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Le Rival de Sherlock Holmès - Hector Fleischmann

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      Présentation Le Rival De Sherlock Holmès de Hector Fleischmann

       - eBook

      eBook - Hector Fleischmann 28/03/2020
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Hector Fleischmann
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 28/03/2020
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230003778944



    • Le cadavre de la marnière de Trafalgar-City.

      Un jour, c'était vers la fin de juillet, nous nous promenions, Hopkins et moi, dans le beau jardin de plantes exotiques qui entoure le Museum-Palace au delà de la route du métropolitain de Trenton. La chaleur était véritablement accablante et malgré toutes les liqueurs à la glace et les boissons rafraîchissantes les plus variées que nous avions bu, une soif intolérable nous corrodait la gorge, désséchait notre bouche. La sueur nous ruisselait au long du front. À proximité des cascades dont les eaux traversent le jardin du Museum-Palace en un flot écumeux et bouillonnant, nous nous étions assis.

      Que se passa-t-il ? Était-ce la chaleur, l'accablement de l'atmosphère, la soif, autre chose, je ne sais ; toujours est-il que je m'endormis sur le banc, aux côtés de Hopkins s'éventant avec la paille de Floride de son panama.

      Brusquement je fus réveillé.

      C'était mon ami qui me secouait le bras.

      ¿ Sanfield, dormez-vous ?

      ¿ Je le crois aisément, dis-je, en me frottant vigoureusement les paupières d'un geste machinal. Et vous ? demandai-je à Hopkins.

      ¿ Moi, je viens d'acheter le journal du soir, j'ai lu pendant que vous dormiez.

      ¿ Et¿ rien d'intéressant ?

      ¿ Non, rien¿ Ah ! si !¿ Un crime trop compliqué pour ne pas être trop simple.

      ¿ Où cela ?

      ¿ À Trafalgar-City !

      ¿ Dans le Tennessée ?

      ¿ Là même. Voyez.

      Et Hopkins me tendit le journal plié, soulignant de l'ongle l'article signalant le crime en plusieurs lignes de gros titres :

      LE CRIME DE TRAFALGAR-CITY

      UN ASSASSINAT POUR RIEN

      MORT AFFREUSE DE LA VICTIME

      L'ASSASSIN EST ARRÊTÉ

      LE MYSTÈRE DE LA MARNIÈRE

      Sous ces six lignes s'étendait le récit du crime.

      Depuis l'affaire du Standard Trust aucun événement intéressant véritablement n'était venu interrompre la monotonie de notre vie à Black-Road. C'est pourquoi je me hâtai de lire l'article du journal, persuadé que si Hopkins me le signalait c'est qu'il y voyait l'intérêt d'une affaire mystérieuse et compliquée à souhait, et telle qu'il la souhaitait au gré de ses désirs de logicien sûr de vaincre les ténèbres et d'arriver par la force du simple raisonnement et de la déduction à la manifestation de la vérité.

      Je lus donc ceci :

      « ¿ Trafalgar City, 20 juillet ¿ Par dépêche du service spécial de l'Américan-Messenger
      « ¿ Hier un crime aussi barbare qu'inexplicable a été commis à Trafalgar-City dans des circonstances particulièrement odieuses. Le fossoyeur de cette ville, un nommé Joë Braddford a précipité dans une marnière profonde de quatre-vingts pieds, un nommé Jim Rackson, aide-fossoyeur. Avant de jeter sa victime dans ce puits, Joë Braddford lui a fracassé la tête qui fut réduite en bouillie sous la violence des coups. On a retrouvé dans la poche de la victime les deux dollars du salaire de la semaine plus une grosse bague en or. Le vol ne semble donc pas avoir été le mobile du crime. Joë Braddford a été arrêté par le constable de Trafalgar-City et aussitôt écroué. Il semble avoir, à la suite de ces événements, perdu la raison. On n'a pu tirer de lui aucun renseignement susceptible de jeter la lumière sur ce drame atroce qui a soulevé à Trafalgar-City un vif sentiment de profonde horreur. »

      Ceci lu, je rendis le journal à Hopkins.

      ¿ Que pensez-vous de cela, Sanfield ? me demanda-t-il.

      ¿ Je pense que voilà un crime réellement épouvantable. Ce Joë Braddford réduisant en bouillie la tête de son aide, est une véritable brute. C'est un assassinat, en vérité, des plus odieux.

      ¿ Rien ne vous a semblé particulièrement étrange dans le crime lui-même ?

      ¿ Non, rien, si ce n'est l'incomparable sauvagerie du meurtrier.

      ¿ Ainsi, ce crime sans motifs vous semble admissible ? Vous concevez qu'il a pu se passer tel que l'Américan-Messenger le relate ?

      ¿ Pourquoi pas ? Cela déjà s'est vu.

      ¿ Ce n'est pas une raison.

      ¿ Que prétendez-vous dire, Hopkins ?

      ¿ Pourquoi ce Braddford après avoir fracassé la tête de Rackson l'a-t-il jeté dans la marnière ?

      ¿ Pour cacher son crime.

      ¿ Alors pourquoi n'a-t-il pas dépouillé le cadavre ? Le journal dit qu'on a retrouvé dans les poches deux dollars et une grosse bague d'or.

      ¿ Peut-être le temps lui a-t-il manqué ?