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Paris-Éros - Martial d\u2019Estoc

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      Présentation Paris - Éros de Martial d\u2019Estoc

       - eBook

      eBook - Martial D\U2019estoc 06/04/2021
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Martial d\u2019Estoc
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 06/04/2021
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230004681939



    • PRÉFACE

      L'AMOUR ET L'ARGENT

      Amour et argent, tout est là : la loi et les prophètes. Dieu et le diable. Ce sont les ultimes percutantes de la morale humaine.

      Comme l'argent, l'amour a sa cote, ses laboratoires et ses mystères. Les deux sont en équivalence.

      Amour-sentiment, vieille lune, rêve d'adolescent qui ignore, et qui se fond, comme le mirage, en face des réalités décevantes de l'existence. Alors marchandise, il est tout à l'affiche, à la réclame.

      Comparativement à l'argent, le creuset dans lequel il se moule, l'amour a une valeur fictive et une valeur réelle ; fictive par présomption spiritualiste, réelle en son animalité. L'amour vaut par l'argent ; l'argent n'acquiert sa valeur mirageuse que par l'amour, suprême agent des industries qu'il sustente. Le Métallisme, le bronzage des coeurs et des intelligences, est la résultante de cette combinaison ; on n'est quelqu'un ou quelque chose que par l'amour ou par l'argent ; qui ne peut se recommander de l'un ou de l'autre, est un paria social, une non-valeur.

      L'amour va à l'argent, c'est logique ; pas d'argent, pas de Suisse. L'argent est le grand sympathique.

      Entendons-nous, il y a fagot et fagot ; l'amour n'est pas amourette et l'argent n'est pas la pièce de cent sous.

      Écoutons d'abord les cloches chantonneuses.

      Les amuseurs par le roman ont émis sur l'amour des fantaisies si abracadabrantes, ils ont prêté à l'argent des caractères si funambulesques, que, tenebras induco, le genre est resté à l'état de plaisanterie macabre.

      Les moralistes ¿ il y a des gens qui ont cette prétention ¿ ont fait de l'amour une chose si spirituellement bête, ils ont donné à l'argent des autres des définitions si diaboliques, pour l'amener par dérivation canonique dans leurs caisses, qu'on peut les ranger dans la vaste catégorie des fumistes dogmatiques.

      Mais voici les prophètes : les académiciens, un peu gâteux dans leur infatuation des mots. Ils sont, par présomption, la jeunesse éternelle ; ils pensent comme à vingt ans et comme il y a huit cents ans.

      On connaît leur légende, la chanson du berceau. L'amour, c'est Louison la bergère, à l'horizon borné par Blaise, Pierre, Lubin, Lucas, les coqs du village.

      C'est encore la fiancée candide, que la pudeur secoue et dont la main tremble dans celle de l'épouseur.

      Un point : c'est tout.

      On connaît la suite.

      Les escadrons de la zone galante encadrent les Louisons de toutes les bergeries premières, et la mondanité à toutes guides place à son pinacle les tendres épousées dont le front ne rougit plus et dont la main est maintenant sûre.

      Mais les académiciens ne connaissent pas ça ; la lettre en eux tue l'esprit.

      Trois fois hérétique serait celui qui leur soutiendrait que l'amour, comme l'argent, n'est qu'une compétition de sensations réfléchies qui s'exacerbent dans la jouissance et par la concurrence.

      Et cependant c'est ainsi ; les anathèmes n'ont jamais été des raisons.

      Cette thèse leur paraîtra sans doute nouvelle, différente de leurs méthodes doctrinaires, en opposition avec la scolastique dogmatique des arrondisseurs de périodes, des ciseleurs de phrases, des orfèvres académiques. C'est même évident et j'estime que ce cheveu dérange la symétrie de leur conception artistique.

      Ils sont libéraux cependant, du libéralisme du sénateur macabre en retour d'âge, qui a attaché le grelot de la chasse au vrai esthétique, menaçant du sécateur législatif ceux dont l'esprit se refuse à la castration sixtine et au rabotage monacal ; incitant, par des réquisitoires d'Escobar, les juges fossiles à torturer les textes des lois pour en extraire une quintessence juridique arbitraire ; soufflant sur les crânes doctrinalisés le vent des réactions et des apeurements séniles.

      Il est beau d'être pur ; c'est de l'extravagance de le croire, car tout est relatif : la pureté comme la pourriture, qui bien souvent s'amalgament.

      On se prétend dans un troisième siècle de lumière. Y voit-on plus clair parce qu'une chandelle, sur laquelle on place périodiquement le boisseau obscurcisseur, est allumée ?

      Qu'on compare la logomachie absolutiste des siècles, qui n'avait pas cette chandelle pour les éclairer, et celle des écoles doctrinaires à prétentions philosophiques ; la forme diffère, mais le fond est exactement le même. C'est la même équivoque dans les mots, la même préciosité, la même interprétation pharisaïque, la même ineptie de définition, le même amphigouri.

      Demandez aux sectateurs des deux écoles, ce qu'ils entendent par morale publique et vous les verrez, la figure s'enfarinant, invoquer des autorités, dont le nom même est une supposition, un argument d'avocat.

      Si nous nous adressons à l'Académie, cette accoucheuse de vieux motifs de rhétorique répondra avec son imperturbable inconscience : La morale est la science qui enseigne la règle à suivre pour faire le bien et éviter le mal.





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