Drames de famille - PAUL BOURGET
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Présentation Drames De Famille de PAUL BOURGET
- eBookQuand on écrira une histoire des idées en France au dix-neuvième siècle, une des périodes les plus difficiles à bien caractériser sera celle de la génération d'après la guerre de 1870. Jamais en effet influences plus contradictoires ne se trouvèrent jouer à la fois sur la direction des esprits. Les jeunes gens qui entraient dans la vie à cette date rencontraient, chez leurs aînés immédiats, l'ensemble des conceptions philosophiques élaborées sous le second empire. M. Taine et M. Renan étaient les deux plus illustres représentants de ces doctrines. Ce n'est pas ici le lieu d'en reprendre le détail. Il suffît de rappeler que la foi absolue à la Science en faisait comme la base, et que le dogme de la nécessité circulait d'un bout à l'autre de l'oeuvre de ces maîtres, en formules, chez le premier plus âprement nettes, chez le second plus subtilement déguisées. Qu'ils le voulussent ou non, leur enseignement aboutissait au plus entier fatalisme. L'historien de la Littérature Anglaise nous apprenait à considérer toute civilisation comme le produit de la race, du milieu et du moment, tandis que l'auteur de la Vie de Jésus nous montrait l'évolution de la pensée religieuse à travers les âges comme dominée par des lois naturelles, aussi fixes que celles qui gouvernent le développement d'une espèce animale ou végétale. De telles hypothèses peuvent se concilier, chez des hommes faits, avec les scrupules de la moralité et les énergies de l'action. Pour des jeunes gens, elles ne dégageaient qu'un principe de négation et de pessimisme, et cela, précisément à l'heure où les désastres de la guerre et de la Commune venaient de frapper si durement la patrie et d'imposer à nos consciences l'évidence du devoir social, l'obligation de l'effort utile et direct. L'antithèse était trop aiguë entre les théories professées par nos maîtres les plus admirés, les plus aimés, et les besoins d'action que l'infortune du pays, nous mettait, malgré nous, au coeur. Cette antithèse, un au moins des deux grands écrivains que je nommais tout à l'heure l'a certainement sentie lui-même. Si M. Taine n'avait pas redouté l'influence paralysante de son oeuvre, aurait-il voué son âge mûr aux énormes travaux d'histoire contemporaine qui font de son dernier et magnifique livre le bréviaire politique de tout bon Français ? Il lui a fallu un opiniâtre labeur d'un quart de siècle pour opérer une réconciliation entre la Croyance et la Science, entre la morale civique et la psychologie, entre les constructions de sa philosophie et les réalités nationales. Un tel problème n'était pas à la portée de nos vingt ans. Nous voyions, d'un côté, la France atteinte profondément. Nous sentions la responsabilité qui nous incombait dans sa déchéance ou son relèvement prochains. Sous l'impression de cette crise, nous voulions agir. De l'autre côté, une doctrine désespérante, imprégnée du déterminisme le plus nihiliste, nous décourageait par avance. Le divorce était complet entre notre intelligence et notre sensibilité. La plupart d'entre nous, s'ils veulent bien revenir en arrière, reconnaîtront que l'oeuvre de leur jeunesse fut de réduire une contradiction dont quelques-uns souffrent encore, quoique la vie ait exercé sur eux aussi son inévitable discipline, qui consiste à nous faire accepter de telles antithèses comme la condition naturelle des âmes modernes. Elles sont composées d'éléments trop disparates pour jamais se simplifier entièrement.
Etrange jeunesse, et dont les plus vifs plaisirs étaient des discussions d'idées abstraites ! Sur le point d'en rapporter un épisode, il m'a semblé qu'il fallait lui donner sa tonalité morale par ce rappel des conditions d'anxiété intellectuelle où nous grandissions. Le drame de famille que je veux conter ne serait par lui-même qu'un fait divers, peut-être un peu moins banal que beaucoup de faits divers. Mais celui de mes amis qui en fut le héros et la victime avait à un très haut degré ce caractère commun à notre génération : les problèmes de son existence quotidienne se transformaient aussitôt en problèmes de pensée, et ce fait divers devint pour lui une crise de responsabilité vraiment tragique. A-t-il regardé d'un regard très lucide la situation où il se trouva pris ? A-t-il donné à des événements, par eux-mêmes douloureusement singuliers, une signification par trop arbitraire, et résolu dans le sens d'un scrupule excessif une difficulté d'ailleurs bien cruelle ? Pour moi, qui fus un témoin troublé de cette aventure, j'ai traversé à l'égard de mon ami et du parti où il s'est rangé deux états successifs et très différents. A l'époque où les événements dont je vais faire le récit se déroulaient, j'avais adopté comme un indiscutable axiome qu'il n'y a pas dans la nature trace de volonté particulière. Je ne croyais donc en aucune manière à cette logique secrète du sort que les chrétiens appellent la Providence et que les positivistes définissent par la formule, non moins obscure, de justice immanente. La tragédie où mon ami crut voir la révélation d'une force vengeresse, toujours prête à atteindre le criminel dans les conséquences imprévues de son crime, m'apparut comme un des innombrables jeux du hasard. Aujourd'hui l'expérience m'a trop souvent montré combien est exact le « Tout se paie, » de Napoléon à Sainte-Hélène, par quels détours le châtiment poursuit et rejoint la faute, et que le hasard n'est le plus souvent qu'une forme inattendue de l'expiation. J'incline donc à croire avec Eugène Corbières, ¿ c'était le nom de mon camarade, ¿ que le drame auquel ces trop longues réflexions servent de prologue, fut véritablement une de ces échéances auxquelles croyait l'Empereur. Celle-ci fut humble et secrète. Il en est d'éclatantes et de retentissantes. Peut-être l'esprit d'équité qui gouverne les choses humaines apparaît-il comme plus redoutable dans ses plus obscures exécutions.
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