Personnaliser

OK

Le Secret de Frédéric Marcinel - Jules Destrée

Note : 0

0 avis
  • Soyez le premier à donner un avis

Vous en avez un à vendre ?

Vendez-le-vôtre

4,25 €

eBook

 
  • Produit dématérialisé
    Pour votre liseuse kobo
En savoir plus

Kobo

PRO Vendeur favori

4,4/5 sur + de 1 000 ventes

Synchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo

Publicité
 
Vous avez choisi le retrait chez le vendeur à
  • Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
  • Récupérez le produit directement chez le vendeur
  • Rakuten vous rembourse en cas de problème

Gratuit et sans engagement

Félicitations !

Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !

En savoir plus

Retour

Horaires

      Note :


      Avis sur Le Secret De Frédéric Marcinel de Jules Destrée - eBook

      Note : 0 0 avis sur Le Secret De Frédéric Marcinel de Jules Destrée - eBook

      Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.


      Présentation Le Secret De Frédéric Marcinel de Jules Destrée

       - eBook

      eBook - Jules Destrée 14/07/2020
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Jules Destrée
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 14/07/2020
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Android, Desktop, iOS, Liseuse, Windows
    • ISBN : 1230004043782



    • L'adieu du gendarme

      I

      Manifestement, Frédéric Marcinel avait un secret. Toute sa vie était changée et nul n'eût pu dire la cause de cette transformation. Nul, pas même son vieil ami, le président du tribunal Louvrier avec qui, si souvent, au sortir des audiences, Frédéric Marcinel s'était abandonné à de respectueuses et confiantes causeries.

      Marcinel était un des plus anciens gendarmes du pays. Entré au corps vers sa vingt-cinquième année, il avait patiemment et docilement appris son difficile métier et suivi les filières consacrées. Il avait obtenu un chevron après quatre ans, deux après huit ans, la croix après dix ans de services. Il avait été nommé candidat brigadier, puis brigadier, puis maréchal des logis. Il avait promené son uniforme et sa robuste prestance dans diverses régions du pays, selon les hasards des circonstances. Partout, il avait été noté de façon excellente, et spécialement par les autorités judiciaires qui avaient trouvé en lui un auxiliaire précieux. Ce beau et fort garçon dont toute la personne dégageait une inexplicable sympathie, était d'une ingéniosité surprenante. On citait, au Palais de Justice, certaines malices qui avaient eu les plus heureuses conséquences. Et comme il avait, outre cette habileté qui faisait étinceler ses petits yeux bruns, ronds et mobiles, un don naturel de rédaction et d'expression, ses procès-verbaux ainsi que ses dépositions dans les enquêtes étaient d'une remarquable netteté. Ces qualités exceptionnelles avaient été vite appréciées et s'il l'eût voulu, Martinel eût pu, comme tant d'autres, quitter la gendarmerie pour la situation plus lucrative de commissaire de police ou de garde particulier. Mais il aimait sa profession ; de besoins modestes, sa solde lui suffisait et il eût eu le sentiment d'une déchéance si pour un peu d'argent en plus, il eût dû renoncer à endosser sa tenue et à monter à cheval.

      Fils d'un cultivateur des Ardennes, envoyé de bonne heure à l'école communale, il avait gardé, tout en apprenant à lire et à manier la plume, la passion des forêts et des bêtes. Tout le décor de nature où s'était passée son enfance, les collines couvertes de bois magnifiques, l'océan de verdure ondulant jusqu'aux lointains de l'horizon, la vaste solitude, la paix sous l'ombre des chênes puissants, toute la vie mystérieuse qui fuit sous les branches, les routes claires qui se déroulent comme des rubans gris de villages en villages, y rattachant les fermes de pierre, il y pensait souvent. Et, parmi toutes ses occupations, celle qui lui plaisait assurément le mieux, était la « correspondance ». On appelle ainsi une sorte de promenade que font périodiquement deux gendarmes désignés la veille par le chef du corps vers un endroit convenu, où ils rencontrent les envoyés d'une brigade voisine avec lesquels ils échangent des signatures. Jadis, le service put avoir sa nécessité pour la transmission de sommes d'argent, de prisonniers ou de renseignements ; actuellement, il n'est plus qu'une survivance curieuse d'un usage ancien.

      On se lève à cinq heures à la caserne, en été. Aussitôt, Marcinel partait avec le camarade qu'on lui avait choisi. Les chevaux marchaient au pas dans la fraîcheur du matin. On traversait des villages encore endormis. Les oiseaux se chamaillaient dans les buissons. En passant dans les bois, une odeur douce de terre et de verdure grisait. Les chevaux semblaient prendre, autant que leurs maîtres, part à la joie ambiante. Ils se souvenaient, avec une fidélité amusante, des incidents des promenades antérieures. On sentait à un ralentissement de leur allure, à un mouvement à demi indiqué, qu'ils reconnaissaient l'endroit où l'on s'était autrefois arrêté pour se rafraîchir, où l'on était descendu pour recevoir une plainte. Frédéric Marcinel était, pour toutes ces volontés obscures de son cheval, d'une compréhension et d'une complaisance étonnantes. Il aimait l'animal, en devinait les préoccupations confuses, était joyeux quand il pouvait lui faire plaisir. Les grands chagrins de la vie professionnelle de Marcinel avaient été la maladie et la mort de chevaux qu'il avait élevés, auxquels il avait appris le calme admirable que gardent ces nobles bêtes dans les foules?

      Depuis douze ou quinze ans, Frédéric Marcinel n'avait plus changé de résidence. Quand il fut envoyé dans la ville où se passe la suite de ce récit, il y rencontra le juge Louvrier et le hasard d'une conversation leur révéla qu'ils étaient issus de villages ardennais assez proches, et qu'ils avaient tous deux l'amour de la nature et le sentiment du respect dû à l'autorité. Cela les rapprocha d'emblée et lorsque le cours des événements judiciaires eut permis au magistrat d'apprécier les précieuses qualités du gendarme, cette bienveillance se nuança d'estime et devint insensiblement une très réelle amitié. Marcinel prit ainsi, peu à peu, une situation privilégiée. À la caserne, ses chefs, d'abord à la demande formelle du parquet ou du juge d'instruction, puis ensuite sans recommandation spéciale, lui confiaient toutes les missions délicates, lui réservaient tout ce qui était de nature à le rapprocher des magistrats. Ainsi mêlé constamment à la vie du Palais, Frédéric Marcinel en devint une des figures familières et, semblait-il, indispensables au fonctionnement normal des choses ; il était redouté des jeunes avocats, donnait, avec déférence, des conseils aux jeunes substituts embarrassés et chacun savait que la haute protection du président Louvrier lui était assurée. À la fin des audiences, on les voyait s'en aller côte à côte, commentant les incidents de la journée.

      Autant le gendarme était exceptionnel, autant le juge était banal. Le président Louvrier était un de ces exemplaires trop répandus du magistrat chez lequel l'habitude de sa fonction a étouffé peu à peu l'humanité normale. Il était assurément d'intentions droites, mais son esprit était borné et paralysé par une série d'idées toutes faites dont il ne pensait pas même à vérifier l'exactitude. Il avait assurément, dans les choses de la vie ordinaire, bon coeur ; mais il aurait cru manquer au mandat que lui avait confié le Pouvoir, en se permettant, dans les choses de la vie judiciaire, le moindre attendrissement.

      Il s'appliquait à suivre religieusement la loi, et lorsque, d'un ensemble complexe de faits, il avait pu dégager une solution manifestement absurde, contraire à toute équité, mais paraissant conforme aux textes et aux auteurs, il s'écriait triomphalement que c'était du Droit et n'hésitait pas à s'y rallier. Quand il avait accueilli une prescription invoquée par un débiteur de mauvaise foi, annulé une procédure longue et coûteuse, débouté un demandeur intéressant n'ayant pas fait toute sa preuve, il n'avait pas un instant la pensée que la loi n'exigeait pas nécessairement une telle rigueur ; il n'avait point de souci ni de remords, ne soupçonnant même pas qu'il avait pu consacrer une injustice. De même, en matière correctionnelle, les innocents lui semblaient bien invraisemblables, les témoins accusateurs lui paraissaient péremptoires et infaillibles, les témoins à décharge suspects et vaguement complices, et les agents de l'autorité ne pouvaient ni se tromper ni mentir.





      Détails de conformité du produit

      Consulter les détails de conformité de ce produit (

      Personne responsable dans l'UE

      )
      Le choixNeuf et occasion
      Minimum5% remboursés
      La sécuritéSatisfait ou remboursé
      Le service clientsÀ votre écoute
      LinkedinFacebookTwitterInstagramYoutubePinterestTiktok
      visavisa
      mastercardmastercard
      klarnaklarna
      paypalpaypal
      floafloa
      americanexpressamericanexpress
      Rakuten Logo
      • Rakuten Kobo
      • Rakuten TV
      • Rakuten Viber
      • Rakuten Viki
      • Plus de services
      • À propos de Rakuten
      Rakuten.com