Antoinette de Mirecourt - Rosanna Eleanor Leprohon
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Avis sur Antoinette De Mirecourt de Rosanna Eleanor Leprohon - eBook
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Présentation Antoinette De Mirecourt de Rosanna Eleanor Leprohon
- eBookUn autre sujet d'inquiétude était l'absence prolongée du major Sternfield qui, depuis le rejet plein d'indignation de sa proposition par Antoinette, n'était pas revenu chez madame d'Aulnay.
Que ce fût le résultat du désappointement qu'il avait éprouvé ou simple calcul de sa part, c'est ce qu'il est impossible de dire. S'il était mu par ce dernier motif, il faut avouer qu'il se montra tacticien des plus habiles, car son absence le servit plus que sa présence n'aurait pu le faire. Laissée presqu'entièrement à elle-même, car elle se trouvait trop malheureuse pour recevoir au salon, avec sa cousine, les nombreux visiteurs qui se présentaient ; effrayée par la pensée que son père pourrait forcer son mariage avec Louis, ou lui faire sentir tout le poids de sa colère si elle résistait, elle comprit, avec une douleur qu'elle aurait cru auparavant impossible, l'étendue de la privation où elle se trouvait des mots si doux, des protestations si tendres d'Audley Sternfield.
Madame d'Aulnay qui, un peu par bienveillance pour Antoinette et pour Sternfield dont elle ne croyait le bonheur possible que dans le mariage, et un peu par simple sentimentalisme avide d'émotions quelconques, était déterminée à amener s'il était possible leur union, loin de faire ce qui était en son pouvoir pour alléger la situation malheureuse dans laquelle se trouvait sa cousine, s'efforçait au contraire de la rendre plus critique.
Elle en était arrivée au point de regarder comme inévitable le mariage d'Antoinette avec un homme qu'elle n'aimait pas, et elle la plaignait en conséquence ; puis elle blâmait sa timidité, condamnait son obstination à rejeter les propositions d'union de celui que son coeur chérissait. Elle ne manquait jamais de terminer ces exhortations en répétant qu'une fois mariés, les deux jeunes gens obtiendraient facilement le pardon de M. de Mirecourt, tandis que si ce père entêté ne rencontrait pas d'autres obstacles que celui de la volonté de sa fille, il mettrait certainement à exécution le projet de la marier à Louis Beauchesne. Quelques fois même elle s'étonnait de l'absence prolongée du militaire, et elle l'expliquait en disant que, découragé par la froideur d'Antoinette et par le refus qu'il avait essuyé, il avait porté ses intentions d'un côté où on les avait acceptées avec orgueil. Après ces funestes entretiens, elle laissait la malheureuse jeune fille à ses réflexions, son visage trahissant la confusion où elle se trouvait, et son pauvre coeur plus douloureusement malade que jamais.
Un jour, à la fin d'un entretien où elle avait mis en oeuvre tous ses perfides raisonnements, la jeune femme s'était levée pour aller se préparer à une promenade : Antoinette avait refusé de l'accompagner.
¿ Eh ! bien, dit-elle, à tout prendre, il vaut peut-être mieux que Sternfield ait cessé ses visités ici, car elles n'auraient eu d'autre résultat que celui de vous rendre tous deux plus malheureux. Dans deux jours au plus tard ton père sera arrivé, et avant un mois tu seras la femme très-aimante et très-obéissante de Louis Beauchesne.
¿ Jamais ! s'écria Antoinette avec chaleur ; non, jamais ! Je resterai plutôt et mourrai fille.
En ce moment même, son esprit fut frappé par la pensée de l'inflexible volonté de son père. De découragement, elle laissa glisser sa tête sur ses mains appuyées au bord de la table et tomba dans une douloureuse rêverie. De son père ses pensées se portèrent sur le volage Audley qui s'était si tôt lassé de l'attitude suppliante d'un amoureux, et les battements précipités de son coeur à mesure que l'image du bel officier s'élevait dans son esprit, malgré l'irritation où elle était, lui disaient plus énergiquement que jamais qu'en ce moment du moins elle ne devait pas être la fiancée dé Louis.
Le bruit de la porte principale qu'on venait d'ouvrir et qui annonçait l'arrivée de quelque visiteur, ne fit qu'accroître son excitation ; et, comme la porte de la chambre où elle se trouvait n'était pas fermée, sans même lever la tête :
¿ Jeanne, s'écria-t-elle avec impatience, je n'y suis pour personne !
¿ Encore moins pour moi que pour les autres, Antoinette ? demanda derrière elle une voix mélodieuse et pleine de tendresse.
Elle se releva d'un soubresaut et retourna la tête ; ses regards rencontrèrent les yeux noirs et suppliants d'Audley Sternfield, qui lui demandaient plus éloquemment que la parole la faveur de le recevoir.
¿ Ma bien-aimée, continua-t-il, pardonnez-moi cette fois au moins d'avoir écarté Jeanne et de m'être présenté devant vous sans me faire annoncer ; mais je viens d apprendre que M. de Mirecourt arrive demain, et j'ai à vous faire part de choses que vous devez savoir. Dites-moi d'abord que vous me pardonnez ?
Et il s'empara d'une des mains d'Antoinette que celle-ci lui abandonna en se détournant.
¿ Je suis venu implorer mon pardon pour les contrariétés que je vous ai causées dans notre dernière entrevue ; je suis venu expier ma folie et mes extravagances.
¿ Au moins vous avez pris votre temps, répondit la jeune fille en réprimant un léger tremblement de lèvres.
Ô imprudente Antoinette ! comme elle trahissait sa faiblesse par ce naïf reproche ! Le sourire de triomphe qui se peignit sur le visage de Sternfield dit assez qu'il ne laissait pas passer cet aveu inaperçu. Cependant, ce fut avec une profonde humilité qu'il continua, en s'asseyant près de la jeune fille :
¿ Vous m'avez banni de votre présence, chère Antoinette, et je n'ai pas osé chercher à vous revoir jusqu'à ce que votre colère, que ma présomption avait peut-être provoquée avec raison, fût au moins un peu adoucie.
Mais à quoi servirait-il de suivre cet homme rusé du grand monde qui savait si bien faire jouer son amour, sa passion ou son désespoir ! Quel moyen de résistance pouvait avoir contre lui cette faible enfant que ne soutenaient plus les principes religieux aux saints enseignements desquels elle avait à dessein fermé son coeur ? Le tentateur, ainsi qu'on a pu le prévoir, triomphait ; et, comme il renouvelait pour la vingtième fois ses propositions d'un mariage immédiat, elle pencha sa tête sur son épaule et fondit en larmes.
¿ À ce soir, ma bien-aimée, dit-il en portant et reportant à ses lèvres sa main froide qui déjà n'opposait plus qu'une bien faible résistance.
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