Spiridion - GEORGE SAND
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur Spiridion de GEORGE SAND - eBook
0 avis sur Spiridion de GEORGE SAND - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
Histoire De Ma Vie
15,99 € eBook
-
Écrits Politiques
8,49 € eBook
-
Un Hiver À Majorque
5,99 € eBook
-
Francia; Un Bienfait N'est Jamais Perdu
1,49 € eBook
-
Le Jardin Sans Clôture
7,49 € eBook
-
Ce Que Disent Les Fleurs
6,99 € eBook
-
François Le Champi
3,99 € eBook
-
La Fée Poussière Et Autres Contes D'une Grand-Mère
8,99 € eBook
-
Francia; Un Bienfait N'est Jamais Perdu
1,99 € eBook
-
La Reine Coax
2,99 € eBook
-
La Petite Fadette
11,99 € eBook
-
Lélia (Édition Résumée)
1,99 € eBook
-
George Sand
3,99 € eBook
-
Une Certaine Allégresse
9,99 € eBook
-
La Reine Coax
1,99 € eBook
-
La Mare Au Diable
1,99 € eBook
-
Un Hiver À Majorque
6,99 € eBook
-
La Petite Fadette
2,99 € eBook
-
À L'ombre Des Bois
3,99 € eBook
-
Gabriel
3,49 € eBook
Produits similaires
Présentation Spiridion de GEORGE SAND
- eBookLorsque j'entrai comme novice au couvent des Bénédictins, j'étais à peine âgé de seize ans. Mon caractère doux et timide sembla inspirer d'abord la confiance et l'affection ; mais je ne tardai pas à voir la bienveillance des frères se changer en froideur ; et le père trésorier, qui seul me conserva un peu d'intérêt, me prit plusieurs fois à part pour me dire tout bas que, si je ne faisais attention à moi-même, je tomberais dans la disgrâce du Prieur.
Je le pressais en vain de s'expliquer ; il mettait un doigt sur ses lèvres, et, s'éloignant d'un air mystérieux, il ajoutait pour toute réponse :
« Vous savez bien, mon cher fils, ce que je veux dire. »
Je cherchais vainement mon crime. Il m'était impossible, après le plus scrupuleux examen, de découvrir en moi des torts assez graves pour mériter une réprimande. Des semaines, des mois s'écoulèrent, et l'espèce de réprobation tacite qui pesait sur moi ne s'adoucit point. En vain je redoublais de ferveur et de zèle ; en vain je veillais à toutes mes paroles, à toutes mes pensées ; en vain j'étais le plus assidu aux offices et le plus ardent au travail ; je voyais chaque jour la solitude élargir un cercle autour de moi. Tous mes amis m'avaient quitté. Personne ne m'adressait plus la parole. Les novices les moins réguliers et les moins méritants semblaient s'arroger le droit de me mépriser. Quelques-uns même, lorsqu'ils passaient près de moi, serraient contre leur corps les plis de leur robe, comme s'ils eussent craint de toucher un lépreux. Quoique je récitasse mes leçons sans faire une seule faute, et que je fisse dans le chant de très-grands progrès, un profond silence régnait dans les salles d'étude quand ma timide voix avait cessé de résonner sous la voûte. Les docteurs et les maîtres n'avaient pas pour moi un seul regard d'encouragement, tandis que des novices nonchalants ou incapables étaient comblés d'éloges et de récompenses. Lorsque je passais devant l'abbé, il détournait la tête, comme s'il eût eu horreur de mon salut.
J'examinais tous les mouvements de mon coeur, et je m'interrogeais sévèrement pour savoir si l'orgueil blessé n'avait pas une grande part dans ma souffrance. Je pouvais du moins me rendre ce témoignage que je n'avais rien épargné pour combattre toute révolte de la vanité, et je sentais bien que mon coeur était réduit à une tristesse profonde par l'isolement où on le refoulait, par le manque d'affection, et non par le manque d'amusements et de flatteries.
Je résolus de prendre pour appui le seul religieux qui ne pût fuir mes confidences, mon confesseur. J'allai me jeter à ses pieds, je lui exposai mes douleurs, mes efforts pour mériter un sort moins rigoureux, mes combats contre l'esprit de reproche et d'amertume qui commençait à s'élever en moi. Mais quelle fut ma consternation lorsqu'il me répondit d'un ton glacial :
« Tant que vous ne m'ouvrirez pas votre coeur avec une entière sincérité et une parfaite soumission, je ne pourrai rien faire pour vous.
? Ô père Hégésippe ! lui répondis-je, vous pouvez lire la vérité au fond de mes entrailles ; car je ne vous ai jamais rien caché. »
Alors il se leva et me dit avec un accent terrible :
« Misérable pécheur ! âme basse et perverse ! vous savez bien que vous me cachez un secret formidable, et que votre conscience est un abîme d'iniquité. Mais vous ne tromperez pas l'oeil de Dieu, vous n'échapperez point à sa justice. Allez, retirez-vous de moi ; je ne veux plus entendre vos plaintes hypocrites. Jusqu'à ce que la contrition ait touché votre coeur, et que vous ayez lavé par une pénitence sincère les souillures de votre esprit, je vous défends d'approcher du tribunal de la pénitence.
? Ô mon père ! mon père ! m'écriai-je, ne me repoussez pas ainsi, ne me réduisez pas au désespoir, ne me faites pas douter de la bonté de Dieu et de la sagesse de vos jugements. Je suis innocent devant le Seigneur ; ayez pitié de mes souffrances?
? Reptile audacieux ! s'écria-t-il d'une voix tonnante, glorifie-toi de ton parjure et invoque le nom du Seigneur pour appuyer tes faux serments ; mais laisse-moi, ôte-toi de devant mes yeux, ton endurcissement me fait horreur ! »
En parlant ainsi, il dégagea sa robe que je tenais dans mes mains suppliantes. Je m'y attachai avec une sorte d'égarement ; alors il me repoussa de toute sa force, et je tombai la face contre terre. Il s'éloigna, poussant violemment derrière lui la porte de la sacristie où cette scène se passait. Je demeurai dans les ténèbres. Soit par la violence de ma chute, soit par l'excès de mon chagrin, une veine se rompit dans ma gorge, et j'eus une hémorragie. Je ne pus me relever, je me sentis défaillir rapidement, et bientôt je fus étendu sans connaissance sur le pavé baigné de mon sang.
Je ne sais combien de temps je passai ainsi. Quand je commençai à revenir à moi, je sentis une fraîcheur agréable ; une brise harmonieuse semblait se jouer autour de moi, séchait la sueur de mon front et courait dans ma chevelure, puis semblait s'éloigner avec un son vague, imperceptible, murmurer je ne sais quelles notes faibles dans les coins de la salle, et revenir sur moi comme pour me rendre des forces et m'engager à me relever.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE