Criquet - Andrée Viollis
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Présentation Criquet de Andrée Viollis
- eBookCamille poussa la porte du couloir obscur qui sentait les champignons et le salpêtre, et, franchissant d'un bond les trois marches du seuil, sauta dans la lumière.
Elle demeura un instant immobile, éblouie, clignotant vers la dune escarpée dont les herbes claires tremblaient sur le ciel. On entendait des pas dans la maison, des voix, des bruits de malles traînées sur le plancher, de placards et de tiroirs ouverts et fermés, tout le tumulte de l'arrivée. Des persiennes rabattues claquèrent au-dessus de la fillette. Alors, craignant d'être aperçue, elle se glissa furtivement le long du mur, tourna, et levant la tête vers la façade de côté, que trouait une seule lucarne en pointe :
¿ Michel ! appela-t-elle à demi-voix.
Un garçon de quinze à seize ans apparut, la tête hérissée de cheveux noirs, les yeux brillants, la lèvre supérieure mâchurée de poils et relevée sur de larges dents blanches dont l'une, en bas, était un peu cassée. Il était en bras de chemise et nouait une régate rouge autour de son col de flanelle.
¿ Que veux-tu, Criquet ? demanda-t-il. Comment ? Déjà en costume de voyou ?
Elle mit les deux mains dans les poches de sa culotte.
¿ Comme tu vois, fit-elle satisfaite.
Puis, d'un ton suppliant :
¿ Je t'attends : viens vite tout revoir avec moi !
Michel haussa les épaules.
¿ J'ai bien le temps¿ Sois tranquille, ça n'a pas bougé depuis l'an dernier¿ Je te rejoindrai tout à l'heure.
¿ Méfie-toi ! Si tu restes trop longtemps, on te fera travailler à l'installation : porter la malle, huiler la serrure, chercher la clef perdue¿ Moi je file !
Et, abandonnant son cousin, Camille s'élança vers la dune, ferma résolument les yeux, et se mit à grimper, lèvres serrées, tête basse, poings clos ; des branches d'ajonc piquaient et rayaient ses jambes nues, ses cheveux lui frappaient les épaules, et son coeur battait contre ses côtes, joyeux, sonore, impatient.
Un dernier bond : la voici haletante, tout en haut, sur la crête. Elle va ouvrir les yeux, elle va voir¿ Enfin !
¿ Non, pas encore, déclare-t-elle à demi-voix. Il faut savoir gagner son plaisir !
Et comme ses pieds râclent l'herbe, nerveux, indociles, elles les saisissent l'un après l'autre dans sa main et fait sur place quelques pirouettes, en mordillant sa langue qui frétille. À droite ! À gauche ! Là.
Un rayon lui taquine les cils, une bouffée d'air âcre et tiède vient lui froncer les narines, le fifre pointu d'un moustique claironne à son oreille, et, à travers ses paupières, elle voit du rose et de l'or. Tout de même, celle reste inébranlable. Elle se prépare une surprise : quel orgueil de la différer, de mâter son envie, de déguster sa force d'âme !
Mais :
¿ Si pourtant il y avait quelque chose de changé ?
Du coup, ses yeux s'ouvrent tout grands, et sa bouche, et ses bras aussi, qui se referment ensuite lentement sur sa poitrine comme si elle voulait étreindre le cher paysage.
¿ Mon île¿, murmure-t-elle.
L'ile Aulivain est là, tout entière étendue à ses pieds. Ainsi posée, petite et sombre sur la mer immobile, on dirait une mouche dans une assiette bleue ; et comme le flot bouge, là-bas, autour des rochers en pointe, cela fait des pattes noires qui remuent.¿.
Camille suit d'abord les contours de l'île, du bout du doigt, amoureusement, comme si elle les caressait. « La jolie forme ! » pense-t-elle. En face, les roches noires dressent au-dessus de l'eau leur tête furieuse, puis s'abaissent, s'étirent des deux côtés et se perdent dans les grèves dont les liserés d'or se rejoignent enfin. Camille s'en souvient : il y a là-bas, dans ce sable, de tout petits oeillets roses qui sentent si fort !
Elle parcourt ensuite des yeux les champs de blé déjà roussis par juillet, les avoines plus pâles, la tache obscure du bois où l'on trouve des mûres violettes, très juteuses, les quelques villages dont les maisons basses, blanchies à la chaux, éclatent au soleil. Elle fait un signe d'amitié au phare qui élève au-dessus de l'île son fuseau gris et, chaque soir, jette au passage le regard soupçonneux de son gros oeil rouge. Puis :
¿ Bon ! soupire-t-elle joyeusement. On n'a pas construit d'horribles villas toutes neuves, comme celles des arches de Noé. C'est toujours mon île à moi, mon île que j'aime¿ Mais qu'est-ce qui me chatouille donc le nez ? Pas des larmes, je suppose ?
Elle se met les deux poings dans les yeux, frotte avec vigueur, puis, pour bien se prouver qu'elle ne pleure pas, pousse quelques cris aigus en se balançant d'avant en arrière et d'arrière en avant.
¿ Comme on est à l'aise dans ces habits de garçon, pense-t-elle. J'avais une grosse peur que miss ne les eût jetés ! Mas non : ils ont passé l'hiver dans leur placard avec les filets et les paniers de pêche : ils sentent un peu le poisson et le chien mouillé, voilà tout¿
Et Camille considère avec un orgueil affectueux sa culotte de serge déteinte et son tricot de laine où des reprises naïves indiquent la place pointue des coudes. Elle tâte la bûche creuse ¿ son carquois ! ¿ teinte en ripolin brun, suspendue à sa taille par une lanière, et d'où sortent la pointe de son arc détendu et les têtes de ses flèches, hérissées de plumes. Elle abaisse jusqu'à son nez son béret rouge, écarte d'un geste brusque ses mèches rousses, et de nouveau plonge d'un air crâne ses deux mains au fond de ses poches.
¿ C'est agréable, les poches ! Tiens ! Qu'y a-t-il là-dedans ?
C'est un livre recouvert de carton gris, revêche, usé, fripé, arrondi aux angles. Camille le reconnaît avec enthousiasme :
¿ Mon Télémaque que j'ai tant cherché !
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