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Avis sur La Princesse De Clèves de Mme de La FAYETTE - eBook
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Présentation La Princesse De Clèves de Mme de La FAYETTE
- eBookLa magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second.[1] Jamais Cour n'a eu tant de belles personnes et d'hommes admirablement bien faits, et il sembloit que la nature eût pris plaisir à placer ce qu'elle donne de plus beau dans les plus grandes princesses et dans les plus grands princes. Madame Elisabeth de France,[2] qui fut depuis reine d'Espagne, commençoit à faire paroître un esprit surprenant et cette incomparable beauté qui lui a été si funeste. Marie Stuart,[3] reine d'Écosse, qui venoit d'épouser Monsieur le Dauphin,[4] et qu'on appeloit la Reine Dauphine, étoit une personne parfaite pour l'esprit et pour le corps; elle avoit été élevée à la Cour de France; elle en avoit pris toute la politesse, et elle étoit née avec tant de dispositions pour toutes les belles choses, que, malgré sa grande jeunesse, elle les aimoit et s'y connoissoit mieux que personne. La Reine,[5] sa belle-mère, et Madame, soeur du Roi,[6] aimoient aussi les vers, la comédie et la musique. Le goût que le Roi François Ier[7] avoit eu pour la poésie et pour les lettres régnoit encore en France; et le Roi, son fils, aimant les exercices du corps, tous les plaisirs étoient à la Cour. Mais, ce qui rendoit cette Cour belle et majestueuse, étoit le nombre infini de princes et de grands seigneurs d'un mérite2 extraordinaire. Ceux que je vais nommer étoient, en des manières différentes, l'ornement et l'admiration de leur siècle.
Le Roi de Navarre[1] attiroit le respect de tout le monde par la grandeur de son rang et par celle qui paroissoit en sa personne: il excelloit dans la guerre, et le duc de Guise[2] lui donnoit une émulation qui l'avoit porté plusieurs fois à quitter sa place de général pour aller combattre auprès de lui, comme un simple soldat dans les lieux les plus périlleux. Il est vrai aussi que ce duc avoit donné des marques d'une valeur si admirable, et avoit eu de si heureux succès, qu'il n'y avoit point de grand capitaine qui ne dût le regarder avec envie. Sa valeur étoit soutenue de toutes les autres grandes qualités: il avoit un esprit vaste et profond, une âme noble et élevée, et une égale capacité pour la guerre et pour les affaires.
Le cardinal de Lorraine,[3] son frère, étoit né avec une ambition démesurée, avec un esprit vif et une éloquence admirable, et il avoit acquis une science profonde, dont il se servoit pour se rendre considérable en défendant la religion catholique, qui commençoit d'être attaquée. Le chevalier de Guise,[4] que l'on appela depuis le Grand Prieur, étoit un prince aimé de tout le monde, bien fait, plein d'esprit, plein d'adresse, et d'une valeur célèbre par toute l'Europe
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