Zonzon Pépette - ANDRÉ BAILLON
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Présentation Zonzon Pépette de ANDRÉ BAILLON
- eBookIls étaient au complet, ceux du Cercle : le grand D'Artagnan, Ernest-les-Beaux-Yeux, Valère-le-Juste, Louis le Roi des Mecs, les autres : quelques-uns avec leur môme.
Tous ensemble ils s'écrient :
? Ah ! voilà Zonzon Pépette.
Après Joseph, qui l'avait eue dès la France mais était mort, ils savaient tous qu'elle avait un fessard comme pas un, une balafre à travers le ventre, et qu'à certain moment, quand on lui avait vu sa balafre, elle roucoulait en tourterelle :
? Oh ! chéri, je t'emmerde.
Il ne restait, à ne pas le savoir, que ce brun D'Artagnan, un prétentieux, qu'elle ne supportait guère.
Pour le moment, c'était Fernand-le-Lutteur. Une seconde fois, après les autres, et à lui seul, puisqu'il était le maître, il dit :
? Ah ! voilà Zonzon Pépette.
Il lui plaqua la main au corsage : si tout était en ordre ? Depuis quinze jours, ils s'étaient flanqué pas mal de gifles et de caresses : ils s'aimaient beaucoup. Il était solide. Il portait, en tatoué sur le bras, un revolver, un autre dans sa poche. Et de plus un casse-tête : un fameux zig.
Elle lui souffla :
? Y a du bon.
Devant tous, elle lui passa les guinées puis, sous la table, le portefeuille : voir ce qu'il renfermait. Elle ne l'avait pas ouvert, elle n'eût pas ouvert un portefeuille sans son homme : c'est pas honnête.
Mince ! Ce qu'il y en avait des banknotes ! Il les compta, les plia dans sa poche. Elle fut si contente qu'elle dût crier :
? P'tit salaud, je t'emmerde !
Comme ils étaient riches, ils payèrent aux copains une tournée : d'abord de ce qu'on voulut, puis une seconde :
? Du gin pour tout le monde !
Après ce fut entre eux. Elle choisit pour sa part des huîtres bien blanches et, ensuite, un quartier de melon sucré au poivre, avec du gin par là-dessus :
? Bon ça !
Il la regardait s'empiffrer.
Tout alla bien tant que l'autre 'ne fut pas là. L'autre, c'était la Marie, une grande blonde de Flamande qui venait de Belgique. Sale Belge ! Zonzon ne l'aimait pas. D'abord, c'était la dernière à D'Artagnan. Ensuite, elle faisait sa poire ; elle venait toujours en chapeau. Et, surtout, un jour elle avait dit :
? Je suis honnête, moi ; je laisse leur portefeuille aux types.
Une pimbêche, quoi !
Quand la Marie entra :
? On t'emmerde, pensa Zonzon.
Ce qu'elle n'avouait pas, c'est qu'elle avait d'autres raisons de lui en vouloir. Fernand s'en cachait, mais cela se voyait ; il avait envie de manger de la viande fade de cette Flamande. C'est pas vrai ? Allons donc ! Il suffisait, quand il la reluquait, de voir ses yeux ; des yeux à lui rouler hors de la tête. Et tous les chichis qu'il faisait autour d'elle !
Ce soir il s'écarta, il fit :
? Eh ! la Marie, si je ne vous dégoûte pas, il y a de la place près de ma cuisse.
C'était assez dire ! Après, Zonzon fut encore plus furieuse, parce que cette pimbêche, au lieu de répondre à P'tit homme, allait s'asseoir derrière le banc du sien et le fixait avec des yeux de bête. Pourtant elle ne montra rien : elle leur tourna le dos :
? On vous emmerde.
Puis, elle fit gentiment à Fernand :
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