Le Chemin de la fortune - Hendrik Conscience
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Lorsque le matelot revint dans la tente après avoir monté la dernière garde, il tira Kwik par les jambes, l'éveilla et lui dit à l'oreille de se lever pour préparer le déjeuner, parce qu'il faisait jour depuis une heure.
Quoique le crépuscule qui semblait encore régner autour de la tente fit croire à Donat que l'Ostendais le trompait, il sortit cependant et prit une hache, afin de couper le bois nécessaire pour faire un bon feu. Il fit quelques pas en se frottant les yeux, comme un homme qui est étourdi et qui croit rêver ; mais alors, il s'arrêta et laissa errer son regard étonné sur le spectacle grandiose et admirable qui l'entourait.
L'endroit où il se trouvait était nue étroite vallée, pareille à un bassin entouré de tous côtés de murailles de rocher de plusieurs mille pieds de hauteur, fracassées, minées, écroulées comme un escalier escarpé montant vers la plaine, d'où ils étaient descendus la veille avec tant de peines. Dans les anfractuosités de ces rochers poussaient des arbres de toute espèce, des sapins, des cèdres, des cyprès dont la verdure sombre grimpait sur la montagne en lignes onduleuses pour se grouper en bois dans la plaine, puis se disperser de nouveau et rejoindre, par de capricieux détours, le bord supérieur du précipice. Au fond du ravin coulait un large ruisseau ou plutôt une petite rivière sur un lit de pierres rocheuses qui formait dans sa course rapide, des milliers de petits bouillons écumants et roulant les uns derrière les autres, pareils à de petits flocons d'une neige argentée.
Ce n'ètait cependant pas là ce qui avait frappé Donat de stupeur. Il tournait les yeux vers l'est du bassin. Là, le rocher s'élevait d'aplomb comme un mur, à une telle hauteur, qu'il dominait comme une gigantesque citadelle toutes les autres montagnes. Une crevasse lézardait cette immense muraille jusque dans ses fondements, et de cette ouverture jaillissait d'un seul bond, de plus de quatre cents pieds de hauteur, une cataracte large comme une rivière, et qui tombait en mugissant, en hurlant et en grondant au fond de l'abîme. Là luttaient les vagues furieuses, là l'écume bouillonnait, là les pointes de roches étalent fouettées et réduites en poussière, là s'élevaient toutes sortes de bruits et de plaintes mystérieuses, comme si la terre elle-même eût gémi de la cruauté de la chute d'eau qui lui déchirait les entrailles.
Donat fut tellement stupéfait des dimensions gigantesques de tout ce qu'il voyait et des bruits épouvantables qui s'élevaient de l'abîme, qu'il demeura longtemps immobile et tremblant.
¿ Dieu du ciel ! où sommes-nous ici ?¿ murmura-t-il. On jurerait que plusieurs douzaines de diables sont en train de se baigner dans cet abîme¿ Et comme c'est haut ! Si un homme tombait de là-haut, il n'en resterait plus une fibre avant qu'il fût en bas¿
Il regarda un moment de tous côtés autour de lui et sembla calculer la hauteur des immenses murailles de rocher. Puis, se tâtant de la tête aux pieds, il dit avec un étonnement naïf :
¿ Est-ce que je rêve ou suis-je éveillé ? C'est drôle, il me semble que je ne suis pas plus grand qu'une fourmi ! Ô mon bon Seigneur ! ce que je vois ici est votre ouvrage : tous les hommes du monde réunis ne peuvent faire des choses pareilles.
À ces mots, secouant la tête d'un air pensif, il alla au pied des rochers et y coupa lentement un gros fagot de bois. Il alluma le feu en faisant le moins de bruit possible, pour ne pas éveiller ses compagnons endormis. De temps en temps, il interrompait son travail pour regarder la cataracte mugissante ou la muraille de rocher gigantesque, et frappait ses mains l'une contre l'autre avec admiration.
Enfin, il prit la marmite et voulut marcher directement vers le ruisseau ; mais il alla tout rêveur du côté de la cascade dont le bruit paraissait l'attirer. Il arriva ainsi à un endroit où la montagne s'avançait obliquement dans le lit de la rivière et le forçait de faire un détour. L'eau battait avec violence contre cet obstacle et le tournait avec la rapidité d'un éclair. À l'extrémité de ce roc obliquement incliné, le courant furieux avait creusé an gouffre.
C'est dans ce large trou que Donat voulut enfoncer sa marmite¿ Mais tout à coup un cri perçant lui échappa et il se pencha au-dessus du trou, immobile et comme pétrifié, la marmite à la main. Il tremblait, il respirait péniblement, ses jambes vacillaient sous lui ; et cependant son visage, quoique très-pâle, était illuminé d'un sourire aussi joyeux que s'il eût vu s'ouvrir le ciel devant ses yeux. Ses lèvres remuaient, mais aucun son ne sortait de sa bouche : l'émotion lui avait ôté le mouvement et la parole.
Enfin ses nerfs se détendirent, il se laissa tomber par terre, leva les bras au ciel, se releva, fit des gambades et des culbutes, se roula par terre, dansa, rit, parla d'Anneken et se démena comme un malheureux frappé de folie complète.
Cependant, au bout de quelques minutes, la conscience lui revint. Il se mit à crier et fit retentir la vallée des sons de sa voix, pendant qu'il courait comme une flèche vers la tente.
Avant qu'il y fût arrivé, ses amis, effrayés, s'étaient levés et se tenaient sur la défensive, le fusil en main, prêts à repousser l'attaque que les cris de Donat leur avaient fait craindre.
¿ Qu'y a-t-il ? Que vois-tu ? Où ?¿ lui crièrent-ils.
Mais lui, sans répondre, sauta au cou de son ami Roozeman et bégaya des paroles confuses, tandis que des larmes tombaient de ses yeux ; il embrassa aussi Jean Creps, le Bruxellois et le baron, et allait même jeter les bras sur les épaules du matelot ; mais celui-ci, jurant qu'il était devenu fou, le secoua violemment pour lui faire dire ce que signifiaient ces ridicules extravagances.
¿ Venez, venez, murmura Donat d'une voix altérée par l'émotion, venez ! des châteaux, des trésors ! Anneken, Lucie, du bonheur, la victoire¿ Ma tête est à l'envers, j'ai perdu l'esprit¿ Venez, venez !
À ces mots, il prit Victor par la main et l'entraîna vers l'endroit où il avait laissé tomber la marmite. Les autres les suivirent.
¿ Voyez, voyez ! s'écria Donat, montrant du doigt le trou creusé par l'eau.
¿ Ô ciel ! de l'or ! beaucoup d'or ! fut le cri général.
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