Les Grotesques - Théophile Gautier
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Présentation Les Grotesques de Théophile Gautier
- eBookUne étude charmante et curieuse, c'est l'étude des poëtes du second ordre : d'abord, comme ils sont moins connus et moins fréquentés, on y fait plus de trouvailles, et puis l'on n'a pas pour chaque mot saillant un jugement tout fait ; l'on est délivré des extases convenues, et l'on n'est pas obligé de se pâmer et de trépigner d'aise à de certains endroits, comme cela est indispensable pour les poètes devenus classiques.
La lecture de ces petits poëtes est incontestablement plus récréative que celle des célébrités les plus reconnues ; car c'est dans les poëtes du second ordre, je crois pouvoir l'avancer sans paradoxe, que se trouve le plus d'originalité et d'excentricité. C'est même à cause de cela qu'ils sont des poëtes du second ordre. Pour être grand poëte, du moins dans l'acception où l'on prend ce mot, il faut s'adresser aux masses et agir sur elles ; il n'y a guère que des idées générales qui puissent impressionner la foule ; chacun aime à retrouver sa pensée dans l'hymne du poëte : c'est ce qui explique pourquoi la scène se montre si rebelle aux curiosités de la fantaisie. ? Les morceaux les plus vantés des poëtes sont ordinairement des lieux communs. Dix vers de Byron sur l'amour, sur le peu de durée de la vie, ou sur tout autre sujet aussi neuf, trouveront plus d'admirateurs que la vision la plus étrange de Jean Paul ou d'Hoffman : cela vient de ce que beaucoup de gens ont été ou sont amoureux, qu'un plus grand nombre encore a peur de mourir, et qu'il en est bien peu qui aient vu passer, même en rêve, les fantastiques silhouettes des conteurs allemands.
Dans les poëtes du second ordre vous retrouverez tout ce que les aristocrates de l'art ont dédaigné de mettre en oeuvre : le grotesque, le fantasque, le trivial, l'ignoble, la saillie hasardeuse, le mot forgé, le proverbe populaire, la métaphore hydropique, enfin tout le mauvais goût avec ses bonnes fortunes, avec son clinquant, qui peut être de l'or, avec ses grains de verre, qui risquent d'être des diamants. Ce n'est guère que dans le fumier que se trouvent les perles, témoin Ennius. Pour moi, je préférerais les perles du vieux Romain à tout l'or de Virgile ; il faut un bien gros tas d'or pour valoir une petite poignée de perles.
Je trouve un singulier plaisir à déterrer un beau vers dans un poëte méconnu ; il me semble que sa pauvre ombre doit être consolée, et se réjouir de voir sa pensée enfin comprise ; c'est une réhabilitation que je fais, c'est une justice que je rends ; et si quelquefois mes éloges pour quelques poëtes obscurs peuvent paraître exagérés à certains de mes lecteurs, qu'ils se souviennent que je les loue pour tous ceux qui les ont injuriés outre mesure, et que les mépris immérités provoquent et justifient les panégyriques excessifs.
En lisant un de ces poëtes réputés mauvais sur le jugement d'un pédant de collége, on fait à chaque pas des rencontres pittoresques qui vous surprennent heureusement. C'est comme si, en parcourant une route qu'on vous aurait représentée toute blanche de soleil et de poussière, vous rencontriez çà et là de beaux arbres verts, des haies pleines de fleurs et de chansons, des eaux vives et des courants d'air parfumés ; toutes ces choses vous paraîtraient d'autant plus belles que vous y comptiez moins. Un écu trouvé dans la rue fait plus de plaisir qu'un louis dans un tiroir. Saint-Amant, Théophile, Du Bartas sont pleins de ces accidents-là. ? Leurs pensées brillantes ressortent mieux que chez d'autres poëtes plus parfaits, sans doute à cause de l'infériorité du reste, comme le ciel de la nuit qui fait pailleter les étoiles invisibles en plein midi.
Maître François Villon, auteur du Petit et du Grand Testament, malgré Étienne Pasquier, Antoine Du Verdier et quelques autres pédants, malgré l'oubli, ou plutôt la désuétude où il est tombé à cause de son vieux langage et de l'obscurité de ses allusions, est un de ceux de cette nombreuse famille qui renferme le plus de rencontres de ce genre ; et cependant, chose surprenante ! le pauvre escolier Villon n'est guère connu que par ces deux vers assez ridicules de Boileau Despréaux :
Villon sut le premier, dans ces siècles grossiers,
Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers.
Il est probable que Boileau ne se doutait pas le moins du monde de ce qu'était Villon et n'en avait pas lu un seul vers. ? Certainement le poëte très-peu voluptueux de Sa Majesté très-chrétienne ne les eût pas trouvés de son goût, lui dont les oreilles s'alarmaient janséniquement au son hardi des rimes cyniques du brave poëte Mathurin Régnier.
Villon, qui, d'après Boileau, a débrouillé l'art confus de nos vieux romanciers, n'a pas fait un seul roman, ni quoi que ce soit qui y ressemble ; c'est un esprit satirique, un poëte philosophe, dont Marot et Régnier ont exploité chacun une veine différente, mais ce n'est assurément pas un romancier. ? Ce distique, et deux ou trois autres à peu près de même force, imperturbablement répétés, sont devenus axiomes, et c'est là-dessus que beaucoup de personnes, d'ailleurs fort instruites, jugent notre ancienne littérature.