Nora l'énigmatique - Pierre Hartex
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Avis sur Nora L'énigmatique de Pierre Hartex - eBook
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Présentation Nora L'énigmatique de Pierre Hartex
- eBookDepuis un couple de jours, Édouard Lanieu était d'une humeur massacrante. Ses camarades avaient beau essayer de l'entraîner dans une de ces réunions dont il était habituellement le boute-en-train, ils n'obtenaient de lui que rebuffades. Ils n'y comprenaient rien.
Son grand ami, Joseph Larivier, finissait par s'en offusquer.
¿ Vas-tu me dire, enfin, s'écriait-il, quelle mouche t'a piqué ? On dirait que tu portes le diable en terre. T'as la face longue comme d'ici à demain.
À quoi Édouard répliquait :
¿ Je n'ai rien et laissez-moi tranquille, vous autres. J'en ai assez de faire le fou.
Mais Jos revenait à la charge, chagrin de voir son copain gâter de belles journées.
¿ Écoute, j'te comprends pas. On est bien, par ici. On a un moment de bon temps qui a l'air de vouloir se prolonger, parce que les grands patrons, ma bonne foi¿ on dirait qu'ils nous oublient. Profites-en !
II
L'humeur d'Édouard était, en effet, d'autant moins compréhensible que le sort lui souriait.
Arrivé en Italie avec son régiment, encore simple soldat, il avait été soudain l'objet d'avancements rapides, tandis qu'il n'arrivait pas à décrocher un galon en Angleterre, pendant les longs mois de l'instruction militaire. À peine les délais réglementaires s'étaient-ils écoulés qu'il passait caporal, puis sergent.
Ce n'était pas tout. Attachée à la huitième Armée britannique, ¿ qui poursuivait sa marche victorieuse depuis El Alamein, en passant par les colonies italiennes d'Afrique et la Tunisie, ¿ l'unité d'Édouard avait participé aux durs combats du sud de l'Italie et suivait la glorieuse armée façonnée par Montgomery qui, après Tunis et le Cap Bon, avait traversé la Sicile, la Calabre, Naples. Les Canadiens s'étaient bien battus.
Surtout pour prendre le petit village de Gerardino, où se trouvent maintenant Édouard et ses compagnons, sur la route de Cassino et, plus loin, Rome.
Les Allemands, depuis l'armistice signé par le maréchal Badoglio, luttaient avec férocité, mais les nôtres y mettaient encore plus d'ardeur, convaincus de la grandeur de leur cause.
On le voyait bien, aux promotions et décorations qui pleuvaient. Un Canadien-Français, le major Paul Triquet, n'avait-il pas même obtenu la plus belle décoration militaire qui soit, c'est-à-dire la Croix de Victoria, cette Victoria Cross coulée dans le bronze des canons pris à Sébastopol, au cours de la vieille guerre de Crimée ?
Mais, et c'est ce qui aurait dû réjouir Édouard¿ ce qui, en vérité, l'avait plongé dans la joie, avant les derniers incidents¿ la compagnie avait été priée de laisser des hommes à Gerardino. Non pas qu'on craignit des ennuis dans ce coin : il fallait du monde pour aider au ravitaillement, accomplir mille besognes pressantes. Édouard Lanieu était du nombre de ces veinards, qui se reposaient pendant quelque temps des engagements incessants et qui, malgré un travail assez absorbant, goûtaient un peu aux douceurs de la vie civile. On a beau aimer à se battre, on ne déteste de dételer par ci par là¿
Les Italiens du crû délivrés non seulement de la présence des Allemands mais aussi du rude régime fasciste qui pesait sur eux depuis une vingtaine d'années, avaient manifesté, à l'arrivée des vainqueurs, une joie débordante. Avec toute l'exubérance de leur nature expansive, ils avaient prodigué aux Canadiens, outre les marques d'une bienvenue indubitable, toutes les gâteries matérielles dont ils étaient capables. Le vin et les victuailles, cachés pendant le séjour des Boches, avaient reparu au grand jour et nos gens s'en régalaient. En somme, comme ils disaient, ils étaient aux noces.
Exalté par la bonne fortune qui lui avait valu ses galons et par le séjour à Gerardino, Édouard Lanieu avait d'abord donné libre cours à sa gaieté naturelle.
Jamais comme aux premiers jours de leur arrivée dans le petit village italien, les camarades d'Édouard ne l'avaient entendu chanter d'un tel coeur, ni si souvent ; jamais ils ne lui avaient vu tant d'entrain. La journée de travail à peine terminée, il organisait une réunion, où étaient conviés les indigènes, surtout les indigènes féminines et jeunes !
Il fallait voir Édouard, dans ces réunions ! Véritable tourbillon, il mettait en branle jeux et danses. Il ne laissait aucun repos aux accordéonistes locaux, musiciens comme on sait l'être dans leur nation. D'autant plus qu'ils devaient souvent accompagner sa riche voix de baryton.
Mais, depuis deux jours, il se renfrogne, refusant de s'occuper de quoi que ce soit, de se joindre aux parties de plaisir des autres.
¿ Non, mais, qu'est-ce qu'il a ? se demandaient les soldats canadiens-français de Gerardino.
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