Jean Rhobin - Justin Lefebvre
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Présentation Jean Rhobin de Justin Lefebvre
- eBookNaissance de Jean Rhobin
Le nom de Jean Rhobin était inscrit pour toujours dans les registres de la paroisse de La Baie, l'une des plus vieilles localités de la province de Québec.
En 1681, Mgr de Laval, premier évêque de Québec, visita lui-même la première mission établie dans le manoir seigneurial de Michel Cressé. Celui-ci était parent par sa mère, du grand poète satyrique français, Molière.
Cette paroisse est donc remplie de l'héroïque histoire des premiers temps de la colonie.
Les Rhobin, partis de France, furent l'une des premières familles de colons à venir s'établir en cet endroit. Le site est incomparable. Il domine toute la nappe d'eau majestueuse du lac Saint-Pierre.
Les Canadiens nés à La Baie sont tous fiers du lien qui les a vus naître.
Et les Rhobin sont de ceux qui réclament, encore aujourd'hui, les plus beaux gestes de notre histoire.
En effet, si l'on suit, de leurs origines à nos jours, toutes les péripéties, les démêlés civils et religieux, qui survinrent à travers les trois siècles d'histoire de cette paroisse, on rencontre toujours un Rhobin, fort, influent, opiniâtre, têtu.
Vers 1760, La Baie passait par les phases les plus critiques de son histoire.
La première église devenue trop petite, il fallait en bâtir une autre. Les habitants désiraient aussi un curé résident pour remplacer le missionnaire qui venait donner les secours de la religion, le dimanche seulement.
Les autorités ecclésiastiques étaient prêtes à favoriser la construction d'une nouvelle église, à condition que les paroissiens bâtissent en même temps un presbytère. Malheureusement, il existait, parmi les habitants, une scission profonde quant au site à choisir pour ériger les nouveaux édifices.
Anselme Rhobin, le notaire royal du temps, tint un des principaux rôles dans l'affaire.
On peut lire dans l'histoire de La Baie par l'abbé Joseph-Elzéar Bellemare : « Anselme Rhobin, comme notaire, était irréprochable. Ses actes sont rédigés avec beaucoup de soin, de clarté, et une écriture parfaite. Les redditions de comptes et autres actes civils, qu'il prépara dans le temps pour la fabrique, ne laissent rien à désirer. Comme homme public, sa parole mielleuse et insinuante lui donnait beaucoup de prestige sur le peuple, qui mettait en lui une confiance aveugle. Mais il abusa de sa popularité. Quand il épousait une cause, il mettait à la défendre une ténacité, une persistance qui allait jusqu'à l'opiniâtreté. Pour en assurer le triomphe, il ne reculait alors devant aucun moyen ; et on lui reprocha souvent des procédures illégales, et même de la fourberie. Ce notaire mettait toujours le trouble dans la paroisse. »
L'histoire rapporte que Rhobin gagna son point. L'église et le presbytère se bâtirent, là où lui et les siens avaient souhaité les voir ériger.
Si je rapporte ce fait historique, c'est pour bien montrer que les descendants du notaire Rhobin n'ont rien perdu de leur traditionnelle détermination de caractère.
Le père de Jean était un homme fourré partout. Bon citoyen, bon catholique, ferme, résolu, tenace, souvent entêté.
Le dimanche, après la grand'messe, on pouvait le voir à la porte de l'église qui discutait avec un groupe de paroissiens. Il causait tant qu'il y avait une personne pour l'écouter. Sa pipe à la main, qu'il tentait à tout instant d'allumer, il gesticulait. Quelquefois, L'Angelus était sonné et Pierre Rhobin jasait toujours. Son cheval était attelé depuis longtemps et toute la famille avait pris place dans la voiture ; avec patience, on attendait le père pour partir. Quand la famille Rhobin avait quitté le village, on était certain que tout le monde était parti.
Il était crieur public. Quand il avait rempli ses fonctions, il n'oubliait jamais de faire quelques remarques d'intérêt personnel.
Doué d'une intelligence vive, d'un bon jugement et favorisé par une santé robuste, Pierre Rhobin était très actif et rendait d'immenses services à ses concitoyens. Si le feu passait par quelque part, ou si quelqu'autre calamité frappait certain paroissien, il était le premier à organiser les corvées, à faire la quête.
Madame Rhobin était une jolie grande personne à la mine distinguée ; une femme très sociale, très charitable, qui pénétrait partout où la charité chrétienne pouvait être pratiquée. Elle visitait les malades du village, aidait à ensevelir les morts, tout en conduisant la cuisine de la maisonnée en deuil. Quand une bière quittait une demeure pour les funérailles et le cimetière, on lui confiait toujours la charge de ranimer, par ses paroles énergiques et réconfortantes, la personne la plus affligée qui menace souvent de s'évanouir.
Comme son mari, elle s'occupait de toutes les organisations paroissiales et était d'une habileté remarquable à monter des représentations théâtrales au profit des bonnes oeuvres.
Père et mère d'une nombreuse famille, M. et Mme Rhobin étaient le couple le plus avantageusement connu de La Baie.
Ils avaient conservé toutes les bonnes traditions de leurs ancêtres. Ils avaient aussi su se débarrasser des vieilles routines et devenir des cultivateurs progressifs. La seule coutume néfaste que le père Rhobin n'avait pas rejetée était l'esprit de parti, nouveau-né dans notre histoire mais qui s'est enraciné depuis cent ans et ne semble pas prêt de disparaître.
En temps de lutte électorale, Pierre Rhobin n'était plus le même homme. Son opiniâtreté le rendait très souvent ridicule. Il n'était pas dépourvu d'instruction : il avait fait quelques années d'études primaires. À l'annonce des élections, le bonhomme changeait entièrement de métier. Ce brasseur d'affaires politiques abandonnait les travaux de la terre à ses garçons pour parcourir le comté, accompagné de deux ou trois de ses partisans. Quand quelqu'un s'informait à son épouse si Pierre était chez lui, elle répondait sur un ton de bref mécontentement : « En temps d'élection, ne demandez jamais où est mon mari ! »
Il organisait des comités, s'occupait de trouver les sommes nécessaires pour acheter les votes des dissidents, et faisait, plusieurs fois par jour, de stupides petits discours remplis de fanatisme. Toutes les vieilles rengaines de partisan trop zélé y passaient.
Dans sa détermination de remporter la victoire finale, il va sans dire, qu'à chaque élection, il parvenait à faire élire le candidat de son choix. Son protégé recevait l'appui d'un homme actif, énergique, minutieux.
Pierre Rhobin connaissait tout le monde dans son comté.
Il savait aussi comment s'y prendre¿
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