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À force d'aimer - Daniel Lesueur

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      Présentation À Force D'aimer de Daniel Lesueur

       - eBook

      eBook - Daniel Lesueur 05/03/2021
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Daniel Lesueur
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 05/03/2021
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230004604419



    • COMMENT peindre l'atroce fièvre morale qui dévora Hélène durant cette longue nuit ? Son angoisse, aiguë comme la pire douleur physique, lui arrachait parfois des cris, qu'elle étouffait dans son oreiller. Elle se sentait devenir folle à la pensée de perdre Horace. L'amour qu'elle avait pour cet homme la possédait avec une force de fatalité dont jusqu'alors elle ne s'était pas rendu compte. Maintenant il n'était plus question de lutte entre sa dignité et sa passion. Si la scène d'hier avait rendu le mariage impossible, elle se donnerait à lui quand même, pourvu qu'il voulût d'elle. Mais ne s'était-il pas repris complètement en se croyant trompé ?¿ Son caractère fier et soupçonneux tolérerait-il encore en lui-même un amour si fécond en humiliations et en blessures ?¿ Qu'avait-il dû éprouver lorsqu'il avait entendu René appeler M. Vallery son père ?¿ Ah ! mieux eût valu dès le commencement tout lui dire, et lui raconter la soirée du boulevard de Courcelles !¿ À quelles suppositions, à présent, ne laissait-il pas se déchirer jusqu'au dernier lambeau la confiance et la tendresse qu'elle avait eu tant de peine à lui inspirer ?

      Quand le jour se leva ¿ le jour matinal d'été ¿ la résolution d'Hélène était prise. Dès qu'elle oserait sortir sans trop attirer l'attention, elle irait chez Horace. Elle irait¿ oui¿ tout droit, dans ce logis de garçon où elle n'avait jamais mis les pieds. Elle irait, malgré l'énormité de cette démarche dans une ville de province, où les yeux et les langues n'ignoreraient pas sa visite. Mais quoi¿ Pouvait-elle faire autrement ? Une puissance supérieure à sa volonté, à sa pudeur, la poussait là. Il fallait qu'elle vît le jeune homme, qu'elle lui adressât les phrases dont son coeur débordait, que ses lèvres, déjà, prononçaient presque tout haut. Elle aurait couru vers lui devant tout Clermont rassemblé, sans souci des conséquences. Car elle en était à ce moment où l'impulsion d'un sentiment chez un être se substitue à tous les mobiles d'action et l'entraîne, comme la force aveugle de la gravitation entraîne les corps inertes.

      Ce qu'elle dirait à Horace ?¿ Oh ! elle le savait bien. Et cela sortait si violemment de son âme sincère, qu'elle se sentait sûre de le convaincre. Elle commencerait par lui rendre la parole qu'il lui avait donnée. Puis lorsque cet héroïque renoncement au mariage aurait garanti la véracité de ses explications, le désintéressement de son amour, elle lui raconterait ses deux dernières entrevues avec M. Vallery : celle de Paris, où René avait appris le secret de sa naissance, et celle d'hier soir. Horace la croirait. C'était impossible autrement. Il lui ouvrirait les bras. Et alors¿ Ah ! qu'il la prenne donc¿ qu'il la prenne corps et âme¿ Y avait-il rien autre dans l'univers que son étreinte ?¿ Sa femme ou sa maîtresse, qu'importe ! N'était elle pas déjà sa chose ?¿

      Il était à peine sept heures quand Hélène se disposa à partir. Les élèves arrivaient à neuf heures. Elle aurait le temps d'être de retour. Et, déjà tant soit peu guérie par la détermination et l'action, elle songea presque en se réjouissant à cette ouverture de sa classe, qu'elle ferait dans l'apaisement, dans la délivrance de son intolérable anxiété.

      Dehors, sous un soleil encore indécis, le jardinet arrondissait sa pelouse poudrée de rosée entre des touffes de géraniums écarlates. Sous le berceau, le banc désert où ils avaient causé la veille semblait se souvenir, dans le recueillement d'une ombre bleue et fraîche. Parmi le gravier, des moineaux s'ébattaient et piaillaient, là où, quelques heures auparavant, s'étaient rencontrés les pas des deux hommes¿

      Hélène parcourut légèrement l'étroite allée circulaire. Elle approcha de la grille, mit la main sur le bouton intérieur. Mais, comme elle allait sortir, un carré blanc, sous le verre de la boîte aux lettres, accrocha son regard.

      Elle sentit comme un choc violent au milieu de la poitrine. Ce papier, dans son inertie de chose fatale, avait un aspect menaçant. Ce n'était pas une lettre venue par la poste : le facteur n'avait pas encore passé. Et hier il n'y avait rien à la dernière distribution. On l'avait donc apportée durant la nuit¿

      Mlle Marinval ouvrit la boîte, prit l'enveloppe, et reconnut l'écriture d'Horace.

      Un tremblement la saisit. Elle eut envie de se jeter à genoux, de crier « grâce ! » au Destin. Tout son pauvre être se convulsait, pressentant l'approche d'une affreuse douleur.

      « Mais quoi ! » se dit-elle, « je suis folle. Que peut-il me dire de si terrible ?¿ Qu'il renonce au mariage ?¿ Eh bien, puisque je voulais lui rendre sa parole¿ »

      Elle se réfugia sous le bosquet, s'assit sur le banc. Et, malgré les raisons invoquées pour se rassurer elle n'osait rompre l'enveloppe.

      Il fallut bien l'ouvrir pourtant. Elle vit quelques lignes très courtes, penchées de gauche à droite, ¿ suivant cette inclinaison qui fait discerner aux graphologues un caractère mélancolique, ombrageux. Elle les eut vite parcourues, ces lignes tombantes. Horace disait :

      « Chère Madame,

      « Vous devez vous applaudir d'avoir si bien ménagé deux situations. Vous étiez sûre ainsi d'en garder au moins une. Un coeur moins habile que le vôtre les eût peut-être perdues toutes les deux. Je suis heureux pour vous qu'il n'en ait rien été ¿ et plus heureux encore si mon attitude auprès de vous, en excitant à propos certains regrets, a déterminé le retour de celui à qui vous attachent les liens les plus forts qui puissent enchaîner un coeur de femme.

      « Maintenant que je ne puis plus vous servir, vous trouverez bon que je m'éloigne pour m'occuper de ma propre carrière. Je pars pour Paris, ce matin, à six heures. Peut-être obtiendrai-je encore la chaire de professeur que j'ai eu l'imprudence de refuser.

      « Je n'ai pas besoin de vous souhaiter le bonheur. Vous le trouverez sans peine dans cette vie de famille pour laquelle vous êtes si bien faite.

      « HORACE FORTIER. »

      Immobile sur le banc, pâle de la pâleur de l'agonie, Hélène lisait et relisait cette lettre.





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