Raphaël - Alphonse de Lamartine
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Présentation Raphaël de Alphonse de Lamartine
- eBookLe vrai nom de l'homme qui a écrit ces pages n'était pas Raphaël. Nous le lui donnions souvent par badinage, ses autres amis et moi, parce qu'il ressemblait beaucoup, dans son adolescence, à un portrait de Raphaël enfant, qu'on voit à Rome dans la galerie Barberini, à Florence dans le palais Pitti, et, à Paris, dans le Musée du Louvre. Nous lui donnions aussi ce nom parce que cet enfant avait pour trait distinctif de son caractère le sentiment le plus vif du beau dans la nature ou dans l'art, dans les oeuvres de Dieu comme dans celles des hommes. Il était d'une sensibilité exquise et presque maladive, avant que le temps l'eût un peu émoussée ; nous disions, en faisant allusion à ce sentiment qu'on appelle le mal du pays, qu'il avait le mal du ciel.
Cette passion du beau le rendait malheureux ; dans une autre condition, elle aurait pu le rendre illustre. Il n'aimait pas moins le bien que le beau ; mais il n'aimait pas la vertu parce qu'elle était sainte, il l'aimait surtout parce qu'elle était belle. Sans aucune ambition dans le caractère, il en aurait eu dans l'imagination. S'il eût vécu dans ces républiques antiques où l'homme se développait tout entier dans la liberté, comme le corps se développe sans ligature dans l'air libre et en plein soleil, il aurait aspiré à tous les sommets comme César, il aurait voulu parler comme Démosthène et mourir comme Caton. Mais sa destinée humiliée, ingrate et obscure, le retenait malgré lui dans l'oisiveté et dans la contemplation. Il avait des ailes à ouvrir, et l'atmosphère ne le portait pas.
Connaissez-vous ce portrait de Raphaël enfant dont je vous parlais tout à l'heure ? C'est une figure de seize ans, un peu pâle, un peu plombée par le soleil de Rome, mais où fleurit cependant encore sur les joues le duvet de l'enfance. Un rayon rasant de lumière semble y jouer dans le velours de la peau. Le coude du jeune homme est appuyé sur une table, l'avant-bras redressé pour porter la tête qui repose dans la paume de la main ; les doigts admirablement modelés impriment un léger sillon blanc au menton et à la joue. La bouche est fine, mélancolique, rêveuse ; le nez est mince entre les deux yeux et légèrement nuancé d'une teinte un peu bleuâtre, comme si la délicatesse de la peau y laissait transparaître l'azur des veines ; les yeux d'une couleur de ciel foncé pareille au ciel des Apennins avant l'aurore ; ils regardent devant eux, mais avec une légère inflexion vers le ciel, comme s'ils regardaient toujours plus haut que nature. Ils sont lumineux jusqu'au fond, quoique un peu humides.
Le front est une voûte à peine cintrée ; les tempes réfléchissent, l'oreille écoute. Des cheveux coupés inégalement pour la première fois par les ciseaux inhabiles d'un compagnon d'atelier ou d'une soeur, jettent quelques ombres sur la joue et sur la main. Un petit bonnet plat de velours noir couvre le sommet des cheveux et tombe sur le front. Quand on passe devant ce portrait, on pense et on s'attriste sans savoir de quoi. C'est le génie enfant qui rêve sur le seuil de sa destinée avant d'y entrer. C'est une âme à la porte de la vie. Que deviendra-t-elle ?
Eh bien, ajoutez six ans à l'âge de cet enfant rêveur, accentuez ces traits, hâlez ce teint, plissez ce front, massez ces cheveux, ternissez un peu ce regard, attristez ces lèvres, grandissez cette taille, donnez plus de relief à ces muscles, changez ce costume de l'Italie du temps de Léon X contre le costume sombre et uniforme d'un jeune homme élevé dans la simplicité des champs, qui ne demande à ses vêtements que de le vêtir avec décence ; conservez une certaine langueur pensive ou souffrante à toute l'attitude, et vous aurez le portrait parfaitement reconnaissable de Raphaël à vingt ans.
Sa famille était pauvre, quoique ancienne dans les montagnes du Forez, où elle avait sa souche. Son père avait déposé l'épée pour la charrue, comme les gentilshommes espagnols. Il avait pour unique dignité l'honneur, qui les vaut toutes. Sa mère était une femme encore jeune, belle, qui aurait pu passer pour sa soeur, tant elle lui ressemblait. Elle avait été élevée dans le luxe et dans les élégances d'une capitale. Elle n'en avait conservé que ce parfum de langage et de manières qui ne s'évapore pas plus que l'odeur des pastilles de rose du sérail ne s'évapore du cristal où elles ont été conservées.
Une fois reléguée dans ces montagnes entre un mari que l'amour lui avait donné et des enfants dans lesquels toutes ces complaisances et tous ses orgueils de mère avaient passé, elle n'avait plus rien regretté. Elle avait fermé le beau livre de sa jeunesse à ces trois mots : Dieu, son mari, ses enfants. Elle avait une prédilection pour Raphaël. Elle aurait voulu lui faire la destinée d'un roi ; hélas ! elle n'avait d'autre levier que son coeur pour le soulever. Sa destinée s'écroulait toujours et souvent jusqu'au fondement de leur petite fortune et de ses rêves.
Deux saints vieillards, poursuivis par la persécution, quelque temps après la terreur, pour je ne sais quelles opinions religieuses qui tenaient du mysticisme et qui annonçaient un renouvellement du siècle, étaient venus se réfugier dans ces montagnes. Ils reçurent asile dans sa maison. Ils aimèrent Raphaël, que sa mère élevait alors sur ses genoux. Ils lui prédirent un grand avenir ; ils dirent à sa mère : « Suivez du coeur ce fils ! » Une mère aime tant a croire ! Elle se le reprocha parce qu'elle était très pieuse ; mais elle les crut. Cette crédulité la soutint dans beaucoup d'épreuves, mais la jeta dans des efforts au-dessus de ses forces pour élever Raphaël, et finalement la trompa.
Je connus Raphaël dès l'âge de douze ans. Après sa mère j'étais ce qu'il aimait le plus. Nos études finies, nous nous retrouvâmes à Paris, puis à Rome. Il y avait été emmené par un parent de son père pour copier avec lui des manuscrits à la bibliothèque du Vatican. Il y avait pris la passion de la langue et du génie de l'Italie. Il parlait mieux l'italien que sa propre langue. Il improvisait quelquefois, le soir, sous les pins de la villa Pamphili, en présence du soleil couchant et des ossements de Rome épars dans la plaine, des stances qui me faisaient pleurer ! Mais il n'écrivait rien.
« Raphaël, lui disais-je, pourquoi n'écris-tu pas ? »
¿ Bah ! me disait-il, est-ce que le vent écrit ce qu'il chante dans ces feuilles sonores sur nos têtes ? Est-ce que la mer écrit les gémissements de ses grèves ? Rien n'est beau de ce qui est écrit. Ce qu'il y a de plus divin dans le coeur de l'homme n'en sort jamais. Entre ce qu'on sent et ce qu'on exprime, ajoutait-il avec tristesse, il y a la même distance qu'entre l'âme et les vingt-quatre lettres d'un alphabet, c'est-à-dire l'infini. Veux-tu rendre sur une flûte de roseau l'harmonie des sphères ? »
Je le quittai pour le retrouver encore à Paris. Il essayait en vain alors, grâce aux relations de sa famille, à se faire une situation active qui le déchargeât du poids de son âme et de l'oppression de sa destinée. Les jeunes gens de notre âge le recherchaient, les femmes le regardaient avec complaisance passer dans les rues. Il n'allait jamais dans les salons. Il n'aimait de toutes les femmes que sa mère.
Tout à coup, nous le perdîmes de vue pendant trois ans ; nous sûmes ensuite qu'on l'avait vu en Suisse, en Allemagne et en Savoie ; puis un hiver, passant une partie de ses nuits sur un pont et sur un quai de Paris. Son extérieur trahissait un extrême dénûment. Ce ne fut que bien des années après que nous en apprîmes davantage. Quoique absent, nous pensions toujours à lui. Il était de ces natures qui vous défient d'oublier.
Enfin le hasard nous réunit douze ans plus tard. Voici comment :
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