La Corée avant les traités - Maurice Jametel
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Avis sur La Corée Avant Les Traités de Maurice Jametel - eBook
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Présentation La Corée Avant Les Traités de Maurice Jametel
- eBookLe mardi 15 mai¿ notre ancre, vigoureusement enlevée par l'effort des quarante hommes de notre équipage, s'arrache à regret au dolce far niente de la baie de Nagasaki. Là, en effet, notre navire ne fatiguait ses chaînes par aucun de ces bonds brusques et saccadés auxquels l'oblige trop souvent la vague capricieuse ; les collines qui nous entouraient ne laissaient passer qu'un souffle de la brise du large, à peine capable de rider la surface unie du lac que nous quittions pour aller courir des mers semées d'écueils inconnus et labourées par les typhons pendant cette saison de l'année. Enfin notre coquille de noix, quoique petite, est solide ; l'équipage, aguerri par une croisière de deux ans dans ces parages, est à toute épreuve ; et quant au commandant, son amabilité n'est rien en comparaison des qualités exceptionnelles qui en font, à la fleur de l'âge, un vieux loup de mer. Dans de semblables conditions, nous pouvons donc nous abandonner sans crainte aux hasards de la navigation. Quant à l'imprévu : naufrage, rencontre de cannibales, etc., etc., ce sont là des dangers inséparables d'un voyage, et nous ne pouvons, pour les conjurer, que répéter l'invocation des mariniers bretons, appelant sur leurs manoeuvres les bénédictions du Ciel, « à Dieu vat », en plaçant nos destinées entre les mains de la Providence.
Au moment où quatre heures sonnent au temple protestant de l'île de Décima, l'ancienne résidence des marchands hollandais au xvie siècle, notre ancre apparaît à la surface de l'eau, et nous nous dirigeons lentement, sous la double impulsion de notre hélice et de la marée descendante, vers l'entrée de la baie. À cette heure matinale, tout dort encore dans le port de Nagasaki ; le soleil, déjà levé depuis longtemps, reste encore caché par le cirque de collines qui entoure la rade ; seul un officier, qui monte son quart sur la passerelle d'un navire russe, nous salue au passage et nous souhaite bon voyage et bonne chance. Le temple de Outsougué, qui domine la ville japonaise, se perd déjà au milieu de la verdure sombre du bois de camélias qui l'entoure. Nous saluons au passage une petite île très haute, dont les rives s'élèvent à pic du côté du large ; c'est de ce promontoire que les féroces Taïcouns faisaient autrefois précipiter ceux de leurs sujets qui s'étaient laissé séduire par les dogmes consolateurs du christianisme ; là, les pauvres pêcheurs des archipels voisins venaient expier, sur cette nouvelle roche tarpéienne, leur foi dans une vie meilleure, qui devait être la récompense de leurs luttes acharnées contre un élément sans pitié ; et, au moment suprême, leur seule consolation était de pouvoir dire un dernier adieu aux rivages où ils avaient vu le jour et qu'ils apercevaient au loin, à moitié perdus dans la brume.
Bientôt nous laissons derrière nous ce lieu de supplice et ses douloureux souvenirs ; nous abandonnons l'abri des côtes, la vague se creuse, et notre demeure mobile se met à sauter de cime en cime, en faisant jaillir autour d'elle des torrents d'écume. À droite, la terre ferme de Nippon forme une ligne régulière à l'horizon ; à gauche, le groupe des Goto découpe sur le ciel bleu ses cimes boisées ; en arrière, la côte japonaise semble se fermer derrière nous ; à l'avant seul, la mer est libre, et, si nous avions les yeux d'Argus, nous pourrions déjà apercevoir bien loin les côtes de la Corée, le but de notre voyage.
L'archipel des Goto, ¿ les cinq îles, ¿ comprend, outre un grand nombre de petits îlots presque submergés à marée haute, les îles de Ouakamatsou, Nakadori, Hariouo, Oukou et Poukoni. Cette dernière, de beaucoup la plus importante, mesure environ deux lieues carrées ; elle renferme le seul port profond de l'archipel, Kéioura ; cependant les navires qui sont surpris dans ces parages, par le mauvais temps, préfèrent se réfugier dans la baie de Nagasaki, au lieu de s'engager dans un véritable labyrinthe de passes et de chenaux. Avant l'abolition de la féodalité au Japon, les Goto formaient une principauté gouvernée par un prince de ce nom ; mais, à l'heure qu'il est, ces îles ne sont plus qu'une partie d'un département dont le chef-lieu est à Nagasaki. On peut encore voir, dans l'île de Foukoué, le château-fort qui servait de résidence aux daïmios au temps de leur grandeur ; seulement, à la place des fiers guerriers qui l'habitaient alors, on voit entrer et sortir de ses portes de petits Japonais, un melon en feutre sur la tête ; leur devanture est agréablement ornée d'une grosse chaîne en simili-or, sans doute pour montrer aux Orientaux que tout n'est pas d'or dans la civilisation de l'Occident, et qui révèle, par sa présence, l'existence de cet incommode instrument qui rappelle à tout instant aux pauvres sujets du Mikado que times is money. Quelques îles des Goto renferment, dit-on, des rizières, dont la production atteindrait le chiffre de 15 000 hectolitres par an ; mais avec nos lunettes nous ne voyons que des champs de blé et d'orge dont les vagues vertes sont coupées çà et là par un cerisier tout couvert de fruits.
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