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L'Enfer des femmes - H. Laroche et G. Fould

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      Présentation L'enfer Des Femmes de H. Laroche et G. Fould

       - eBook

      eBook - H. Laroche Et G. Fould 06/08/2019
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : H. Laroche et G. Fould
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 06/08/2019
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230003350485



    • Mme de Flabert entra chez Lydie avec plus de gaieté, de folie que jamais.

      ¿ Ma chère amie, lui dit-elle, voyez ma délicieuse robe émeraude, j'en perdrai la tête.

      ¿ Elle est charmante votre robe ; mais je veux que nous parlions raison, entendez-vous ? Cette nuit, une pensée mauvaise est venue m'assaillir : je me suis imaginée que le repos de votre ménage était troublé, et je veux que vous me désabusiez.

      ¿ Je suis très heureuse.

      ¿ Vous me dites toujours cela. Pourquoi n'avez-vous jamais voulu me parler du duc et de vous ? Je sais que vous m'aimez assez pour me cacher vos malheurs, dans la crainte de m'affliger.

      ¿ Calmez-vous donc, mon ange chéri, d'où vous viennent ces craintes ? Regardez-moi, je suis bien portante et joyeuse. Vos mains sont brûlantes, mais calmez-vous donc.

      ¿ Violette, je suis folle, sans doute ; mais je ne crois pas à votre bonheur, j'en ai toujours douté, il me semble voir une larme dans vos éclats de rire. Si vous gardez le silence, c'est évidemment pour ne pas être engagée dans des dissimulations qui ne finiraient point. Au nom de notre amitié, parlez ; vous voyez que vous me faites souffrir.

      ¿ Comme vous m'aimez !

      ¿ Oui, je t'aime, parle, je le veux.

      La figure de la duchesse changea tout à coup d'expression ; elle leva les yeux, et dit d'une voix lente et pénétrée :

      ¿ Votre affection est la seule bénédiction que Dieu ait répandue sur ma vie ; mais il me l'a donnée bien grande et bien consolante.

      ¿ La seule ?

      ¿ Lydie, vous aimez votre mari de toute votre âme, et vous avez en lui une foi sans bornes.

      ¿ Oui, pourquoi ?

      ¿ Vous verriez autour de vous de mauvais ménages et des maris ignobles, que jamais vous ne soupçonneriez M. Dunel.

      ¿ Non.

      ¿ Vous avez raison ; mais les ménages comme le vôtre sont rares, et souvent on doute des exceptions. Or, le doute serait une injure pour votre époux.

      ¿ Je ne douterai jamais de lui.

      ¿ Je le crois, et c'est pourquoi je vais vous initier à des secrets qui eussent été dangereux pour vous, si vous n'eussiez pas eu l'expérience de votre bonheur.

      ¿ Tu n'es pas heureuse ! Je le savais bien, moi, le coeur ne nous trompe jamais.

      ¿ Pardon, la société, ma chère, est une immense machine qui fait mouvoir le monde ; quand notre destinée nous jette dans cette machine, nous nous croyons forts, nous luttons avec nos illusions, notre jeunesse, nos amours et notre foi. Nous nous fatiguons en vain ; la machine finit toujours par nous broyer et nous jeter de côté, comme une masse inerte. Alors, nous n'avons plus de pieds ni de mains pour agir, plus d'esprit pour penser. Nous regardons avec envie les oiseaux qui volent et les bohémiens qui passent ; ceux-là seuls sont vraiment heureux, ils sont libres ! Quand on est en prison, on joue avec les araignées et l'on admire un coin de ciel bleu qu'on voit entre ses barreaux. Moi, je joue avec mes bijoux, mes robes, mes millions, et je vous aime, vous, mon coin de ciel bleu. Vous voyez bien que je ne suis pas malheureuse.

      Violette, la tête inclinée sur sa poitrine, regardait fixement une des fleurs du tapis. Étrange immobilité qui laisse l'âme tout entière à ses visions.

      ¿ Voici ma vie, dit-elle, comme si elle l'eût vue se dérouler dans son souvenir. D'abord, quand je vous ai quittée, j'étais, vous le savez, décidée à tout faire pour mon père ; et, en reconnaissance de l'affection dont il me donnait des preuves, je l'ai fait aveuglément. Je lui ai abandonné ma vie entière, ma volonté enfin.

      Elle secoua la tête, comme pour chasser des pensées trop tristes, et, reprenant sa gaieté ordinaire, elle continua :

      ¿ Eh bien ! ma chère, mon père ne m'aimait pas.

      ¿ Est-ce possible ?

      ¿ Il ne m'aimait pas du tout.

      ¿ Mais, pourtant, il t'avait donné son nom.

      ¿ Parce que l'empereur, ayant découvert mon existence, menaça le prince Varloff d'une disgrâce, s'il ne réparait pas sa faute et ne lui montrait pas sa fille.





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