Les Sept Pendus - LEONID ANDREÏEV
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Présentation Les Sept Pendus de LEONID ANDREÏEV
- eBookLes prévisions de la police se réalisèrent. Quatre terroristes, trois hommes et une femme, porteurs de bombes, de revolvers et de machines infernales, furent pris devant le perron de la résidence ; on arrêta un cinquième complice à son domicile, où les engins avaient été fabriqués et le complot tramé. On trouva la une grande quantité de dynamite, d'armes. Ils étaient tous très jeunes ; l'aîné des hommes avait vingt-sept ans, la plus jeune des femmes dix-neuf. On les jugea dans la forteresse où ils avaient été emprisonnés après leur arrestation ; on les jugea rapidement, à huis clos, comme on le faisait à cette époque impitoyable.
Devant le tribunal, tous les cinq furent paisibles, mais sérieux et pensifs : leur mépris pour les juges était si grand qu'ils ne voulurent pas souligner leur hardiesse par un sourire inutile ou une gaîté feinte. Ils furent juste assez tranquilles pour protéger leur âme et sa grande ombre d'agonie contre les regards étrangers et malveillants. Parfois ils refusaient de répondre aux questions, parfois ils répondaient simplement, brièvement, nettement, comme s'ils eussent parlé à des statisticiens désireux de compléter des tableaux de chiffres et non pas à des juges. Trois d'entre eux, une femme et deux hommes, donnèrent leur véritable nom ; les deux autres refusèrent de faire connaître leur identité. Ils manifestèrent pour tout ce qui se passa cette curiosité lointaine et atténuée propre aux gens gravement malades ou possédés par une seule idée toute-puissante. Ils jetaient des coups d'oeil rapides, saisissaient au vol une parole intéressante et se remettaient à penser, en reprenant à l'endroit même où la pensée s'était arrêtée.
L'accusé placé le plus près des juges avait déclaré se nommer Serge Golovine, ancien officier, fils d'un colonel en retraite. Il était tout jeune, large d'épaules, et si robuste que ni la prison ni l'attente de la mort certaine n'avaient pu ternir la coloration de ses joues, et altérer l'expression de naïveté heureuse de ses yeux bleus. Tant que durèrent les débats, il tourmenta sa barbe blonde embroussaillée, dont il n'avait pas encore l'habitude, et regarda fixement la fenêtre, en fronçant les paupières.
On était à la fin de l'hiver, à l'époque où, parmi des tourmentes de neige et des journées de froid morne, le printemps proche envoie parfois, en précurseur, un jour lumineux et tiède, ou même une seule heure, mais si passionnément jeune et étincelante que les moineaux de la rue deviennent fous de joie et que les hommes semblent enivrés. À travers la fenêtre d'en haut, sale encore de la poussière de l'été précédent, on voyait un ciel très bizarre et très beau : au premier coup d'oeil, il semblait d'un gris laiteux et trouble ; puis, à le regarder mieux, il apparaissait avec des taches d'azur d'un bleu de plus en plus profond, pur et infini. Et parce qu'il ne se dévoilait pas brusquement, mais se drapait pudiquement dans le voile transparent des nuages, il devenait cher, telle une fiancée. Serge Golovine regardait le ciel, tiraillait sa moustache, clignait tantôt l'un, tantôt l'autre de ses yeux aux longs cils touffus et réfléchissait profondément on ne sait à quoi. Une fois même, il agita vivement ses doigts ; une expression de joie naïve parut sur son visage ; mais il regarda autour de lui et sa joie s'éteignit comme un tison sur lequel on a posé le pied. Presque instantanément, presque sans transition, la rougeur des joues fit place à une blancheur cadavérique ; un fin cheveu arraché avec douleur fut serré comme dans un étau par les doigts aux extrémités exsangues. Mais la joie de la vie et du printemps était encore plus forte. Quelques minutes plus tard, le jeune visage avait repris son expression naïve et se tournait vers le ciel printanier.
C'est vers le ciel aussi que regardait une jeune fille inconnue, surnommée Moussia. Elle était plus jeune que Golovine, mais semblait être son aînée par sa gravité, le sérieux de ses yeux loyaux et fiers. Seuls, le cou délicat et les bras minces décelaient ce quelque chose d'insaisissable, qui est la jeunesse elle-même et qui résonnait si distinctement dans sa voix pure, harmonieuse, pareille à un instrument de prix et d'un accord parfait dans chaque mot. Moussia était très pâle, de cette blancheur passionnée, particulière à ceux qui brûlent d'un feu intérieur, radieux et puissant. Elle ne remuait presque pas ; de temps à autre seulement, d'un geste à peine visible, elle tâtait, au troisième doigt de la main droite, une trace profonde, la trace d'une bague récemment enlevée. Elle regardait le ciel avec calme et indifférence, simplement parce que tout, dans cette salle banale et malpropre, lui était hostile et semblait scruter son regard. Ce coin de ciel bleu était la seule chose pure et vraie qu'elle pût regarder avec confiance.
Les juges avaient pitié de Serge Golovine et haïssaient Moussia.
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