Acadie - Édouard Richard
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Présentation Acadie de Édouard Richard
- eBookTome II
Signature de la paix à Aix-la Chapelle. ¿ Le Cap Breton est rendu à la France. ¿ Les Français continuent à occuper la partie nord de la Baie de Fundy. ¿ Fondation d'Halifax en juin 1749. ¿ Proclamation du nouveau gouverneur de la Nouvelle Écosse, Édward Cornwallis. ¿ On exige des Acadiens un serment sans réserve ou leur départ dans les trois mois. ¿ La population refuse unanimement. ¿ Embarras de Cornwallis. ¿ Temporisation. ¿ Fondation de Beauséjour par les Français. ¿ Efforts de ces derniers pour gagner les Acadiens à leur cause.
La paix entre la France et l'Angleterre fut conclue et signée à Aix-la-Chapelle, en octobre 1748. Le traité remettait ces deux nations dans la situation respective où elles se trouvaient avant la guerre. Les provinces ou villes conquises étaient restituées à leurs anciens maîtres. L'Île Royale (Cap Breton) revenait donc à la France [1].
Cette restitution chagrina particulièrement, et à bon droit, les anglo-américains. C'était à eux, en effet, qu'était due la prise de Louisbourg, où leurs milices avaient fait preuve de beaucoup de courage et d'habileté. Cette forteresse, qui avait coûté tant d'argent à la France, avait été une menace constante pour les possessions britanniques. Aussi, la nouvelle de sa chute avait-elle été saluée par de grandes réjouissances. Quand l'on apprit qu'elle était sitôt rendue à ses anciens maîtres, l'on en conçût d'amers regrets[2]
Près de quarante années s'étaient écoulées depuis la signature du traité d'Utrecht. Il avait été stipulé, par une clause de ce traité, que la France cédait l'Acadie à l'Angleterre. Mais, ce que comprenait exactement ce terme d'Acadie n'avait jamais été exactement précisé. Les frontières de cette province, ainsi que celles du Canada tout entier, devaient être délimitées ultérieurement par une commission nommée à cette fin. En sorte que rien n'était réglé sur ce point au moment de la Paix d'Aix-la-Chapelle, et aucun article de ce dernier traité n'allait résoudre cette épineuse question. Ce fut un malheur, pour la France en particulier. De là allaient en effet sortir pour elle des difficultés de toute nature dont le terme serait, avec son humiliation, l'échec le plus gros de conséquences qu'elle eût encore éprouvé.
Jusqu'ici, la France et l'Angleterre avaient paru lutter, à chances à peu près égales, à qui aurait l'empire des mers, car l'Espagne n'entrait plus en ligne de compte à ce sujet ; elle s'était laissée depuis longtemps distancer par ces deux nations. La guerre de Sept ans allait décider laquelle, des deux puissances rivales, occuperait définitivement la première place. Et le sort devait être favorable à l'Angleterre. À partir de cette époque, la langue, la civilisation, les institutions britanniques vont s'étendre à des colonies disséminées par le monde entier, occuper tous les points stratégiques du globe ; le commerce et l'industrie prendront un essor magnifique, et feront affluer en Angleterre la richesse du monde ; les produits et les capitaux anglais inondant tous les marchés de l'univers, assureront à la Grande Bretagne un rôle prépondérant dans le conseil des nations [3].
Les revendications anglaises au sujet des frontières de l'Acadie ne manquaient pas d'ampleur, ainsi qu'on va le voir : elles embrassaient, en effet, outre la péninsule proprement dite, tout la partie qui forme aujourd'hui le Nouveau-Brunswick. Les Français, de leur côté, réclamaient toute la partie est de la péninsule acadienne. De part et d'autre, l'on croyait avoir de bonnes raisons pour appuyer ses réclamations : les droits que l'on invoquait reposaient sur des chartes d'une teneur imprécise ou contradictoire, octroyées
plus d'un siècle auparavant. Il semble que, dans les deux camps, et pour des motifs analogues, l'on demandât plus que l'on n'espérait vraiment obtenir.
Entre temps, le capitaine Marin occupa, après le traité d'Aix-la-Chapelle, tout le pays situé au nord de la Baie de Fundy, savoir la province actuelle du Nouveau-Brunswick, laissant aux Anglais, en attendant la décision de la commission qui serait chargée de régler la question des frontières, le territoire qui compose la Nouvelle-Écosse, moins le Cap Breton. Ce dernier domaine comprenait les établissements acadiens de Rivière Saint-Jean, Chipody, Memramcook et Petitcodiac. Beaubassin se trouvait situé, partie du côté français, partie dans la péninsule. Cet état de chose réveilla, dans l'esprit des autorités anglaises, l'idée souvent omise par Philipps, et surtout Shirley, d'implanter des colons britanniques dans la Nouvelle-Écosse. Philipps, et après lui Mascarène, avaient proposé l'établissement d'un fort à Beauséjour, et la colonisation de l'isthme depuis l'extrémité est de la Baie de Fundy jusqu'à Baie Verte. Shirley, comme nous l'avons vu dans notre chapitre douzième, avait suggéré en outre d'enlever aux Acadiens une partie de leurs terres pour les donner à des colons de la Nouvelle Angleterre : dans sa pensée, une pareille mesure aurait pour effet d'amener les gens du pays à s'anglifier et à passer au protestantisme. Toutefois, soit par incurie, soit à cause des dangers de la situation ou de l'hostilité des sauvages, soit encore que ces projets demandassent des sacrifices pécuniaires trop considérables, ou que les colons du Massachusetts inspirassent déjà des craintes à la Métropole, rien n'avait été fait ni dans un sens ni dans l'autre.
Le premier de ces projets était devenu d'une application malaisée, à raison de la grande expansion de la population acadienne dans ces régions ; d'autre part, le plan de Shirley comportait la plus injuste spoliation et un odieux attentat à la liberté religieuse, laquelle avait été garantie par un traité : il ne faut donc pas s'étonner de voir qu'il n'ait pas rencontré de faveur auprès du gouvernement anglais, toujours plus équitable et plus humain que ne l'étaient les autorités coloniales [4].
La population acadienne s'était accrue, en effet, avec une rapidité extraordinaire. Et nous prions le lecteur de se reporter, à ce sujet, aux diverses statistiques que nous avons données dans notre tome premier. Nous rappellerons seulement ici que, des cent-soixante-quinze chefs de famille qui s'étaient établis en Acadie, au cours d'un siècle, avait surgi un petit peuple, comptant, lors de la cession du pays, environ 2,500 âmes, 7,114 en 1739, et à peu près 12,500 en 1749. De ce nombre, près de 3,500 habitaient au nord des frontières actuelles de la Nouvelle-Écosse, territoire alors occupé par les Français.
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