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Une Mésaliance - DINAH MARIA MULOCK

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      Présentation Une Mésaliance de DINAH MARIA MULOCK

       - eBook

      eBook - Dinah Maria Mulock 17/07/2016
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : DINAH MARIA MULOCK
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 17/07/2016
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230001232219



    • Extrait :

      Ce matin, madame Rochdale est restée longtemps à la porte de l'école à causer, madame Rochdale, autrefois ma maîtresse, aujourd'hui mon amie. Ma cousine, la maîtresse d'école du village, se lamentait sur le sort de son fils George qui se bat en Crimée, et elle disait, la pauvre femme, que personne ne pouvait comprendre ce qu'elle éprouvait, personne, si ce n'est une mère avec un fils unique.

      Madame Rochdale sourit comme savent sourire ceux qui ont acquis la paix par l'épreuve de leur patience ; je retrouve encore quelquefois les traces de ses douleurs sur son visage, et je suppose qu'elles ne disparaîtront jamais complètement. Nous changeâmes de conversation, et, au bout d'un instant, elle s'éloigna.

      Une mère avec un fils unique ! Tout le pays savait l'histoire de madame Rochdale et de son fils ; mais depuis longtemps on avait cessé d'en parler, tout haut, du moins, bien qu'on la racontât encore en confidence à tous les nouveaux arrivants dans le village. Chaque été, je voyais encore les étrangers qui occupaient la maison de ma cousine contempler de tous leurs yeux la toiture du château quand elle passait, ou écarter les rideaux pour apercevoir madame Rochdale.

      Ils avaient raison. Elle est bonne à voir et à connaître, c'est une femme entre mille.

      Il ne peut y avoir aucun inconvénient, peut-être pourra-t-il y avoir quelque avantage à raconter ici son histoire.

      Il faut d'abord que je la décrive. À l'heure qu'il est, je la trouve encore la plus belle personne que j'aie connue. Et pourquoi une femme ne serait-elle pas belle à soixante ans ? La beauté qui résiste ainsi, et elle résiste parfois, car je l'ai vue, est nécessairement la plus noble et la plus pure, parfaitement indépendante de la forme et du coloris ; c'est une beauté qu'aucun art ne peut procurer à la jeunesse ; mais lorsqu'on la possède une fois, on ne la perd jamais jusqu'au jour où le couvercle du cercueil, en se refermant sur le dernier et le plus céleste sourire, en fait à jamais un souvenir charmant.

      Madame Rochdale était grande, trop grande dans sa jeunesse ; mais la taille est un avantage, passé quarante ans. Ses traits, plus doux qu'énergiques, paraissaient plus doux encore sous les bandeaux de ses cheveux gris ; peut-être étaient-ils réguliers, je ne suis pas artiste, je n'en sais rien ; mais là n'était pas son charme, c'était une grâce inexprimable, insaisissable, sa présence éclairait une maison, et son absence la replongeait dans l'ombre ; c'était la majesté douce et polie de sa tournure, ses paroles et ses mouvements pleins d'harmonie. Quand elle se taisait, l'aimable aisance de ses manières mettait à l'aise tous ceux qui l'entouraient. Quand elle parlait, sans jamais parler beaucoup, elle semblait toujours par instinct dire aux gens ce qui pouvait leur plaire, au bon moment, comme il fallait. C'était le type de la femme bien élevée, le plus rare de toute l'espèce humaine, ce type qui se détache de tout ce qu'on a coutume d'appeler des femmes charmantes ou des personnes distinguées.

      À vingt-trois ans, elle devint la femme de M. Rochdale ; à vingt-cinq, elle était veuve. À partir de ce moment, sa vie tout entière se concentra sur son fils ; il avait un an et il était déjà Samuel Rochdale, seigneur du manoir de Thorpe et de Stretton Magna, propriétaire de l'une des plus grandes terres du comté. Pauvre petit enfant !





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