Histoire générale - Polybe
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Avis sur Histoire Générale de Polybe - eBook
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Présentation Histoire Générale de Polybe
- eBookLivres de VI à XIII
Hannibal prend la ville de Tarente par trahison.
Les Tarentins n'étaient d'abord sortis de la ville que comme pour faire quelque expédition. S'étant, une nuit, approchés du camp des Carthaginois, quelques-uns restèrent cachés dans un bois qui était sur le chemin ; mais Philémène et Nicon allèrent jusqu'aux portes du camp. Saisis par les gardes, ils furent conduits à Hannibal, sans dire ni d'où ils étaient, ni qui ils étaient, mais annonçant seulement qu'ils voulaient parler au général. Quand ils lui eurent été présentés, ils lui dirent qu'ils seraient bien aises de l'entretenir sans témoins. Hannibal ne demandant pas mieux, ils commencèrent par une longue apologie de leur conduite et de celle de leur patrie, et finirent en chargeant les Romains de quantité d'accusations différentes, pour faire entendre à Hannibal que ce n'était pas sans raisons qu'ils avaient pris le parti de les abandonner. Ce général, après les avoir loués de leur résolution et leur avoir témoigné beaucoup d'amitié, les renvoya en leur ordonnant de revenir au plus tôt lui parler une seconde fois de cette affaire ; et pour avoir le temps de penser mûrement à ce que ces jeunes gens lui avaient proposé, et faire croire aux Tarentins que ceux-ci étaient, en effet, sortis de la ville pour butiner, il leur dit que quand ils seraient à une distance raisonnable du camp, ils n'avaient qu'à pousser devant eux les bestiaux qui paissaient et les hommes qui les gardaient, qu'ils ne craignissent pas d'être poursuivis, qu'il veillerait à leur sûreté.
Nicon suivit exactement les ordres qu'il avait reçus, et Hannibal était charmé de voir que l'occasion se fût enfin présentée de se rendre maître de Tarente. Philémène poussait encore l'affaire avec plus de chaleur, excité à cela, tant par la sûreté avec laquelle il pouvait parler à Hannibal et par l'accueil que lui faisait ce général, que parce que la quantité de butin qu'il faisait entrer dans la ville le mettait hors de tout soupçon. Eu effet, il amenait assez de bestiaux et pour les sacrifices, et pour nourrir ses concitoyens ; non seulement on le croyait de bonne foi, mais encore il excitait beaucoup de gens à l'imiter.
Étant sortis pour la seconde fois, et ayant agi tout à fait de la même manière, ils donnèrent des assurances à Hannibal et en reçurent de lui. Les conditions du traité furent : qu'il mettrait les Tarentins en liberté ; qu'il n'exigerait d'eux aucun tribut ; qu'il ne leur imposerait aucune loi, et que, quand il serait entré dans la ville, le pillage des maisons qu'y possédaient les Romains, appartiendrait aux Carthaginois. Ils convinrent aussi avec Hannibal d'un signal, pour être promptement reconnus par la garde de son camp quand ils y viendraient de la ville. Par ce moyen, ils avaient toute liberté de venir trouver Hannibal aussi souvent qu'ils le voulaient, tantôt sous le prétexte de butiner, et tantôt pour aller à la chasse.
Après avoir pris ses mesures pour l'avenir, pendant que la plupart des conjurés épiaient l'occasion d'exécuter leur projet, on envoyait Philémène à la chasse : car ; comme 'il avait une forte passion pour cet exercice, on s'imaginait qu'il n'y en avait point qu'il eût plus à coeur. C'est pour cela qu'il fut chargé de se concilier, en faisant des présents du produit de sa chasse, premièrement l'amitié de Caïus Livius qui commandait dans la ville, et ensuite celle des gardes de la porte appelée Témenide. Philémène s'étant acquis cette confiance, faisait entrer sans cesse du gibier dans la ville ; soit celui qu'il avait pris lui-même à la chasse, soit celui qui lui avait été préparé par Hannibal ; il en donnait une partie au commandant ; il faisait part de l'autre aux gardes de la porte, afin qu'ils fussent toujours prêts à lui ouvrir le guichet : car il entrait et sortait, la plupart du temps, pendant la nuit, en apparence par la crainte des ennemis, mais, en effet, parce que ses projets le réclamaient ainsi.
Philémène ayant ainsi accoutumé les gardes à lui ouvrir le guichet sans délai, toutes. les fois qu'approchant de la muraille pendant la nuit, il donnerait un coup de sifflet pour les avertir, les autres conjurés, qui avaient appris que Livius commandant pour les Romains dans la ville, devait donner certain jour un festin à de nombreux convives dans le musée près du forum, choisirent ce jour avec Hannibal pour l'exécution de leur dessein. Avant ce temps-là ce général avait déjà feint une indisposition, afin que les Romains ne fussent pas surpris de le voir rester si longtemps dans le même endroit ; mais alors il s'était fait passer pour beaucoup plus gravement malade, et se tenait éloigné de Tarente de trois jours de marche.
Le temps de l'exécution étant venu, il choisit, tant cavaliers que fantassins, dix mille hommes des plus agiles et des plus braves, et leur ordonna de prendre des vivres pour quatre jours, et au point du jour il se mit en marche, donnant ordre à quatre-vingts cavaliers numides de marcher devant l'armée à environ trente stades, et de s'écarter à droite et à gauche du chemin, de peur que l'armée ne fût aperçue, et afin de prendre ceux qui se rencontreraient sur la route, ou de crainte que ceux qui échapperaient ne portassent à la ville la nouvelle que la cavalerie numide parcourait le pays. Quand cette cavalerie eut avancé environ cent vingt stades, Hannibal fit reposer ses soldats sur le bord d'une rivière ; où l'on ne pouvait les découvrir, et là, ayant assemblé les chefs, sans leur expliquer ouvertement son dessein, il se contenta, pour les porter à se signaler dans cette occasion, de les assurer que jamais leur valeur n'aurait été mieux récompensée. Il leur recommanda ensuite de faire garder exactement, à chacun son rang dans la marche, de punir sévèrement ceux qui le quitteraient, de faire attention aux ordres qui leur seraient donnés, et de ne faire exactement que ce qui leur serait commandé.
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