Le Diable au corps - Raymond Radiguet
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur Le Diable Au Corps de Raymond Radiguet - eBook
0 avis sur Le Diable Au Corps de Raymond Radiguet - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
Le Diable Au Corps: Roman
0,90 € eBook
-
Le Diable Au Corps
4,99 € eBook
-
Oeuvres Complètes
28,99 € eBook
-
Le Diable Au Corps
1 avis
0,99 € eBook
-
Le Diable Au Corps
3,99 € eBook
-
Le Bal Du Comte D'orgel
3,99 € eBook
-
Le Diable Au Corps
6,99 € eBook
-
Le Bal Du Comte D'orgel
6,99 € eBook
-
Lettres Retrouvées
14,99 € eBook
-
Les Pélican : Pièce En Deux Actes
1,70 € eBook
-
Le Bal Du Comte D'orgel
0,99 € eBook
-
Le Diable Au Corps
1,49 € eBook
-
Le Diable Au Corps
2,99 € eBook
-
Le Diable Au Corps
0,99 € eBook
-
Le Bal Du Comte D'orgel
2,99 € eBook
-
Le Diable Au Corps
0,99 € eBook
-
Le Bal Du Comte D'orgel
3,99 € eBook
-
Le Bal Du Comte D'orgel
2,49 € eBook
-
Poésies
1,99 € eBook
Produits similaires
Présentation Le Diable Au Corps de Raymond Radiguet
- eBookElle me prenait pour Jacques !
Or, si je voyais de quelle façon elle l'eût accueilli, j'apprenais du même coup qu'elle me cachait déjà quelque chose. Jacques devait donc venir dans huit jours !
J'allumai. Elle restait tournée contre le mur. Il était simple de dire : « C'est moi » et pourtant je ne le disais pas. Je l'embrassai dans le cou.
? Ta figure est toute mouillée. Essuie-toi donc.
Alors elle se retourna et poussa un cri.
D'une seconde à l'autre elle changea d'attitude et, sans prendre la peine de s'expliquer ma présence nocturne :
? Mais mon pauvre chéri, tu vas prendre mal ! Déshabille-toi vite.
Elle courut ranimer le feu dans le salon. À son retour dans la chambre, comme je ne bougeais pas, elle dit :
? Veux-tu que je t'aide ?
Moi qui redoutais par-dessus tout le moment où je devrais me déshabiller et qui en envisageais le ridicule, je bénissais la pluie grâce à quoi ce déshabillage prenait un sens maternel. Mais Marthe repartait, revenait, repartait dans la cuisine, pour voir si l'eau de mon grog était chaude. Enfin elle me trouva nu sur le lit, me cachant à moitié sous l'édredon. Elle me gronda : c'était fou de rester nu ; il fallait me frictionner à l'eau de Cologne.
Puis Marthe ouvrit une armoire et me jeta un costume de nuit. « Il devait être de ma taille. » Un costume de Jacques ! Et je pensais à l'arrivée, fort possible, de ce soldat, puisque Marthe y avait cru.
J'étais dans le lit. Marthe m'y rejoignit. Je lui demandai d'éteindre. Car, même en ses bras, je me méfiais de ma timidité. Les ténèbres me donneraient du courage. Marthe me répondit doucement :
? Non. Je veux te voir t'endormir.
À cette parole pleine de grâce, je sentis quelque gêne. J'y voyais la touchante douceur de cette femme qui risquait tout pour devenir ma maîtresse et, ne pouvant deviner ma timidité maladive, admettait que je m'endormisse auprès d'elle. Depuis quatre mois je disais l'aimer, et ne lui en donnais pas cette preuve dont les hommes sont si prodigues et qui souvent leur tient lieu d'amour. J'éteignis de force.
Je me retrouvai avec le trouble de tout à l'heure, avant d'entrer chez Marthe. Mais comme l'attente devant la porte, celle devant l'amour ne pouvait être bien longue. Du reste, mon imagination se promettait de telles voluptés qu'elle n'arrivait plus à les concevoir. Pour la première fois aussi je redoutai de ressembler au mari et de laisser à Marthe un mauvais souvenir de nos premiers moments d'amour.
Elle fut donc plus heureuse que moi. Mais la minute où nous nous désenlaçâmes, et ses yeux admirables, valaient bien mon malaise.
Son visage s'était transfiguré. Je m'étonnai même de ne pas pouvoir toucher l'auréole qui entourait vraiment sa figure, comme dans les tableaux religieux.
Soulagé de mes craintes, il m'en venait d'autres.
C'est que, comprenant enfin la puissance des gestes que ma timidité n'avait osés jusqu'alors, je tremblais que Marthe appartînt à son mari plus qu'elle ne voulait le prétendre.
Comme il m'est impossible de comprendre ce que je goûte la première fois, je devais connaître ces jouissances de l'amour chaque jour davantage.
En attendant, le faux plaisir m'apportait une vraie douleur d'homme : la jalousie.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE