Noir et Rose - GEORGES OHNET
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Présentation Noir Et Rose de GEORGES OHNET
- eBookDans le riant jardin de la villa de sa tante, à Saint-Mandé, un petit panier au bras, Mlle Aline Bernard, la tête abritée sous un vaste chapeau de paille brune, faisait, à l'aide d'un sécateur, une moisson de roses. Elle fourrageait dans les corbeilles, d'une main fébrile, l'oreille tendue du côté de la maison, et, distraitement, coupait autant de boutons naissants que de fleurs épanouies.
Un ardent soleil d'été concentrait ses rayons entre les murs du jardin, mûrissant les grappes de raisin toutes jaunes de soufre, et faisant éclater la peau violacée des brugnons. L'air vibrait embraser, dans le ciel les hirondelles volaient haut, en se poursuivant avec des cris aigus, et la jeune fille, pénétrée par la chaleur alanguissante, les joues moites, le regard lassé par l'éclat du jour, restait immobile, mordillant, du bout de ses dents blanches, la corolle sanglante d'une « général Jacqueminot ».
Le coeur troublé, l'esprit flottant, elle écoutait, dans le silence vivant du jardin. Mais, voilée de ses stores de coutil, la maison demeurait calme, comme endormie, et rien de ce que ses hôtes pouvaient faire, pendant ce bel après-midi, n'était trahi par le plus vague murmure ou le plus léger mouvement.
¿ Comme c'est long ! murmura la jeune fille. Est-il donc besoin de tant de paroles ?¿ Papa aura voulu faire un discours¿ J'aurais dû parler à tante, moi-même¿
Elle poussa un soupir qui ne soulagea pas son coeur oppressé. Et, subitement évoqué, devant ses yeux apparut le petit salon, dans lequel, à l'heure présente, M. Bernard, avec une gravité émue, pendant que sa femme baissait le nez sur son carré de tapisserie, faisait respectueusement connaître à tante Ursule les projets d'avenir qu'il avait formés pour sa fille. Elle entendait la voix solennelle de son père formulant cette déclaration, qui lui était familière :
¿ Le mariage est une redoutable loterie. Pour un bon numéro, il y en a cent mauvais¿
Tante Ursule acquiesçait, d'un air farouche, et Mme Bernard adressait au ciel toute sa reconnaissance pour l'admirable bonheur conjugal dont il l'avait favorisée.
Enfin le père d'Aline, après des précautions oratoires infinies, en arrivait à faire connaître la nécessité de ce conseil de famille : à savoir qu'on venait de lui demander la main de sa fille. C'était là le point délicat, brûlant, sur lequel se concentrait toute l'attention de la gentille enfant. Mon Dieu ! Qu'allait-il se passer ? Que dirait tante Ursule ?
Son petit coeur battait à coups redoublés, et le tableau du salon plein d'ombre fraîche, dans lequel s'agitait le sort de sa vie, était soudain remplacé par une autre apparition : celle d'un grand jeune homme, aux yeux bleus et à la moustache blonde, portant élégamment la sévère pelisse noire de l'artillerie, avec le ruban rouge, attachant la croix, sur la poitrine, et les trois torsades d'or de capitaine sur la manche.
Un nom, à peine prononcé, « Roger », glissa sur ses lèvres. Puis, elle revit cette route du polygone de Vincennes, au bord de laquelle le passage des soldats l'avait curieusement arrêtée, un matin qu'elle était sortie avec la femme de chambre, afin d'acheter des fleurs pour la fête de sa mère. Là, pendant qu'elle restait, étourdie par le bruit des canons défilant au grand trot, sous le soleil, dans l'éclair des sabres luisants, un capitaine, montant un cheval alezan, passait, fier et martial. Elle l'avait reconnu pour avoir dansé plusieurs fois, la veille, avec lui au bal de l'Orphelinat, et, changée en statue, elle n'avait même pas su répondre, par un signe de tête, au gracieux salut qui l'avait courbé, souriant, sur la crinière fauve de sa monture.
La batterie s'était éloignée, à grand bruit, entraînant ses lourds canons noirs et ses prolonges, sur lesquelles les servants tressautaient, violemment secoués, et, dans un nuage de poussière, le bel officier avait disparu, emportant avec lui le coeur de la jeune fille.
Il y avait bientôt six mois de cela, et ils s'étaient revus souvent, mais de loin, ne se parlant jamais, et pourtant, avec les yeux, se disant mille choses. Jusqu'à ce que le capitaine Roger, passant à cheval, par la petite ruelle, qui longeait le mur du jardin, se fût hasardé, en se haussant sur ses étriers, à jeter un coup d'oeil dans le kiosque chinois où M. Bernard, par les lourdes journées d'été, aimait à faire la sieste.
Ce jour-là, M. Bernard n'y dormait pas, mais une jeune fille, vêtue de batiste rose, y faisait de la tapisserie, en compagnie du carlin de tante Ursule. Le carlin avait jappé furieusement, la jeune fille avait regardé, et était devenue soudain plus rose que sa robe.
Depuis, elle était revenue bien souvent dans le kiosque chinois, ayant prouvé à M. Bernard que le bruit de la rue devait troubler son sommeil. Et le carlin fidèle, dont tante Ursule disait avec orgueil : « Il n'a pas son pareil pour la garde ! », quand il entendait sur le pavé sonner les fers d'un bel alezan, agitait doucement sa queue et regardait Aline avec des yeux brillants, comme pour lui dire : « Réjouissons-nous ! Voici notre ami qui arrive, avec du sucre pour moi dans la main, et de tendres paroles pour toi sur les lèvres. »
Et, durant quelques minutes, par la fenêtre aux petits vitraux de couleur, la jeune fille écoutait le capitaine, pendant que le joli cheval aux crins dorés, faisant tinter son mors, broutait voluptueusement les grappes parfumées d'une glycine.
Mais, si naturellement experte que soit une jeune fille en l'art de cacher sa pensée, l'amour qui la possédait troublait profondément Aline. Et son père n'avait pas été sans remarquer les changements qui s'étaient faits dans son allure. La voyant agitée, fiévreuse, écoutant le silence, et ne répondant pas quand on lui parlait, se mettant à danser toute seule, au milieu du salon, et fondant en larmes, tout d'un coup, en chantant une cavatine de Faust, il avait pris le parti de l'interroger.
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