SENILITÀ - Italo Svevo
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Avis sur Senilità de Italo Svevo - eBook
1 avis sur Senilità de Italo Svevo - eBook
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Présentation Senilità de Italo Svevo
- eBookCe livre contient une table des matières dynamique. À trente-cinq ans, Emilio Brentani, modeste employé de bureau et écrivain dilettante, s'est résigné à passer une existence grise et monotone aux côtés de sa soeur Amalia. Un jour, sa vie routinière est bouleversée par la rencontre avec la jeune et solaire Angiolina, qui n'est cependant en rien l'"Ange" qu'il idéalise. En proie à son amour fantasmatique, il se berce d'illusions et de faux semblants tandis qu'Amalia tombe secrètement amoureuse du sensuel Stefano Balli, meilleur ami d'Emilio. Sur la base de ce quatuor de personnages, l'auteur de "La Conscience de Zeno" brode les infinies variations de la jalousie, du mensonge, de la tromperie, de la frustration, de l'illusion, de la maladresse et de l'échec sentimental. Son anti-héros introspectif, résolument inapte à l'amour, finit par renoncer à toute cette mascarade et tombe dans une sorte de sénilité précoce. "L'aventure terminée, il ne retrouvait plus son équilibre. Longtemps il demeura insatisfait. L'amour et la douleur avaient traversé sa vie et, privé de ces éléments, il lui semblait avoir subi une amputation cruelle. A la fin, ce vide se combla. Il retrouva l'amour de sa tranquillité et le soin qu'il prit de lui-même lui ôta tout autre désir.
Extrait : Tout de suite, par les premiers mots qu'il lui adressa, il tint à la prévenir qu'il ne voulait pas s'engager dans une liaison trop sérieuse. Voici à peu près ce qu'il lui dit : « Je t'aime beaucoup et, dans ton intérêt, je désire que nous nous mettions d'accord pour agir avec une extrême prudence. » Phrase si prudente en vérité qu'il était difficile de la croire inspirée par l'amour d'autrui. Avec un rien de franchise, elle fût devenue : « Tu me plais beaucoup, mais dans ma vie tu ne pourras jamais avoir d'autre importance que celle d'un jouet. J'ai des devoirs, moi ! J'ai ma carrière, j'ai ma famille? »
Sa famille ? Une unique soeur, aussi peu encombrante que possible, physiquement et moralement, petite et pâle, plus jeune que lui de quelques années, mais plus vieille par son caractère - ou peut-être par destin. Des deux, c'était lui l'égoïste, l'être jeune. Elle ne vivait que pour lui, avec l'abnégation d'une mère. Néanmoins, quand il parlait d'elle, on sentait qu'elle occupait une grande place dans sa vie, que son sort était lié au sien, pesait sur le sien. Les épaules chargées de cette lourde responsabilité, il traversait l'existence avec précaution, évitant les périls, mais laissant aussi de côté les joies. À trente-cinq ans son âme était en proie, encore, à l'amertume de n'y avoir pas goûté ; il éprouvait une grande peur de lui-même et de sa propre faiblesse - dont à vrai dire il avait plutôt conçu le soupçon qu'il n'en avait fait l'expérience.
Sa carrière était chose plus complexe : elle comportait deux ordres d'activités et tendait à deux fins bien distinctes. D'un modeste emploi dans une compagnie d'assurances, Émilio Brentani tirait tout juste l'argent nécessaire à l'entretien de son petit ménage. Quant à son second métier, celui d'écrivain, il ne lui rapportait d'autre bénéfice qu'un semblant de réputation, de quoi satisfaire non pas une ambition certes, mais une vanité. À vrai dire, il lui coûtait encore moins d'effort que le premier.
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