Contes chinois - Charles Richomme
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Avis sur Contes Chinois de Charles Richomme - eBook
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Présentation Contes Chinois de Charles Richomme
- eBookIL y a bien longtemps, ¿ c'était plus de cinq cents ans avant la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ, ¿ la ville de Tséou, dans la province actuelle du Chan-Toung, possédait une école célèbre à plus de dix lieues à la ronde. L'instituteur n'était pas un pauvre lettré exerçant pour vivre une noble profession et réglant son zèle sur le taux de ses honoraires. Homme distingué par son savoir, gouverneur du peuple, c'est-à-dire remplissant des fonctions équivalentes à celles de maire et de préfet, le vénérable Siang n'avait pas jugé au-dessous de lui d'instruire et d'élever les enfants de ses concitoyens. Aussi était-il en grande estime dans toute la province, et plus d'un riche mandarin préférait pour son fils les leçons de l'instituteur de Tséou à celles d'un précepteur particulier.
Il était neuf heures du matin ; les élèves venaient de déjeuner, et, rangés sur deux rangs, dans le jardin de l'école, ils attendaient le signal du maître pour rentrer dans la classe, lorsque Siang aperçut une jeune femme qui s'avançait vers lui, tenant par la main un bel enfant de sept à huit ans. Elle était revêtue d'une longue robe blanche, car elle portait le deuil de son mari, mort depuis près de trois ans[30], et ses cheveux noirs produisaient un contraste qui rehaussait encore l'éclat de sa beauté ; l'enfant avait, suivant l'usage, pour tout habillement, une robe blanche de toile, un bonnet, des caleçons et des bottines de même étoffe avec une ceinture de corde. Siang, reconnaissant la veuve de l'ancien gouverneur de la ville, accourut au-devant d'elle et l'accueillit avec la distinction que méritait son rang.
¿ Maître, dit la jeune femme en lui présentant l'enfant, voici mon fils, Kieou, que j'ai surnommé Tchoung-ni, ma seule consolation sur la terre, l'espoir de ma vieillesse ; il me donne déjà un légitime orgueil, il fait l'admiration des vieillards ; je puis le dire devant lui, car il est aussi modeste que sage. Mais il lui manque les leçons de Siang pour devenir un homme savant dans les six arts libéraux. Je vous prie donc de vouloir bien le recevoir dans votre école.
Et prenant des mains d'une servante une petite corbeille, elle présenta à Siang la portion de thé que l'écolier doit offrir chaque jour à son instituteur.
¿ Je sais que Tchoung-ni, répondit le maître, se distingue des enfants de son âge par sa douceur et son obéissance ; je suis au comble de la joie d'avoir un aussi bon élève. Il a hérité de toutes les vertus de son digne père, et il n'oubliera jamais que ses ancêtres se sont distingués dans les fonctions publiques depuis l'empereur Hoang-ti.
L'enfant s'inclina avec respect devant sa mère, puis devant son maître et, sur un signe de celui-ci, il alla se placer parmi ses petits compagnons. Sa mère se retira ensuite, après avoir échangé avec Siang de nouveaux compliments.
Sur l'ordre de l'instituteur, les élèves entrèrent en silence dans la classe. Siang offrit les sacrifices aux esprits et aux instituteurs des premiers temps ; puis s'agenouillant devant une tablette sur laquelle étaient inscrits les noms de Fou-Hi et de quelques autres sages de l'antiquité, il invoqua pour son nouvel élève la protection de ces grands philosophes. Tchoung-ni, qui était resté à genoux, se leva après la cérémonie, croisa les bras sur sa poitrine et se prosterna devant son maître ; il alla s'asseoir ensuite à la place qui lui fut désignée. Les écoliers tirèrent au sort avec de petites baguettes de bambou l'ordre suivant lequel ils devaient réciter leurs leçons, et la classe commença.
La gravité extraordinaire de Tchoung-ni, la politesse avec laquelle il saluait son maître et ceux de ces camarades qui étaient plus âgés que lui, l'attention qu'il apportait à tous les exercices excitèrent la jalousie des uns, les sarcasmes des autres. Les enfants sont les mêmes, dans tous les pays, à toutes les époques ; cet âge est sans pitié. Humiliés secrètement des éloges que Siang adressait chaque jour à son nouvel élève, ils s'en vengeaient pendant les récréations en accablant l'enfant de railleries, en lui faisant de mauvaises niches, en le tournant en ridicule.
¿ Vois-le donc, disait l'un, ne dirait-on pas qu'il a peur de tomber, tant il marche doucement ?
¿ Prenez donc garde, jeune sage, criait l'autre, et levez les yeux ; tout en réfléchissant, vous allez vous heurter contre le mur.
¿ Il cache son âge, disait un autre ; il doit avoir au moins cent ans.
¿ Va lui donner un coup de pied ; ce vilain être ne rit jamais, il pleurera peut-être.
Malgré la vigilance de Siang et les sages conseils de quelques écoliers plus âgés, Tchoung-ni fut en butte pendant plusieurs jours aux hostilités d'une bande de mauvais garnements. Mais rien ne pouvait altérer sa sérénité. Il regardait avec compassion ceux qui l'injuriaient, et ne se comportait pas moins à leur égard avec sa politesse ordinaire, laissant ignorer à sa mère et au maître l'indigne conduite de ses camarades. Ceux-ci cependant se lassèrent, de guerre lasse, d'autant plus que leur jeune condisciple se distinguait par son application au travail, non moins que par sa douceur. Arrivé tous les jours l'un des premiers à l'école, il balayait et arrosait, suivant l'usage, la salle d'études et brûlait des parfums devant la tablette des philosophes. Assidu pendant les leçons et ne perdant pas une seule parole du maître, il fut placé en peu de temps au premier rang de la classe. Frappés de ses facultés précoces, de son intelligence, de ses bonnes qualités, ses camarades ne tardèrent pas à lui rendre justice, l'amitié succéda à la haine, et ils se plaisaient, pendant les récréations, à se réunir autour du petit philosophe pour l'entendre raconter quelque trait d'histoire ancienne ou développer quelque précepte de morale.
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