Silhouettes Canadiennes - LAURE CONAN
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Présentation Silhouettes Canadiennes de LAURE CONAN
- eBook[A] L'HABITATION ¿ frêle berceau de la Nouvelle-France ¿ la nuit avait ramené le calme.
Les grands feux de joie, allumés à l'arrivée de Champlain et des missionnaires, éclairaient encore la rive sauvage, mais les acclamations, les coups de fusil, les bruyantes allées et venues avaient cessé. Avec un bruit de chaînes, on avait relevé le pont-levis jeté sur le fossé qui entourait et protégeait les trois corps de logis.
Sur la pointe de Québec, l'on n'entendait plus que le roulis des eaux du Saint-Laurent, que les longs frémissements dont s'emplissait l'espace, quand le vent passait sur la forêt virginale, aux limites inconnues.
À l'Habitation, le silence s'était vite fait. Aucune lumière ne brillait plus aux fenêtres étroites et hautes ; mais, de l'une des cheminées, la fumée s'échappait encore et montait distincte, dans la demi-obscurité.
Malgré la fatigue du voyage, malgré l'heure avancée, Champlain ne songeait pas au repos. Trop d'espérances, trop de souvenirs peuplaient pour lui ce coin de terre ignoré.
Jusque-là, Champlain n'avait pu emmener de missionnaires. Son manque de ressources et le mauvais vouloir des compagnies l'en avaient toujours empêché. Aussi sa joie était grande d'en voir à Québec, et passionnément heureux de se retrouver à son foyer, il se plaisait à regarder le feu, en causant avec le Père Jamay, supérieur de la nouvelle mission.
Les flammes de l'âtre éclairaient souvent le crucifix, placé sur la cheminée. Par instants les grandes lueurs faisaient briller les lis d'or du drapeau pendu à la poutre. Mais les murs de la salle disparaissaient dans l'ombre avec tous les détails mesquins, et la forêt environnante projetait sur le rude foyer une étrange et poétique grandeur.
¿ Est-ce le berceau d'un peuple ? demanda tout-à-coup Champlain avec une émotion visible. Y aura-t-il sur les bords du Saint-Laurent une autre France ?
¿ En doutez-vous ? répondit le missionnaire qui leva sur lui un regard brillant.
¿ J'ai marché sur bien des feuilles mortes, dit le grand explorateur¿ sur bien des feuilles mortes¿ et sur bien des espoirs anéantis.
¿ Mais aussi, répliqua le religieux, souriant, vous avez vu des noyaux devenir des arbres, vous avez vu des espoirs réalisés.
¿ Ah ! mon Père, s'écria douloureusement Champlain, que dites-vous !¿ C'est surtout aux rêves accomplis qu'il faut mourir¿ Le 3 juillet prochain, il y aura sept ans que j'arborais ici le drapeau de la France¿ sept ans que je donnais le premier coup de hache à un noyer de la forêt, et il n'y a encore d'ensemencé que le petit jardin que vous avez vu tantôt au bord de l'eau.
Il se leva brusquement et se mit à marcher de long en large dans la salle. Par les fenêtres ouvertes, avec les grands souffles frais, des rumeurs puissantes arrivaient du fond des solitudes.
¿ Mon Père, écoutez, dit Champlain reprenant sa place, écoutez¿ c'est la respiration du désert. La Nouvelle-France n'est encore qu'une forêt. Ah ! mon Dieu ! le soir du 3 juillet 1608, les choses m'apparaissaient bien autrement¿ Ce soir-là, les beaux rêves que je fis, en regardant le feu qui flambait à travers les souches¿ Il me semblait que je sentais la terre se réjouir¿ Ce rameau de France que je venais de planter, comme je le voyais grandir ! Et ce n'est encore qu'un germe tout près de terre.
¿ Laissez faire¿ il grandira, dit fermement le religieux.
¿ Laissez faire ? Ah ! oui, il le faut bien¿ En faisant valoir les avantages de la traite avec les sauvages, j'ai réussi à former des compagnies. Mais ces marchands ne songent qu'à troquer leurs bibelots contre les belles fourrures¿ Puis je serai bientôt usé de corps et d'âme.
Sa souplesse vigoureuse, la flamme de ses yeux noirs disaient éloquemment le contraire. Mais le Récollet avait vu bien des forts tomber avant l'heure. Il fut ému et dit avec une douceur pénétrante :
¿ Monsieur, pour qui se dévoue à une grande oeuvre, il est bien dur de n'être qu'un homme. C'est sûr¿ Mais vous n'avez pas regardé à la peine¿ Vous n'avez pas eu en vue cette légère fumée qui s'appelle la gloire¿ Votre oeuvre est une oeuvre de foi¿ Tout est là. Dieu fera le reste : « J'ai planté, disait saint Paul, j'ai arrosé, mais c'est Dieu qui donnera l'accroissement. »
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