Deux mois d'émotions - Louise Colet
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Avis sur Deux Mois D'émotions de Louise Colet - eBook
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Présentation Deux Mois D'émotions de Louise Colet
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BOHÉMIENS DU PONT DU GARD.
Au village de Mouriès, 20 septembre 1842.
Je crois, madame, que vous ne pourriez découvrir sur aucune carte de la France le nom du village d'où je vous écris. C'est à peine si quelques anciennes cartes de la Provence en font mention comme d'un hameau sans importance. Aujourd'hui, le hameau s'est agrandi et compte une population de deux mille habitants, heureux, tranquilles, vivant dans l'égalité sociale la plus complète, car, à part le curé, le notaire, un ou deux médecins et le professeur de l'école primaire, cette population se compose entièrement de cultivateurs, entre lesquels le sol est partagé presque par égales parts.
Chaque possesseur cultive son champ et vit de ses produits.
La famille du général Dumouriez est originaire du village de Mouriès, et en a tiré son nom ; mais cette particularité historique n'a pas laissé de traces dans le pays, tant les souvenirs historiques sont indifférents à ces esprits bucoliques. Mouriès ne possède aucune ruine romaine, ni aucun débris de monument du moyen âge ; seulement, la façade d'un mas[7] voisin est le reste d'une maison de plaisance de Jeanne de Naples. Le souvenir de cette reine, si belle, si poétique, si coupable et si malheureuse, répand sur ce tranquille village comme un retentissement lointain des agitations du monde. C'est là tout, car, à part cette ruine, Mouriès se compose de maisons propres et simples, toutes de construction moderne et d'une église blanche, surmontée de son clocher blanc ; autour du village s'étendent à perte de vue d'immenses vergers d'oliviers, dont la verdure paie et terreuse semble couvrir le sol d'un linceul gris. Çà et là quelques terres, plantées de mûriers ou de vignes, jettent un peu de variété sur cette végétation monotone. On aperçoit aussi des landes abandonnées, toutes semées de cailloux ; à l'ouest, de vastes marais entourés de grands roseaux ; au nord, une petite chaîne de montagnes qui accidente le paysage ; ainsi, rien de pittoresque dans ce village, rien d'agreste dans ses environs ; partout une uniformité triste qui ne dit rien à l'âme, et pourtant la mienne est retenue ici par les sentiments les plus puissants ; je suis à Mouriès depuis une huitaine de jours, et je vois, avec un invincible regret, s'avancer le moment du départ ; quel charme douloureux me retient ici ? Ah ! c'est que derrière cette petite chaîne de montagnes, qui s'élève au nord, est caché l'ancien château de mon père ; c'est que, sur ce tertre, à l'ouest du village où se déroule un mur blanc, surmonté d'une simple croix, est ensevelie ma mère sous une humble tombe, entourée des pauvres qu'elle a secourus et qui l'ont aimée durant sa vie. Mais, avant de vous dire toutes les émotions que j'ai trouvées ici, je dois vous raconter comment j'y suis arrivée, vous parler des lieux que j'ai parcourus, tenir enfin la promesse que je vous ai faite d'une description de voyage. Je ne vous peindrai pas classiquement tous les grands monuments que j'ai admirés, tous les beaux paysages qui m'ont souri ; je vous dirai mes impressions avec la fantaisie libre du poète ; puissiez-vous me suivre sans trop d'ennui !
Et d'abord, c'est à Nîmes, madame, que je veux vous conduire. Pour arriver dignement dans cette ville romaine, prenons la route qui passe près du pont du Gard ; près de ce déhris du gigantesque aqueduc, qui transportait les eaux dans toute la contrée. Les ruines sont toujours belles et saisissantes ; elles parlent à l'homme un langage mélancolique et profond, mais elles nous frappent surtout lorsqu'elle nous apparaissent au milieu de quelque beau paysage solitaire, loin du bruit des cités modernes, que distrairait la méditation qu'éveillent en nous ces grands vestiges du monde antique. C'est ainsi que le pont du Gard est doublement imposant par la hardiesse de son architecture et par les lieux pittoresques qui lui servent d'encadrement. Nous arrivâmes, par une belle matinée des premiers jours de septembre, en face de ce triple rang d'arcades qui s'élèvent jusqu'au ciel et se détachent sur son vif azur. Les eaux du Gardon, grossies par les pluies, coulaient rapides et argentées. À l'est, le riant village de Remoulin se groupait à quelque distance. Au nord, aux dernières limites de l'horizon, nous découvrions le mont Ventoux se perdant dans les nuages ; puis, sur des plans plus rapprochés, de petits vallons boisés, de jolies collines, animées çà et là par de gracieuses maisons des champs. Au midi, la vue est bornée par la grande route qui conduit à Nîmes et qui se déroule comme une longue pièce de toile écrue, ensuite par des rochers mousseux dont les flancs, creusés en cavernes, servent souvent d'abri à des troupes de Bohémiens. Enfin, à l'ouest, le pont de construction moderne, dominé par le pont ou plutôt par l'aquéduc antique ; et derrière ces grandes lignes d'architecture aérienne, des coteaux couverts de beaux arbres, qui voilent à demi le vieux château de Fournaise, dont Louis XIII et Richelieu ont été les hôtes durant quelques jours.
Nous nous assîmes au pied des rochers qui s'élèvent au midi, sur une espèce de plate-forme gazonnée qui descend jusqu'au lit du Gardon. De là, le point de vue est admirable. Nous nous disposâmes à déjeuner sur l'herbe. D'autres voyageurs nous avaient précédés et prenaient déjà leur repas. C'était une famille de ces Bohémiens qui vont errants dans toutes les parties du globe, race étrange, dont l'origine se perd dans l'obscurité des âges. Notre approche n'eut pas l'air d'effaroucher la petite bande vagabonde, que semblait présider un vieillard à barbe et à chevelure blanches, couvert d'un long manteau de toile blanche assujéti au cou par une agrafe de bois sculptée au couteau. Un homme de quarante ans, qui paraissait son fils, était assis près de lui ; grand, robuste, il était vêtu d'une chemise de toile bleue et d'un pantalon de même étoffe et de même couleur ; sa tête au teint olivâtre, aux yeux noirs, aux cheveux bruns et touffus, était couronnée d'un long bonnet de laine à zones rouges, vertes et bleues. À. ses côtés, une femme à peu près du même âge que lui allaitait un enfant. Quoique flétris, les traits de cette femme étaient encore expressifs et réguliers ; elle avait les yeux plein de feu et les dents d'une éblouissante blancheur ; pour toute coiffure, elle portait, penché sur son front, et laissant à découvert ses cheveux déjà grisonnants, un de ces larges chapeaux de feutre noir à petite calotte, que les belles Arlaisiennes posent inclinés par-dessus leur coiffe. Enfin, auprès d'elle se tenaient un jeune garçon et une jeune fille de quatorze à quinze ans, bien faits, élancés, agiles, au visage mobile, à l'oeil doux et vif, véritables types de Bohémiens, habillés de clinquants et d'oripeaux.
Ces deux enfants fermaient le cercle formé par l'errante famille autour d'une marmite de fer où chacun puisait tour à tour, avec une longue fourchette d'étain, des tronçons de viande noire, dont le parfum épicé s'exhalait jusqu'à nous. Quand leur repas fut terminé, le frère et la soeur se levèrent les premiers ; ils firent claquer leur langue en mesure comme un bruit de castagnettes, et leurs pieds légers, sautillant sur le gazon, semblèrent préluder à une danse. Mais tout à coup ils nous regardèrent, et, comme si notre présence les avait intimidés, ils allèrent se rasseoir auprès de leur mère. Comprenant leur hésitation, je me levai, je marchai vers la famille, et, m'adressant à la mère en patois languedocien, je lui dis que nous aurions un grand plaisir à voir danser ses enfants. ¿ Je le crois bien, me répondit-elle en fixant sur moi un regard vif et plein d'orgueil, surtout s'ils vous régalaient de la danse qu'ils ont dansée hier devant des anglais ! ¿ Et pourquoi ne le feraient-ils pas, lui dis-je ? ¿ Ah ! c'est que cela coûte cher, dit le vieillard, trahissant la rapacité de sa tribu. Je jetai quelques pièces de monnaie sur la jupe de la mère, elle parut satisfaite. ¿ Allons, Zimbo et Minolitta, dit-elle à ses enfants, montez sur l'arche et dansez votre ronde. ¿ Il nous faut une écharpe, répliqua la jeune fille. Je détachai de mon cou une écharpe de voyage en soie rouge, et je la présentai à la petite Bohémienne. Elle la prit par un bout, son frère par l'autre, et, recommençant à faire claquer leur langue en mesure, ils s'élancèrent en dansant vers l'aquéduc romain. ¿ Prends ton instrument, et suis-les, dit la mère à son mari. Le père se leva, secoua son long bonnet, et alla chercher dans un grand sac de cuivre un vieux tambour de basque, puis il marcha sur les traces de ses enfants, mais d'un pas moins rapide. Qu'allaient-ils faire ?
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