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Les trois cocus - LÉO TAXIL

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      Présentation Les Trois Cocus de LÉO TAXIL

       - eBook

      eBook - Léo Taxil 01/11/2018
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : LÉO TAXIL
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 01/11/2018
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230002772660



    • Ce jour-là, le père Orifice, concierge de la maison n° 47 du boulevard Saint-Michel, à Paris, était dans tous ses états. Il avait passé une nuit déplorable.

      Il racontait ses malheurs à la dame qui tient le kiosque à journaux en face de chez lui.

      ¿ Tout ça, s'écriait-il, c'est la faute au printemps, à la race canine et à ces gredins d'étudiants !

      ¿ Pauvre monsieur Orifice ! répondait la dame du kiosque, compatissante ; et ce vacarme a duré ?¿

      ¿ Une bonne heure, chère madame, une bonne heure¿ Je dormais comme un bienheureux ; Agathe ronflait¿ Tout à coup on sonne¿ Je me réveille en cerceau¿ Je frotte mes yeux¿ « Tiens ! que je me dis, mais il me semblait que tous les locataires étaient rentrés¿ » Enfin, tout de même, je tire le cordon¿ La porte s'ouvre, reste ouverte un grand moment, puis se referme avec fracas¿ il était sur les deux heures du matin¿ Une minute se passe dans le silence¿ Puis, voilà des z'hurlements qui remplissent la cour¿ Je réveille Agathe¿ « Entends-tu ces z'hurlements ? que je lui fais. ¿ Ah ! mon Dieu ! qu'elle me répond épouvantée, c'est le jugement dernier »¿ Le fait est que ce n'était pas rassurant du tout¿ Je me lève cependant¿ en chemise, comme bien vous pensez¿ et je mets le nez à la fenêtre.

      ¿ Monsieur Orifice, vous me donnez le frisson.

      ¿ Il y avait de quoi, chère madame¿ La cour était pleine d'un tas d'ombres qui s'agitaient par terre¿ Et ça grouillait, et ça z'hurlait, qu'on aurait dit des âmes du purgatoire en train de demander grâce au Père Éternel¿ Puis, voilà que les z'hurlements se changent en aboiements lamentables¿ « C'est des chiens ! que me fait Agathe. Poltron ! est-ce que tu as peur de quelques chiens ? Par où donc qu'ils sont entrés ?¿ » Pour lors, je prends ma canne¿ je sors¿ toujours en chemise¿ et je tape dans le tas¿ Ah bien oui ! il y en a un gros qui me saute après et me mord le gras du mollet¿ Impossible de me débarrasser de tous ces animaux-là¿ Je crie : au secours !¿ La maison se réveille¿ On me jette des seaux d'eau sur la tête, sous prétesque de calmer les chiens, qui z'hurlaient de plus fort en plus fort¿ Enfin, Agathe, qui avait pris le temps de passer une jupe, se glisse le long des murs jusqu'à la porte d'entrée, l'ouvre toute grande, et cette émeute enragée se décide à sortir de chez nous¿

      ¿ C'était encore une farce de ces maudits étudiants¿

      ¿ Comme vous le dites, chère madame¿ À la poignée de la sonnette, il y avait une lettre pendue.

      ¿ Vous l'avez lue, cette lettre ?

      ¿ Agathe s'en empara et la rapporta dans la loge¿ Nous allumons la bougie, pendant que les locataires se recouchent en nous injuriant¿ et alors nous lisons cette lettre infernale¿ Voici ce qu'elle disait : « Recette pour amuser un portier : Prendre à minuit sur le pavé une chienne errante, après s'être assuré qu'elle est sous l'influence des ardeurs du printemps ; la promener en la tenant en laisse pendant deux heures, dans la rue Mouffetard ou toute autre rue fréquentée par l'espèce canine ; une fois que la demoiselle a récolté à sa suite une trentaine de galants, faire ouvrir la première porte venue et introduire la meute dans la cour ; refermer la porte et laisser le portier se distraire en compagnie de ces camarades inattendus. »

      ¿ C'est abominable, monsieur Orifice !

      ¿ D'autant plus abominable que cela était signé : Sapeck¿ Sapeck, chère madame, un scélérat qui est le fléau du quartier latin¿

      ¿ Ne m'en parlez pas¿ Il m'en a déjà fait voir de toutes les couleurs¿

      ¿ Oh ! si jamais je le tiens seul à seul, dans un coin, il apprendra ce qu'il en coûte de troubler ainsi la nuit paisible d'un concierge comme moi.

      ¿ Et vous ferez bien !¿ Cet être-là est un monstre !¿

      ¿ Pis que cela, chère madame, c'est un journalisse.

      Et là-dessus, le père Orifice réintégra son domicile en jurant comme un charretier.

      De fait, le concierge du 47 n'avait pas tort d'être en fureur. La farce du mauvais plaisant qu'il avait désigné sous le nom de Sapeck était d'un goût détestable. La meute de chiens qui avait été introduite à deux heures du matin dans sa cour, grâce à l'effet des ardeurs printanières d'une phryné canine, lui avait littéralement coupé son sommeil, et, quand il s'était rendormi, au point du jour, entre les bras d'Agathe, son repos avait été encore troublé par d'horribles cauchemars. Il avait rêvé qu'il était assailli par une bande de chiens enragés.

      Après tout, pensa-t-il en se réveillant, qui sait si le brigand de chien qui l'avait mordu n'était pas atteint de la rage ?

      Il fut montré son mollet au pharmacien le plus proche, qui profita de cette circonstance pour le cautériser dans les hauts prix.

      Au surplus, le jeune Hyacinthe, son héritier présomptif, âgé de trois ans, avait eu, de son côté, une nuit tellement agitée qu'il s'oublia de la belle manière dans sa couche enfantine ; ce qui lui valut, une fessée soignée de la part de madame sa mère, la hargneuse Agathe.

      Le père Orifice était à peine cautérisé et prenait le frais sur sa porte, lorsqu'il lut abordé par un jeune homme à l'aspect sympathique.





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