Le diable au XIXe siècle - Léo Taxil
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Avis sur Le Diable Au Xixe Siècle de Léo Taxil - eBook
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Présentation Le Diable Au Xixe Siècle de Léo Taxil
- eBookTOME I
AVANT-PROPOS
Confidences d'un Occultiste
Médecin de la Compagnie des Messageries Maritimes, sur les paquebots de laquelle j'ai fait la plus grande partie de ma carrière et passé tout au moins ma vie entière d'âge mûr, je me trouvais en 1880 sur la ligne de Marseille au Japon.
Le lecteur connaît ces admirables oeuvres de l'industrie maritime française, ces bateaux qui ne mesurent pas moins de 152 mètres de long sur 14 et même 15 mètres de large, et dans lesquels rien ne manque au point de vue du confort et de la sécurité des passagers. Ce sont de véritables hôtels flottants, de colossale dimension, possédant toutes les commodités des hôtels ordinaires de terre, et à bord desquels on se doute souvent à peine que l'on navigue en plein Océan, tant leur stabilité est grande et tant leurs mouvements sont doux.
Cette courte description permet de comprendre l'affluence vraiment extraordinaire de passagers de tous pays et de toute sorte qui s'y rencontrent, s'y coudoient, s'y connaissent aujourd'hui, aux hasards d'une traversée, ou s'y oublient demain dès le débarquement, au terme du voyage.
Soldats allant au Tonkin pour la conquête de la terre et des corps, missionnaires les précédant ou les suivant pour la conquête d'âmes à Dieu, fonctionnaires de toute sorte, gens de toute nationalité, tels sont les passagers irréguliers et intermittents de cette ligne, qui passent une fois et ne reviennent guère. Mais, par contre, il en est d'autres que l'on revoit périodiquement, que l'on retrouve toujours les mêmes, et avec lesquels à la longue une sorte d'intimité s'établit.
Ceux-ci, le maître-d'hôtel qui les reçoit à leur arrivée à bord les reconnaît et les salue d'un signe de tête respectueusement familier ; à peine installés, ils vont tout de suite rendre un bout de visite aux officiers qu'ils connaissent, au docteur plus particulièrement, que sa spécialité et la liberté dont il jouit mettent encore plus en rapport avec eux. De ce nombre, sont les gros acheteurs de bibelots d'Extrême-Orient, et surtout les graineurs, voyageurs et représentants des grandes maisons de soie, des grandes filatures d'Italie, qui, toutes les années, aux mêmes époques, montent au Japon acheter pour le compte de leurs maisons les graines ou oeufs de vers à soie, ainsi nommées à cause de leur aspect, et qu'ils rapportent, soigneusement collées sur des cartons étagés les uns sur les autres, au moyen de supports qui les séparent dans de grandes caisses arrimées aussi avec le plus grand soin. Ces graineurs et leur chargement constituent une riche clientèle pour la Compagnie, dont ils sont en quelque sorte les habitués réguliers.
Une rapide énumération des escales par lesquelles le Courrier de Chine passe et auxquelles il s'arrête, et le lecteur aura toutes les données nécessaires pour comprendre l'important récit qui suivra.
Partant de Marseille, le paquebot s'arrête, ou du moins s'arrêtait à l'époque, à Naples, Port-Saïd, Suez, Aden, Pointe-de-Galle ; la, il trouve une annexe qui prend ses marchandises et ses passagers à destination de Pondichéry, Madras et Calcutta ; puis, il continue sa traversée pour Singapore, passant près de l'archipel de Java, les Célèbes, les Moluques, pour s'arrêter à Saïgon et suivre pour Hong-Kong, Shang-Haï, et par annexe encore de Hong-Kong à Yokohama.
Or donc, j'étais à ce moment le médecin de l'Anadyr, un des beaux spécimens de la flotte de la Compagnie ; le paquebot rentrait de Chine en pleine mousson de Surouû, c'esbà-dire en juin. Nous étions arrivés le matin à Pointe-de-Galle, au sud de l'île de Ceylan, cette admirable partie de l'Inde où la tradition orientale place le paradis terrestre, dont, par leur faute, pour avoir suivi la mauvaise inspiration du démon, nos premiers parents, Adam et Ève, furent chassés[1].
Paresseusement étendu sur ma chaise longue, à l'arrière du paquebot, je songeais précisément à toutes ces curieuses phases de l'histoire de l'humanité primitive, avec ses catastrophes, ses événements étranges, surnaturels, ¿ témoins peut-être, pensais-je, de la lutte entre l'archange, chef des milices de Dieu, et l'esprit du mal, ¿ lorsque je vis s'approcher de moi le premier maître d'hôtel, sa casquette à la main, qui me dit :
¿ Docteur, les passagers de Galle montent à bord.
Je dirai, entre parenthèses, que, à toutes les escales, le docteur, sans en avoir l'air, inspecte un à un les nouveaux passagers, afin de signaler au commandant ceux qu'il reconnaît à première vue trop malades pour supporter la traversée, de telle sorte que, d'accord avec l'agent, le commandant puisse s'opposer à leur embarquement.
Au moment même où le maître d'hôtel me parlait, et alors que j'allais me lever, je me sentis frapper par derrière, sur l'épaule, un petit coup familier.
Je me retournai, et comme je ne reconnaissais pas tout de suite l'homme, il s'en aperçut, et, avec une légère contraction de contrariété du sourcil, rapide, mais que je remarquai néanmoins, se nomma :
¿ Gaëtano Carbuccia.
Tout aussitôt, la mémoire me revint.
¿ Eh ! fis-je, excusez-moi, je vous en prie, mon cher monsieur Carbuccia ; mais je ne vous remettais pas¿
¿ Ah ! c'est que j'ai, en effet, bien changé depuis la saison dernière, reprit-il.
Et sur sa figure passa instantanément comme le reflet d'une immense douleur profondément contenue.
¿ Mais non, mais non, fis-je avec cette bonhomie un peu vague et amicale du médecin qui cherche quand même à rassurer d'abord tout le monde.
En vérité, mon homme était, ma foi, horriblement changé ; et j'avoue que, s'il ne m'avait pas dit son nom, je ne l'eusse certainement pas reconnu. Je le regardais, silencieux, me rappelant maintenant ce gaillard grand et solide, cette manière d'hercule, aux traits vigoureux, aux yeux et à la chevelure noirs, avec son nez busqué d'un audacieux dessin et sa grande bouche, l'homme aux cravates rouges enfin et aux gilets bleus, aux pantalons à pied d'éléphant, aux monstrueuses breloques, le véritable Italien de corps et de costume que j'avais connu quelques voyages auparavant et qui m'avait donné, je me le rappelais bien à présent, tant de tintouin, au cours de la dernière traversée qu'il avait faite avec moi.
Tous les malheurs lui étaient arrivés, en effet, comme par un hasard inexplicable. Il avait eu, d'abord, une violente attaque de coliques néphrétiques ou coliques de miserere, qui l'avait tenu huit jours couché dans sa cabine, en proie à d'épouvantables douleurs ; puis, le jour même de sa première montée sur le pont, une poulie, chose qui n'arrive jamais, lui était tombée sur l'épaule, et il avait fallu vraiment sa force et sa résistance extraordinaires pour qu'elle ne la lui eût pas brisée ; enfin, un soir, en descendant en curieux visiter la machine, il avait dégringolé tout de son long, dans la cage de fer, d'où on l'avait relevé avec je ne sais plus combien de contusions : c'était vraiment, on l'avouera, jouer de malheur. Et, pendant que rapidement devant moi défilaient ces souvenirs, je voyais, devant moi aussi, l'ancien hercule, maintenant amaigri, déjeté, blanchi, presque un vieillard, l'aspect mélancolique et douloureux, la voix blanche et tremblée, contrastant singulièrement avec l'ancien clairon qu'il possédait dans le larynx, avec lequel il riait si fort, sacrant et jurant à pleine voix, à s'en boucher les oreilles, et à s'enfuir d'épouvante et de scandale.
Quelques mois avaient suffi, et le joyeux drille était devenu un squelette. Que pouvait-il s'être passé, pour amener un tel changement ? j'en demeurais abasourdi¿ Et lui, dans ces rapides moments, me regardait aussi, me disant enfin :
¿ Ah ! mon bon docteur, vous n'êtes pas changé, vous ! et du plus loin que je vous ai aperçu, à plus de cent mètres du bord, je vous ai tout de suite reconnu. Cela m'a fait plaisir ; je vous dois tant de reconnaissance ; et qui sait ? c'est peut-être la Providence qui vous met encore une fois sur mon chemin !¿
Il hésitait en disant ces dernières paroles, qui semblaient sortir péniblement et comme en un gros effort.
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