La Dernière Aldini. Simon - GEORGE SAND
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur La Dernière Aldini. Simon de GEORGE SAND - eBook
0 avis sur La Dernière Aldini. Simon de GEORGE SAND - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
Francia; Un Bienfait N'est Jamais Perdu
1,49 € eBook
-
La Reine Coax
2,99 € eBook
-
La Petite Fadette
11,99 € eBook
-
Lélia (Édition Résumée)
1,99 € eBook
-
George Sand
3,99 € eBook
-
Une Certaine Allégresse
9,99 € eBook
-
La Reine Coax
1,99 € eBook
-
Un Hiver À Majorque
6,99 € eBook
-
La Mare Au Diable
1,99 € eBook
-
La Petite Fadette
2,99 € eBook
-
À L'ombre Des Bois
3,99 € eBook
-
Gabriel
3,49 € eBook
-
La Petite Fadette - Niveau 1/A1 - Lecture Cle En Français Facile - Ebook
5,99 € eBook
-
Récits Pyrénéens : Lavinia - Le Géant Yéous
7,49 € eBook
-
La Mare Au Diable
2,99 € eBook
-
Légendes Rustiques (Illustrations De Maurice Sand)
7,49 € eBook
-
Le Compagnon Du Tour De France
2,99 € eBook
-
Le Dernier Amour
2,99 € eBook
-
Les Ailes De Courage
3,49 € eBook
-
Consuelo, Tome 2 (1861)
0,90 € eBook
Produits similaires
Présentation La Dernière Aldini. Simon de GEORGE SAND
- eBookÀ cette époque-là, le signor Lélio n'était plus dans tout l'éclat de sa jeunesse ; soit qu'à force de remplir leur office généreux, ses poumons eussent pris un développement auquel avaient obéi les muscles de la poitrine, soit le grand soin que les chanteurs apportent à l'hygiène conservatrice de l'harmonieux instrument, son corps, qu'il appelait joyeusement l'étui de sa voix, avait acquis un assez raisonnable degré d'embonpoint. Cependant sa jambe avait conservé toute son élégance, et l'habitude gracieuse de tous ses gestes en faisait encore ce que sous l'Empire les femmes appelaient un beau cavalier.
Mais si Lélio pouvait encore remplir, sur les planches de la Fenice et de la Scala, l'emploi de primo uomo sans choquer ni le goût ni la vraisemblance ; si sa voix toujours admirable et son grand talent le maintenaient au premier rang des artistes italiens ; si ses abondants cheveux d'un beau gris de perle, et son grand oeil noir plein de feu, attiraient encore le regard des femmes, aussi bien dans les salons que sur la scène, Lélio n'en était pas moins un homme sage, plein de réserve et de gravité dans l'occasion. Ce qui nous semblait étrange, c'est qu'avec les agréments que le ciel lui avait départis, avec les succès brillants de son honorable carrière, il n'était point et n'avait jamais été un homme à bonnes fortunes. Il avait, disait-on, inspiré de grandes passions ; mais, soit qu'il ne les eût point partagées, soit qu'il en eût enseveli le roman dans l'oubli d'une conscience généreuse, personne ne pouvait raconter l'issue délicate de ces épisodes mystérieux. De fait, il n'avait compromis aucune femme. Les plus opulentes et les plus illustres maisons de l'Italie et de l'Allemagne l'accueillaient avec empressement ; nulle part il n'avait porté le trouble et le scandale. Partout il jouissait d'une réputation de bonté, de loyauté, de sagesse irréprochable.
Pour nous artistes, ses amis et ses compagnons, il était bien aussi le meilleur et le plus estimable des hommes. Mais cette gaieté sereine, cette grâce bienveillante qu'il portait dans le commerce du monde, ne nous cachaient pas absolument un fond de mélancolie et l'habitude d'un chagrin secret. Un soir, après souper, comme nous fumions le serraglio sous nos treilles embaumées de Sainte-Marguerite, l'abbé Panorio nous parlait de lui-même, et nous disait les poétiques élans et les combats héroïques de son propre coeur avec une candeur respectable et touchante. Lélio, gagné par cet exemple et partageant notre effusion, pressé aussi un peu par les questions de l'abbé et les regards de Beppa, nous confessa enfin que l'art n'était pas la seule noble passion qu'il eût connue.
¿ Ed io anche ! s'écria-t-il avec un soupir ; et moi aussi j'ai aimé, j'ai combattu, j'ai triomphé !
¿ Avais-tu donc fait voeu de chasteté comme lui ? dit Beppa en souriant et en touchant le bras de l'abbé au bout de son éventail noir.
¿ Je n'ai jamais fait aucun voeu, répondit Lélio ; mais j'ai toujours été impérieusement commandé par le sentiment naturel de la justice et de la vérité. Je n'ai jamais compris qu'on pût être vraiment heureux un seul jour en risquant toute la destinée d'autrui. Je vous raconterai, si vous le voulez, deux époques de ma vie où l'amour a joué le principal rôle, et vous comprendrez qu'il a pu m'en coûter un peu d'être, je ne dis pas un héros, mais un homme.
¿ Voilà un début bien grave, dit Beppa, et je crains que ton récit ne ressemble à une sonate française. Il te faut une introduction musicale, attends ! Est-ce là le ton qui te convient ?
En même temps, elle tira de son luth quelques accords solennels, et joua les premières mesures d'un andante maestoso de Düsseck.
¿ Ce n'est pas cela, reprit Lélio en étouffant le son des cordes avec le manche de l'éventail de Beppa. Joue-moi plutôt une de ces valses allemandes, où la Joie et la Douleur, voluptueusement embrassées, semblent tourner doucement et montrer tour à tour une face pâle baignée de larmes et un front rayonnant couronné de fleurs.
¿ Fort bien ! dit Beppa. Pendant ce temps Cupidon joue de la pochette, et marque la mesure à faux, ni plus ni moins qu'un maître de ballet ; la
Joie, impatientée, frappe du pied pour exciter le fade musicien qui gêne son élan impétueux. La Douleur, exténuée de fatigue, tourne ses yeux humides vers l'impitoyable racleur pour l'engager à ralentir cette rotation obstinée, et l'auditoire, ne sachant s'il doit rire ou pleurer, prend le parti de s'endormir.
Et Beppa se mit à jouer la ritournelle d'une valse sentimentale, ralentissant et pressant chaque mesure alternativement, conformant avec rapidité l'expression de sa charmante figure, tantôt sémillante de joie, tantôt lugubre de tristesse, à ce mode ironique, et portant dans cette raillerie musicale toute l'énergie de son patriotisme artistique.
¿ Vous êtes une femme bornée ! lui dit Lélio en passant ses ongles sur les cordes dont la vibration expira en un cri aigre et déchirant.
¿ Point d'orgue germanique ! s'écria la belle Vénitienne en éclatant de rire et en lui abandonnant la guitare.
¿ L'artiste, reprit Lélio, a pour patrie le monde entier, la grande Bohême, comme nous disons.
Per Dio ! faisons la guerre au despotisme autrichien, mais respectons la valse allemande ! la valse de Weber, ô mes amis ! la valse de Beethoven et de Schubert ! Oh ! écoutez, écoutez ce poème, ce drame, cette scène de désespoir, de passion et de joie délirante !
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE