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Captive et bourreau - Charles Arthur Gauvreau

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      Présentation Captive Et Bourreau de Charles Arthur Gauvreau

       - eBook

      eBook - Charles Arthur Gauvreau 04/10/2020
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Charles Arthur Gauvreau
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 04/10/2020
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230004256571



    • LE GUET-APENS.

      ¿ George est arrivé, Mélas !

      ¿ Je le sais, maman.

      ¿ Tu ne vas pas voir ton ami ?

      ¿ Peut-être. Et il remonta dans sa mansarde.

      Pauvre enfant ! soupira la mère, comme il a changé depuis longtemps. L'instruction l'aurait-il perdu à ce point d'en faire un sans coeur, un hypocrite ? Et la pauvre mère pleurait, en filant au coin de la fenêtre. Ce n'est plus le même ; le jour il s'enferme et ose à peine nous parler ; la nuit, il erre au dehors ; Plume d'aigle lui sourit sur son passage ; on dirait deux amis. Prie t-il le bon Dieu au moins ? Il ne va pas à la messe, le dimanche, que pour s'y mettre la tête dans les deux mains, quand il ne fixe pas Alexandrine, et passe ainsi le reste des offices.

      Ainsi se parlait tout bas la pauvre mère.

      Dans sa chambre, Mélas avait un combat à soutenir.

      Mon ami, lui à qui j'ai juré fidélité, se disait-il, me voila à le renier, à le maudire, à nourrir contre lui des projets sinistres ! Ô Dieu ! où en suis-je donc rendu ? J'ai donc bien dégradé dans l'échelle de la droite voix ? Pourtant, malgré cette maudite passion qui me grise au point qu'elle me rend inconscient de mes actes, il me semble que le coeur me saigne en comparant les tourments de ma vie présente aux saintes joies de la liberté et des beaux jours d'autrefois. Il y a donc deux hommes en moi ? Dieu m'est témoin que la vue d'un beau ciel étoilé, quand j'erre au sein des bois, glace sur mes lèvres pâles et agitées le blasphème que sa froideur m'arrache. Je sens qu'à ces heures de prostration morale, que je suis sans intelligence, n'ayant pour tout partage ici bas que la douleur accompagnée d'une déception continuelle qui m'a amené graduellement à l'état actuel. Quand les oiseaux chantent partout et que la mer calme et unie réfléchit l'image des cieux ; quand aux heures du matin, le laboureur entonne son chant si fier et si mâle, dont les accents se confondent avec les mille et un bruits s'échappant des bois et des champs, mon âme se serre aux souvenirs des saintes joies puisées à bonne source, dans le calme du coeur, alors que j'ignorais, au pied de l'autel, les exigences du coeur et des maladies de l'âme trop éprise, dominée par une passion indomptée et indomptable, faute d'énergie pour la combattre. George est arrivé ! mon coeur devrait battre de joie, et voilà qu'il se serre et bat à me rompre la poitrine. Lui ici, c'est la barrière infranchissable, c'est le couteau passé et retourné dans la blessure saignante ; Oh ! oui, c'est lui qui est la cause de cette douleur mortelle qui me fait croire à l'enfer même ici-bas. Et moi, j'irais encore lui tendre la main ? Il sera plus généreux que moi ; il m'aime et il viendra au devant de moi. Je ne veux pas qu'il l'emporte en générosité apparente sur moi. Je vais le voir. Et de fait, il se rendit chez George tout heureux de le revoir. Mélas en était rendu à prendre un masque ; et George qui le croyait sincère !

      Dans tout le village, il ne fut plus question que de l'arrivée de George. José Carrot, ce vieux garçon chauve et à la figure trouée par la variole, langue maudite et cerveau de jacobin, un sans culotte moderne, trouva moyen de parler à mots couverts ; mais Pierre Saint-Luc lui donna une bonne raclée, et il se tint coi dans son taudis.

      Ce fut un moment digne de remarque que celui où tout le monde put voir George à la porte de l'église, après la messe, alors qu'il reconduisait Monsieur et Mademoiselle Boildieu. Dans cinq années, livré aux travaux assez durs de la manoeuvre, George était devenu un homme. Le teint hâlé par les feux d'un soleil tropical, il avait pris un air martial qui allait bien avec ses yeux bleus et ses cheveux blonds. Cet ensemble de grâce et de fierté, de douceur et d'urbanité, en faisait un jeune homme accompli, attirant tous les regards, et ce qui est mieux toutes les sympathies des gens de coeur. Tout plaisait en lui, jusqu'à son maintien.

      George était heureux de se sentir au sein des joies de la famille. Capitaine au long cours, il avait désormais un rang marqué parmi ses compatriotes et ses co-paroissiens. Il pouvait maintenant envisager l'avenir avec confiance et espérer fonder une famille ; mais aussi quelle femme assez forte, assez énergique pour rester des mois au foyer, seule, attendant le retour du mari exposé sur la mer, à toutes les rigueurs des saisons, aux maladies contagieuses, en un mot à ces mille et un périls si fréquents sur l'Océan, cet abîme qui engloutit tant d'espoir sans jamais les rendre !

      Alexandrine l'aimait de toute son âme. Elle se donnerait toute à lui, tant elle l'aimait, tant elle lui était attachée, mais comme elle souffrait.

      Déjà George avait appris que Mélas aimait passionnément Alexandrine, et loin de s'en montrer jaloux, il fit tout en son pouvoir pour diminuer la triste passion de son malheureux ami. Il comprenait la douleur de Mélas, lui qui, au début de ses premières espérances, avait cru que Mélas l'emportait sur lui, dans le coeur d'Alexandrine. Il avait pour son compagnon d'enfance tous les ménagements possibles, et cette conduite loyale, loin de diminuer l'aigreur de Mélas, ne faisait que l'augmenter, il voyait George, son rival, non seulement l'emporter sur lui dans le coeur d'Alexandrine où il n'avait nulle place, mais encore il le voyait supérieur à lui en courage, en noblesse de caractère et en magnanimité.

      Passons sous silence les longues insomnies de Mélas, ses veilles fiévreuses où, la tête en feu, les yeux secs de larmes, le front pâle et ridé, les cheveux en désordre, il n'avait à la bouche que des paroles d'imprécations et de menaces horribles ; parfois on aurait dit que le remords qui glissait presque toujours sur son âme, comme un boulet sur une surface plane, le mordait à certaines heures, et il se prenait à regretter de s'être avancé aussi loin. Mais non, il ne pouvait reculer ; la jalousie doublée de son orgueil, l'empêchait de reculer : il ne pouvait donc que se plonger davantage dans la voie tortueuse du mal. Le remords se faisait à son âme molle et déjà entre les mains de Satan ; et la rage plus forte, réagissant sur son coeur gangrené, le rendait fou.

      Le mois de septembre était arrivé, et avec lui les oiseaux de la nouvelle couvée essayèrent leurs voix. George et Alexandrine coulaient des jours heureux, l'un auprès de l'autre. Pas de nuage dans le ciel de leurs amours, car José Carrot n'avait pas la langue assez sale pour aller inventer quoi que ce soit contre les jeunes amoureux.

      Déjà on parlait de mariage, et George, croyant faire plaisir à Mélas lui avoua que l'hiver ne se passerait peut être pas sans qu'Alexandrine n'unisse sa main à la sienne. Ce fut le coup décisif. Mélas se troubla tellement que George lui en demanda la cause. Un prétexte futile lui réussit à sortir de ce mauvais pas, car toujours il avait un masque avec son compagnon d'enfance et de collège. Néanmoins il sut comprimer sa passion fatale ; mais pas assez pour que l'oeil clairvoyant de la mère ne comprit le ravage que le démon de la jalousie avait fait dans le coeur de son enfant. Pauvre mère ! elle pria plus longtemps le soir ; ses larmes furent plus abondantes. Nouvelle Monique, elle espérait faire de son Mélas un nouvel Augustin par la conversion.

      Dix heures sont sonnées depuis longtemps. Le ciel n'a pas une étoile qui réjouisse la vue, et la lune ne se montrera que sur le matin, entre les interstices des nuages. Les bois sont réveillés par la répercussion des sourds grondements de la mer en courroux, battue comme elle l'a été pendant deux jours de vent sud ouest. On entend parfois, de loin en loin, le cri des oiseaux de nuit sous le couvert, et ce cri lugubre et déchirant fait frissonner les passants qui croient aux lutins et aux loups-garous, par cette nuit noire d'encre.





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