La Monongahéla - EDMOND ROUSSEAU
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur La Monongahéla de EDMOND ROUSSEAU - eBook
0 avis sur La Monongahéla de EDMOND ROUSSEAU - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
Présentation La Monongahéla de EDMOND ROUSSEAU
- eBookL'angelus du soir venait de sonner à la cathédrale de la bonne ville de Québec ; un beau soleil de mai réjouissait la nature ; aucun nuage ne souillait le ciel étincelant. Une brise légère rafraîchissait l'air et caressait mollement les arbres séculaires qui entouraient alors la petite église des Récollets.
Cependant, à peine les derniers appels à la prière du soir s'étaient-ils répercutés dans le lointain, que la cloche se mit à tinter de nouveau. De sa voix grêle, elle semblait jeter aux échos des alentours un suprême sanglot.
Par les rues circulaient les citadins endimanchés, marchant d'un pas tranquille et recueilli, dans lequel on ne reconnaissait plus les vives allures de l'activité ordinaire, tandis que les rares boutiquiers de l'époque se précipitaient sur le pas de leur porte pour voir défiler la foule.
À quel spectacle couraient donc ces dignes habitants d'une ville encore à son berceau ? Quelle catastrophe les arrachait ainsi à leurs occupations ? Quelle perte pouvait donc, comme un voile de deuil, répandre sur toute la ville ce souffle de tristesse ?
Jean-Marie Mercier, taillandier, devisant sur sa porte avec Mathurine Dumas, la mercière du coin, va nous l'apprendre.
¿ L'enterrement du saint se fait-il pour sûr demain, ma commère ? disait Jean-Marie.
¿ Pour sûr et certain, mon compère, répliquait Mathurine, que même le bedeau de la cathédrale qui est venu ce tantôt chercher ma dernière aune de crêpe, m'a dit que la procession se mettrait en marche juste à sept heures demain matin.
¿ Est-ce vrai que le corps va être porté dans les quatre églises de la Haute-Ville ?
¿ Qui a pu vous dire cette nouvelle ? voisin. Serait-il possible que le bedeau m'aurait caché cet important détail ? reprit Mathurine, vexée à la pensée seule que son voisin pouvait être mieux informé.
¿ Comment ! vous ignorez ? Mais vous n'étiez donc pas hier soir à la récitation de l'office des morts à l'église des Récollets, quand le supérieur a donné la marche des funérailles et a fait son beau discours sur la mort de Mgr. De Laval, que tout le monde pleurait ?
¿ Hélas ! il m'a été impossible de quitter mon comptoir un seul instant, même que j'ai dû me lever à trois heures ce matin pour pouvoir aller vénérer la dépouille du saint évêque.
¿ J'ai été plus heureux, mère Dumas, fit Anselme Ribault, tonnelier, qui rejoignait le groupe en ce moment ; j'ai eu le bonheur de passer la nuit de garde auprès du saint, et toute la journée j'ai pris part à l'ornementation de la cathédrale. De sorte que je connais tout le programme de la cérémonie.
¿ Est-ce bien vrai qu'il y aura procession dans toutes les églises ?
¿ Rien de plus vrai, c'est moi qui vous le dit, reprit Anselme Ribault en se rengorgeant, puisque je l'ai entendu de mes deux oreilles, mais entendu, là répéter par M. le grand-vicaire Glandelet à M. de la Colombière. C'est parce que les communautés religieuses ont témoigné le désir de voir les restes mortels du vénérable évêque qu'il en a été décidé ainsi.
Laissons Jean-Marie Mercier et la mercière Dumas à leur curiosité, et remplissons une lacune que nous avons dû laisser dans un ouvrage précédent .
Le nom de Mgr de Laval est trop intimement lié à l'histoire du pays pour qu'une courte esquisse de sa vie et de ses oeuvres ne trouve pas sa place ici. Sans doute il n'est pas un habitant du Canada qui n'ait appris à vénérer le nom du premier et saint évêque de la Nouvelle-France. Mais combien parmi la masse du peuple ¿ nous n'écrivons que pour ceux-là ¿ qui savent les nombreux titres de ce prélat à notre gratitude ? Certes, s'il en existe, le nombre en est certainement bien petit.
Eh bien ! donc, au risque même de tomber dans le hors d'oeuvre, nous allons consacrer quelques pages au récit de ses travaux, de ses vertus, ne regrettant qu'une seule chose, que l'espace et nos humbles capacités nous laissent bien au-dessous de la tâche.
L'illustre et pieux prélat, l'intrépide François-Xavier de Laval-Montmorency, naquit à Laval, ville du Maine, dans le diocèse de Chartres en France, le 30 avril 1623.
Son père, Hugues de Laval, sieur de Montigny, le plaça, jeune encore, au collège des jésuites, à la Flèche, où il fit un brillant cours d'études.
À peine eût-il atteint l'âge de huit ans, que le jeune François reçut la tonsure, et deux ans plus tard, son oncle, l'évêque d'Evreux, le faisait chanoine-honoraire de sa cathédrale.
Quelques années après, la mort de ses deux frères ainés le força de quitter l'habit ecclésiastique pour se consacrer au soin de ses parents et à l'administration de leur fortune, malgré sa grande répugnance à rentrer dans le monde. Aussi se débarrassa-t-il bientôt de ces devoirs temporels pour s'incorporer de nouveau dans la milice du sanctuaire.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE