Le nouveau Paris - Louis-Sébastien Mercier
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Présentation Le Nouveau Paris de Louis - Sébastien Mercier
- eBookFURIES DE GUILLOTINE
Femelles des hommes des 2 et 3 septembre elles ne désemparaient pas les tribunes lors des deux sanglants comités ; elles environnaient les échafauds ; elles vociféraient dans les groupes ; elles retroussaient leurs manches le 4 prairial pour assassiner les conventionnels. C'était là le bataillon sacré de Philippe d'Orléans.
Tandis que les Directeurs passaient en carrosse sur le quai du Louvre, pour se rendre à l'Institut national, des Furies de Guillotine hurlaient toutes les imprécations de l'enfer contre eux et contre la constitution de 95. On regrettait hautement Robespierre et Dumas. Un honnête homme, effrayé de ces hurlements, arrêta un journaliste patriote, et le forçant de venir les entendre avec lui, afin qu'il ne pût en douter, lui dit ensuite : Eh bien ! vous ne tremblez pas ?¿ Le journaliste répondit : Je crains encore plus un roi que cette canaille.
MASSACRES DE SEPTEMBRE
Les générations futures se refuseront à croire que ces forfaits exécrables ont pu avoir lieu chez un peuple civilisé, en présence du corps législatif, sous les yeux et par la volonté des dépositaires des lois, dans une ville peuplée de huit cent mille habitants, restés immobiles et frappés de stupeur, à l'aspect d'une poignée de scélérats soudoyés pour commettre des crimes.
Le nombre des assassins n'excédait pas trois cents ; encore faut-il y comprendre les quidams, qui, dans l'intérieur du guichet, s'étaient constitués les juges des détenus.
En établissant une chaîne de faits, il ne faudra point une pénétration surnaturelle pour se convaincre que ces massacres sont l'ouvrage de cette faction dévorante, qui est parvenue à la domination par le vol et l'assassinat.
Quelle que soit l'horreur que m'inspirent ces journées de sang et d'opprobre[1], je les rappellerai sans cesse aux Parisiens jusqu'à ce qu'ils aient eu le courage d'en demander vengeance.
La situation de la ville paraissant exiger une surveillance plus active et plus étendue ; le conseil général de la commune créa un comité de douze commissaires.
Les partisans des massacres ne diront pas, sans doute, que les diamants et les bijoux, etc. des personnes arrêtées étaient suspects. Cependant, on s'emparait avec soin des personnes et des choses. Ce seul fait suffit, ce me semble, pour donner la clef des massacres. Quand on demande aux anarchistes pourquoi le comité de surveillance faisait enlever les propriétés avec les personnes, ils ne savent que répondre.
Les dépôts faits au comité de surveillance provenaient d'effets enlevés aux Tuileries et chez les personnes arrêtées, telles que Laporte[2], ainsi que beaucoup d'autres qui avaient abandonné leurs maisons et leurs richesses à l'époque des visites domiciliaires, qui ont précédé les massacres.
Les magasins des dépôts étaient les salles mêmes des bureaux du comité de surveillance, c'était notoirement dans ce bureau où étaient déposés les malles, boîtes, cartons, etc., etc. Il y avait en outre dans cette salle une ou deux grandes armoires qui étaient remplies d'objets peu dignes de l'attention des hommes de proie, tels que pistolets, sabres, fusils, cannes à sabres, etc.
Ce fut dans cette caverne que furent préparés les massacres de Septembre, ce fut dans cet abominable repaire que fut prononcé l'arrêt de mort de huit mille Français, détenus la plupart sans aucun motif légitime, sans dénonciation, sans aucune trace de délit, uniquement par la volonté et l'arbitraire des voleurs du comité de surveillance.
Quelques jours avant les massacres, des membres du comité, effrayés de cette violation des principes, touchés du spectacle affreux d'une multitude de citoyens enfermés à la Mairie, qui réclamaient contre leur arrestation, et demandaient à grands cris qu'on leur en fît connaître les motifs, ces commissaires, dis-je, voulurent consacrer le jour et la nuit à les interroger, pour remettre en liberté ceux qui étaient détenus sans grief, et envoyer en prison ceux qui étaient dans le cas d'être traduits devant les tribunaux.
Le 2 septembre, on apprend que la ville de Verdun est prise par les Prussiens qui, ajoutent les colporteurs de cette nouvelle, s'y sont introduits, par la trahison des Verdunois, après une résistance simulée de leur part ; aussitôt on tire le canon d'alarme, la générale bat et le tocsin sonne. Des municipaux à cheval courent sur les places publiques, confirment cette nouvelle, font des proclamations, pour exciter les citoyens à marcher contre l'ennemi.
Au premier coup du tocsin, chacun se demandait avec raison pourquoi au moindre danger on se complaisait à jeter ainsi l'alarme dans Paris, et à frapper de terreur tous ses habitants, loin d'entretenir dans leur âme cette mâle énergie, qui convient à des guerriers et assure le gain des batailles ; n'était-ce pas en effet un moyen puissant d'énerver leur courage ? Mais ceux qui ne connaissaient pas le secret des conjurés, furent bientôt instruits par leur propre expérience. Oh, jour de deuil et d'opprobre ! C'était à ce signal que devaient se réunir les assassins qui se portèrent aux prisons ; c'était le prélude du plus affreux carnage.
Les brigands, distribués par bandes, se portent aux prisons ; aux unes ils fracturent les portes, aux autres ils se font livrer les geôliers et s'emparent des victimes, que le comité de surveillance y avait amoncelées pendant quinze jours.
Ces assassins armés de sabres et d'instruments meurtriers, les bras retroussés jusqu'aux coudes, ayant à la main des listes de proscription dressées quelques jours auparavant, appelaient nominativement chaque prisonnier.
Des membres du conseil général, revêtus de l'écharpe tricolore, et d'autres particuliers s'établissaient au guichet dans l'intérieur de la prison ; là, était une table couverte de bouteilles et de verres ; autour, étaient groupés les prétendus juges et quelques-uns des exécuteurs de leurs sentences de mort. Au milieu de la table était déposé le registre d'écrou.
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