avoit moins souffert. Madame de Rieux qui pleuroit un époux, songeoit aussi à réparer ses pertes ; elle y avoit songé du moins lorsqu'on attendoit Ste. Anne, et pendant les premieres heures qu'elle avoit passées avec lui, mais déja cet espoir étoit presque détruit, et un peu d'aigreur se mêloit aux prévenances qu'elle lui montroit encore. Mademoiselle de Kerber, naturellement gaye et caustique, railloit Ste. Anne, et tournoit amèrement en ridicule ceux qui avoient renversé sa fortune et ses espérances. Il n'y a de disposition générale que pour les mauvais observateurs.
Vous vous ennuyerez beaucoup ici, dit Mademoiselle de Kerber à Ste. Anne pendant qu'ils déjeunoient ensemble. Déja vous nous avez dit que vous nous trouviez d'assez mauvaise compagnie. ¿ Vous ai-je dit cela ? A peu près, dit Mademoiselle de Kerber, et puisque vous n'aimez pas la lecture, que ferez-vous ? Je n'aime pas la lecture ! s'écria encore Ste. Anne. Madame, dit-il aussitôt à sa mere, vous voudrez bien me donner la clef de votre bibliothèque ; je me souviens qu'elle est fort bien composée. Voudriez-vous être notre lecteur ? dit Madame de Rieux, cela seroit trop aimable. Mon intention, dit Ste. Anne, est de relire mes classiques latins, mais si vous le voulez, je vous lirai lorsque nous serons rassemblés l'histoire Romaine de Rollin, que je veux relire aussi. Cela est bien vieux, dit une des Dames. ¿ Eh bien, l'histoire d'Angleterre de Rapin. Cela est bien long, dit une autre. Au même moment on apporta un ballot de brochures nouvelles, qu'on se hâta de défaire et d'examiner. Les noms des auteurs déterminerent en un instant toutes les Dames. Il y eut des brochures qu'on se promit de dévorer, et d'autres qu'on voulut qui fussent renvoyées tout de suite au libraire, avec un avertissement fort sec de ne s'aviser plus de faire des envois pareils. Madame de Ste. Anne ne prenant point de part à cette affaire, son fils s'approcha d'elle, et la pria de lui dire par quel hazard Mademoiselle d'Estival n'avoit pas appris à lire.
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