Marie-Anna la Canadienne - Floris Bluther
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Avis sur Marie - Anna La Canadienne de Floris Bluther - eBook
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Présentation Marie - Anna La Canadienne de Floris Bluther
- eBook¿ Où vas-tu, Marie-Anna ?
¿ Je vais à l'église faire un peu de prière, maman. Je n'y suis pas allée hier.
¿ Va, dit madame Carlier. Mais ne t'attarde pas trop. Henri peut arriver d'un moment à l'autre¿
Elle ajouta, après une seconde de réflexion :
¿ Je l'enverrai à ta rencontre, s'il est ici avant ton retour.
Marie-Anna se pressa pour ne pas ressentir la fraîcheur du soir. La nuit tombait ; la rue était déserte. Seul, un homme la croisa d'un pas rapide. Elle pénétra dans l'église, alla s'agenouiller près de l'autel et pria.
Pour qui priait-elle ?¿ Pour elle-même sans doute, et pour elle, seule. La pauvre enfant venait de traverser la crise la plus aiguë d'une passion de jeunesse. Pour l'affection de sa mère, elle s'était arraché du coeur un amour aussi profond et vrai que l'amour peut l'être. Et après ce déchirement, elle avait, de sang-froid, consciemment, tourné ses yeux vers un homme qu'elle n'aimait pas et qu'elle avait même repoussé un jour avec la dernière rigueur.
Oh, le sacrifice ! Avant que cette pensée sainte devienne salutaire, que de souffrances ne faut-il pas endurer ! Marie-Anna entendait en elle-même les cris sourds de deux voix intérieures dont les échos venaient mourir sur ses lèvres. L'une disait : « Ne l'oublie pas !¿ » L'autre répétait sans cesse : « Il n'existe plus pour toi ; tout est fini ! » Le souvenir et l'oubli se disputaient cruellement son coeur. C'était une lutte sans merci entre la conscience et l'amour, entre l'esprit de famille et la passion.
Marie-Anna pria longuement. Elle se rappela la recommandation de sa mère :
¿ Ne t'attarde pas trop, Henri peut arriver.
Elle se releva et se dirigea vers la sortie. L'église était silencieuse, remplie de ténèbres et de mystère. Le maître-autel seul, était faiblement éclairé. Marie-Anna se sentit émue en entendant le bruit sec de ses pas dans la nef sonore. En approchant de la sortie, elle distingua dans l'ombre, à côté du bénitier, un homme qui semblait attendre.
¿ C'est toi, Henri ! interrogea-t-elle à voix, basse.
Il poussa la porte sans répondre et laissa passer la jeune fille. À peine étaient-ils tous deux sous la lanterne du portique qu'il se découvrit et se pencha. Marie-Anna poussa un cri :
¿ Jacques ! Jacques ! !¿ Ô mon Dieu !
Il la regardait dans les yeux, bouleversé autant qu'elle-même, n'osant pas parler encore. Le premier mot que Marie-Anna entendit sortir de sa bouche alla remuer au plus profond de son âme tout un monde de souvenirs, tout ce qu'il y avait de vivace encore dans son amour agonisant : « Mia-Na !¿ » Ce fut doux comme la goutte de pluie qui tombe sur la fleur étiolée et lui rend sa fraîcheur printanière :
¿ Mia-Na !¿ Tu vois comme je t'aime ! murmura-t-il en tendant les bras vers elle.
Marie-Anna se méprit en voyant son geste et aussitôt les mains jointes supplia :
¿ Oh non, pas ici ! Par pitié, pas ici !
Ils étaient toujours sous le portique de l'église. Elle tenta de s'éloigner mais Jacques la retint par le bras en disant fébrilement :
¿ Restons ici, Marie-Anna. Entends ma voix comme une prière. Elle ne peut offenser¿
¿ Il faut que je rentre !
¿ Marie-Anna !
¿ Mon Dieu, pourquoi êtes-vous revenu ! gémit-elle. Vous ne savez pas tout le mal que vous faites !
Il recula d'un pas mais vint presqu'aussitôt tomber à ses pieds. Ses genoux se meurtrirent sur la pierre rude. Il s'écria désespérément :
¿ Marie-Anna, vous ne m'aimez plus ! Non, dites-moi que ce n'est pas vrai ! Que ce n'est pas possible ! Ce serait trop affreux, ô Mia-Na !
En le voyant ainsi agenouillé devant elle, les yeux remplis de larmes, clamant son désespoir à tous les échos, elle eut peur d'être surprise par des passants et voulut s'enfuir mais elle n'avait pas fait deux pas qu'un homme se dressa devant elle :
¿ Henri ! cria-t-elle affolée.
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