L'Âme des Anglais - Jacque Vontade
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Avis sur L'âme Des Anglais de Jacque Vontade - eBook
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Présentation L'âme Des Anglais de Jacque Vontade
- eBookSi, avant de classer les manifestations visibles du caractère anglais, on cherche à saisir la raison déterminante de sa robustesse, de ses contradictions et de son originalité, on pense d'abord que les Anglais habitent une île, ce qui explique bien des choses. Et, par exemple, qu'ils soient tout ensemble : fort épris de liberté et dociles à la loi ; profondément respectueux de leur religion et constamment occupés à y reprendre jusqu'à ce qu'elle s'applique à l'humeur personnelle de chacun ; orgueilleux à l'excès devant les autres et modestes vis-à-vis d'eux-mêmes ; égoïstes et susceptibles de magnifiques dévouements sans phrases ; psychologues aigus et peu capables d'apercevoir les mobiles d'autrui ; d'une splendide imagination poétique et d'un étroit sens pratique¿
Quand on a bien réfléchi, on se prend à douter qu'il suffise d'être entouré d'eau pour réaliser ce type complexe¿ Les Corses et les Sardes ressemblent-ils aux Anglais ?¿
Certes, l'isolement de la « pierre précieuse enchâssée dans une mer d'argent » n'est pas étranger à la formation mentale des Anglais, mais y joue-t-il le seul, ou même le premier rôle ? Il faut aussi tenir compte de l'action exercée par les peuples divers qui, successivement, envahirent la Grande-Bretagne. Oui, évidemment !¿ Les Romains qui l'ont occupée pendant plus de trois siècles, n'y ont pas autant qu'ailleurs laissé la trace de leur goût pour les constructions précises de l'esprit. Les barbares Bretons résistèrent au type humain nettement défini et achevé, à la physiologie et à l'idéal trop différents des leurs qui un moment s'imposèrent à eux. Ils résistèrent de même à tous les passants plus ou moins rapides. Jusqu'à l'arrivée des Saxons, nul ne pénètre dans sa profondeur le tuf primitif. Voici les Saxons. À peine ont-ils touché le sol que, malgré tant de luttes, ils y jettent leurs racines, commencent à poser les fondations du caractère anglais et absorbent tout ce qui approche : les pirates, leurs redoutables agresseurs, et les Normands, leurs maîtres. Les hommes qui, en 1215, arrachent au roi Jean la Magna Charta n'ont plus grand'chose de commun avec ceux qui, en 1066, suivaient le duc Guillaume. L'oeuvre saxonne est accomplie !
L'âme anglaise a donc une base germanique, c'est entendu ! ¿ On nous a rebattu les oreilles avec certaines analogies faciles à découvrir entre les Anglais que nous connaissons et les Germains décrits par Tacite. Mais l'âme allemande n'a-t-elle pas une base pareille et, à les considérer, trouvera-t-on que les Allemands ressemblent aux Anglais beaucoup plus que les Corses ?¿ Il me semble que non, si j'ose le dire¿ Le départ unique a conduit les deux peuples à des points éloignés. Ne peut-on admettre l'intervention d'une force locale, par quoi les Saxons, absorbants et transformateurs, furent eux-mêmes transformés jusqu'à devenir cette race qui paraît avoir inventé des vertus, des défauts, une manière de vouloir pour son usage exclusif et afin de se bâtir une personnalité inimitable et une puissance qu'en aucun temps aucune autre puissance n'a encore égalée.
Où trouvera-t-on cette force : dans le climat, peut-être ? Dans une particularité de ce climat, me semble-t-il.
On admet en général - et sommairement ¿ que le goût du travail, de la richesse, et les énergies indispensables pour satisfaire ces goûts, sont venus naturellement aux Anglais, parce que le froid humide de leur pays les a de tous temps contraints à être chaudement vêtus, bien nourris et bien logés. Cependant des régions aussi froides que l'Angleterre ont produit des énergies et des goûts fort différents. Et s'il fallait que les peuples subissent les rudesses d'un climat hostile pour devenir riches, autoritaires et envahissants, jamais nous n'eussions entendu parler de la Macédoine, de l'Empire romain, de la République vénitienne, ni de beaucoup d'autres choses.
Si forts qu'ils soient, les besoins exclusivement physiques, imposés à une nation par les circonstances du milieu où elle se développe, ne déterminent pas un caractère national.
Dans toutes les contrées, l'être humain a été organisé par deux instincts qui sont ¿ l'un en partie, l'autre totalement ¿ spirituels : la peur et la curiosité.
La peur, manifestation suprême du vouloir vivre, représente la défense physiologique : elle ne représente pas que cela ! L'horreur de la souffrance et de la mort habile toute chair vivante, mais elle est secondaire. Avant de redouter ce qui peut lui faire mal et le tuer, il faut que l'homme ait souffert, vu mourir, et s'en souvienne. Pour reconnaître dans la menace qui se dresse devant lui les probabilités de la douleur et de la destruction, il doit retrouver les exemples d'une occasion pareille, rapprocher des images, parcourir une série d'associations. Le travail fait, il ressent une peur appropriée au péril, et créée par lui. Cette peur logique est une acquisition de l'intelligence. Il en existe une autre, ¿ la vraie, ¿ qui ne réveille aucune image, et n'a besoin pour se produire de la présence d'aucun danger. Elle est là, à poste fixe ; elle hante les cerveaux les plus rudimentaires, ceux, même, des bêtes en liberté, qui, ne sachant rien de la mort ni de la souffrance, craignent pourtant : c'est la peur de l'inconnu et de l'incompréhensible. Les hommes l'ont éprouvée avant toute autre sensation. Elle a façonné leur âme. Harcelés par sa pointe vive, ils ont inventé les religions. Elle a mis, sous leurs dissemblances, une similitude, qui les réunit comme une fraternité occulte.
La peur, débilitante, eut une réaction nécessaire : la curiosité.
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