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Une gommeuse - Camille Périer (Mme Bentégeat)

  • Collection: Oeuvres de Camille Périer (Mme Bentégeat)
  • Format eBook: Epub2
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      Présentation Une Gommeuse de Camille Périer (Mme Bentégeat)

       - eBook

      eBook - Camille Périer (Mme Bentégeat) 09/07/2018
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Camille Périer (Mme Bentégeat)
    • Editeur : E. Dentu (Paris) 1873
    • Collection : Oeuvres de Camille Périer (Mme Bentégeat)
    • Langue : Français
    • Parution : 09/07/2018
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230002418414



    • Extrait: L'homme sur un lit râlait, moitié nu, les pieds raidis, les mains crispées sur des draps tachés de sang. Ce sang sortait comme une écume rouge de ses lèvres tordues ; sa face convulsive était pâle de la dernière pâleur. Les femmes, il y en avait deux, l'une belle, l'autre jolie ; l'une près de lui, l'autre dans une chambre voisine, bouleversaient l'appartement. Le désordre y régnait, désordre des riches surpris par les terreurs de la mort.
      Elle était là, l'impitoyable égalitaire, promenant son squelette sur la soie, les dentelles, les diamants, l'or épars. Elle frappait coup sur coup, elle étreignait sa victime.
      La victime était un beau jeune homme, un heureux, un coeur honnête, un de ces riches qui ne sont jamais riches pour eux. Elle n'avait pas regardé à cela, elle fauchait. Et, chose atroce, près du mourant, les deux femmes affolées ne songeaient pas à lui !
      La plus belle, sa femme, qui, la veille encore, cherchait l'amour dans son regard, cherchait maintenant, avec rage, le testament par lequel il l'instituait son unique héritière, héritière de deux millions.
      Elle cherchait vite, car le temps lui manquait ; car cette femme si belle ne pouvait rester pauvre. A ses pieds mignons il fallait les tapis sur lesquels le bruit des pas s'éteint ; à son front superbe le diadème de pierres précieuses ; à sa bouche rose le sourire éternel. Mais à sa main fine, délicate, qui fouillait en ce moment un meuble ouvert, avec les ongles crochus de la sorcière, que fallait-il ? De l'or, toujours de l'or !
      Cette scène était éclairée par le soleil rouge des premières heures du soir, en été.
      D'une fenêtre ouverte, on le voyait descendre sur l'Océan et plonger ses rayons dans les vagues vertes. L'air frais, l'air salin, la vie, entraient par cette fenêtre. L'homme râlait toujours.
      Il y avait un mois à peine, il était arrivé à Trouville avec. sa jeune femme qui voulait l'obliger, disait-elle ; à soigner sa santé mauvaise depuis longtemps. Il paraissait encore assez fort à ce moment-là, et il n'avait cessé pendant trois semaines de se montrer avec elle et de faire chaque jour de longues promenades sur la plage.
      Puis, tout à coup, un soir, il était rentré frissonnant pour se mettre au lit-dans un de ces modestes appartements dont on se contente aux bords de la mer.
      Et trois jours après, le monde élégant de Trouville répétait, comme une nouvelle de la dernière fraicheur :
      ¿ Une superbe jeune femme, un joli ménage, M. et madame Thérion, ne les avez-vous pas remarqués ? Eh bien ! le mari se meurt ; on le dit millionnaire.





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