La Revanche du passé - EUGÉNIE PRADEZ
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Présentation La Revanche Du Passé de EUGÉNIE PRADEZ
- eBookIl faisait encore grand jour, et Élisabeth, restée seule un moment dans la chambre démeublée, s'approcha de la fenêtre.
Ce côté de la maison donnait sur des jardinets carrés, étroits, séparés les uns des autres par des haies vives, crevées de larges trous béants.
Quelques pommiers maladifs, des buissons de groseilles épineuses et des massifs de dahlias aux couleurs éteintes peuplaient cet enclos, où s'alanguissait une pâle verdure potagère.
En été, sur ce maigre terrain presque abandonné, poussait un désordre de végétation, un pêle-mêle de petite salade, d'herbes folles, de touffes d'oseille, et, le long d'alignements de choux mal venus, creux, presque sans feuilles, par-ci par-là, l'oeil bleu de la bourrache sauvage regardait le ciel.
C'était sur ce coin de jardin emprisonné de bâtisses, en face de ce lopin de terre morcelé où des chats erraient, le ventre vide, qu'Élisabelh avait grandi.
Pendant les longues absences de sa mère, elle avait passé, sur ce carré de sol aride, d'interminables heures à regarder butiner les abeilles sur les dahlias, ou s'ébattre les grosses mouches bourdonnantes autour des balayures, ou bien, lorsque la pluie tombait à torrents, à voir l'eau se frayer, sur l'argile durci du chemin, mille petites rigoles capricieuses qui allaient se verser les unes dans les autres.
Le temps s'écoulait, ainsi lentement, sans créer dans l'esprit de la petite fille aucune étape bien définie où elle pût retrouver des souvenirs distincts de l'ensemble monotone de ses journées.
Chaque fenêtre des hautes maisons entourant l'enclos avait pris pour elle une physionomie propre, absolument différente des autres. Elle leur avait inventé à toutes une histoire, à celles du premier avec leurs rideaux de tulle grossier, et à celles de tout en haut, où séchaient au soleil, sur des bouts de ficelle tendue, des nippes multicolores.
Sur quelque indice aperçu du dehors, son imagination bâtissait des intérieurs, et elle les peuplait, selon sa fantaisie, des êtres qu'elle voyait entrer et sortir ; elle se plaisait aussi à surprendre tous les jours le retour des enfants, l'école finie, et à entendre leur tapage et leurs rires.
Un automne précoce avait déjà effeuillé les arbres rabougris, aux branches noueuses et tordues, et, sous le ciel plombé, l'enclos avait, ce jour-là, l'aspect terne des jours d'hiver.
L'oeil rêveur, la grande jeune fille anguleuse, amaigrie par une croissance rapide et tardive, contemplait cette scène rétrécie de la vie où son enfance s'était écoulée tout entière. Elle ne réfléchissait pas, elle songeait vaguement, suivant sans résistance, la pente molle où la conduisait sa mémoire. Une tristesse pesait sur elle.
Il lui semblait entendre toutes les heures qu'elle avait vécues là carillonner à la fois à son oreille et lui apporter chacune sa part de souvenirs fades et vides. De tout ce passé encore si proche, une senteur si insipide s'exhalait ! Elle n'y trouvait rien qui fit naître sur ses lèvres arquées, au dessin ferme, l'ombre d'un sourire, pas une seule de ces joies pleines dont le passage laisse au coeur des enfants une trace lumineuse que les années n'effacent pas.
Les retours de sa mère, le soir, après sa journée passée tout entière dehors, lui apportaient seuls quelques heures de contentement parfait, mais trop court pour neutraliser l'effet du lourd isolement de son âme. Même la présence de sa mère n'avait jamais suscité en elle un éclat de véritable gaîté.
Elle se souvenait très nettement, tandis qu'elle considérait le stérile coin de terre fermé de clôtures, des quelques émotions fugitives qu'elle avait eues là pendant cette période de vie de dix-sept années. Lorsque le brûlant soleil d'été forçait les fenêtres sales à s'ouvrir là-haut, un échange de paroles aiguës et brutales étaient, deux ou trois fois, parvenu jusqu'à elle. Effrayée, elle était rentrée en courant se réfugier à la cuisine, où Gertrude polissait et repolissait sans cesse la maigre batterie de cuisine de Mme Georges.
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