La chambre d'e?be?ne - Ernest Billaudel
- Collection: Oeuvres de Ernest Billaudel
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Avis sur La Chambre D'e?Be?Ne de Ernest Billaudel - eBook
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Présentation La Chambre D'e?Be?Ne de Ernest Billaudel
- eBookExtrait :Il est sept heures du matin d'un sombre jour d'hiver. Il a gelé toute la nuit, la bise est sèche et brutale. Un ciel gris et plein de neige ajoute à la tristesse. Les balayeurs attardés soufflent dans leurs doigts, ragardant passer les rares fiacres qui ramènent les danseurs du bal de l'Opéra, blêmes et grelottants sous leurs costumes poussiéreux.
? Gare ! s'écrie un cocher.
? Va donc, Corbillard de Polichinelle ! répond le virtuose du pinceau.
Idée fort juste, très-pittoresquement expressive, ces gens ivres ou hébétés ayant plutôt l'air de sortir de l'hôpital que de la salle de l'Opéra.
Le fiacre, ainsi mené à grandes guides, s'arrêta devant le numéro 35 de la rue Caumartin. L'automédon, à demi-gelé, descendit de son siége, ouvrit la portière, et voyant que rien ne bougeait dans la voiture :
? Nous sommes arrivés, bourgeois, dit-il, et c'est pas malheureux ! Eh, bourgeois de malheur, ne m'entendez-vous pas ? Il dort tout de même, il dort, le sans-coeur ! C'est pas pour le blâmer ce que j'en dis, ajouta-t-il. Si je pouvais, je ne tarderais guère à en faire autant. Huit heures d'horloge dans la rue Le Peletier par un froid noir, c'est rien engourdissant ! !
? Eh là, bourgeois ! termina-t-il en secouant son client, qui ouvrit des yeux stupides de fatigue et de sommeil nous sommes arrivés.
Le bourgeois s'étira, bâilla, et finalement amena en sa personne, hors du fiacre, un Polichinelle de haute taille, ? fort défrisé par les galops effrénés de la nuit. Le rouge dont il s'était peint les pommettes s'était étendu en plaques par l'effet de la transpiration, et, se mêlant à la poudre délayée de la perruque, lui marbrait la figure du plus étrange tatouage.
? Combien est-ce ? dit-il, en s'adressant au cocher. Ah ! malheur ! est-il possible de se mettre dans ces états-là ?
? C'est vingt-cinq francs, bourgeois.
? Vingt-cinq francs ! s'écria le polichinelle subitement dégrisé. Vous ne voudriez pas !
? Si fait, et ça vaut mieux que ça durant une nuit pareille.
? Le fait est que le zéphir est frisquet, mais je suis ton confrère, mon bonhomme, Jean-Jérôme-Antoine Parriquet, cocher du comte de Montfort-Sainte-Croix. Et tu vas me faire une diminution soignée.
? Tu ne pouvais pas le dire auparavant ! grommela le cocher de fiacre. C'est dix francs que je perds. ? Ce sera quinze francs, collègue.
? Voilà et deux francs de pourboire, mon gars. J'ai ton numéro, et d'occasion la maison est bonne.
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